Bringing back iconic and beloved extinct species is a hot and intensely debated current topic. Yet, the parasites of de-extinction candidate species have remained largely overlooked in this debate. Here we point out the potentially far-reaching ecological impacts of bringing back extinct species without their parasites.
Titre de l'article
La disparition de parasites : négliger un élément crucial dans le processus de désextinction
La disparition de parasites : négliger un élément crucial dans le processus de désextinction
Introduction à l'article
La majorité de la littérature autour de la controverse de la désextinction se consacre à débattre des aspects techniques, financiers, éthiques, écologiques et des risques liés à ce projet. Il reste néanmoins des zones d’ombre dans ce débat qui sont très peu étudiées, dont notamment les parasites associés aux espèces candidates et leurs rôles. Les auteurs ont choisi ici une définition large du terme « parasite » : macro et microparasites (bactérie, virus). Ils se sont éteints simultanément lors de la disparition de leurs hôtes, et ressusciter ces hôtes « vidés » de leurs parasites soulève divers doutes. Comment la population d’hôtes sera-t-elle régulée sans ses parasites ? Comment les réseaux trophiques seront-ils impactés avec la perte de ce maillon ? Comment l’écosystème va-t-il réagir, sachant que certains parasites agissent en tant qu’espèce ingénieur ?
L’objectif de cet article est donc d’analyser les potentiels impacts écologiques de la résurrection d’espèces sans leurs parasites.
La majorité de la littérature autour de la controverse de la désextinction se consacre à débattre des aspects techniques, financiers, éthiques, écologiques et des risques liés à ce projet. Il reste néanmoins des zones d’ombre dans ce débat qui sont très peu étudiées, dont notamment les parasites associés aux espèces candidates et leurs rôles. Les auteurs ont choisi ici une définition large du terme « parasite » : macro et microparasites (bactérie, virus). Ils se sont éteints simultanément lors de la disparition de leurs hôtes, et ressusciter ces hôtes « vidés » de leurs parasites soulève divers doutes. Comment la population d’hôtes sera-t-elle régulée sans ses parasites ? Comment les réseaux trophiques seront-ils impactés avec la perte de ce maillon ? Comment l’écosystème va-t-il réagir, sachant que certains parasites agissent en tant qu’espèce ingénieur ?
L’objectif de cet article est donc d’analyser les potentiels impacts écologiques de la résurrection d’espèces sans leurs parasites.
Expériences de l'article
L’article ne présente pas réellement d’expérience dans le sens traditionnel du terme. Les auteurs s’essaient ici à théoriser tous les scénarios possibles relatant les interactions entre l’espèce hôte ressuscitée et des parasites, en insistant sur les potentiels impacts écologiques. Afin de qualifier ces impacts, ils se fondent sur cinq études de cas déjà existantes relatant des invasions biologiques ou des réintroductions d’espèces dans le milieu naturel (allant du crapaud buffle au loup gris, passant par l'étourneau ou la truite, que ce soit en Europe ou Océanie) afin de faire des analogies avec les espèces candidates à la désextinction. Les auteurs considèrent trois types de scénario possibles :
1) l'espèce hôte est ressuscitée avec tous ses parasites initiaux (cas très peu probable).
2) l'espèce hôte est ressuscitée sans ses parasites initiaux et n'en acquiert pas de nouveaux (cas peu probable).
3) l'espèce hôte est ressuscitée et acquiert des nouveaux parasites actuels (cas très probable).
L’article ne présente pas réellement d’expérience dans le sens traditionnel du terme. Les auteurs s’essaient ici à théoriser tous les scénarios possibles relatant les interactions entre l’espèce hôte ressuscitée et des parasites, en insistant sur les potentiels impacts écologiques. Afin de qualifier ces impacts, ils se fondent sur cinq études de cas déjà existantes relatant des invasions biologiques ou des réintroductions d’espèces dans le milieu naturel (allant du crapaud buffle au loup gris, passant par l'étourneau ou la truite, que ce soit en Europe ou Océanie) afin de faire des analogies avec les espèces candidates à la désextinction. Les auteurs considèrent trois types de scénario possibles :
1) l'espèce hôte est ressuscitée avec tous ses parasites initiaux (cas très peu probable).
2) l'espèce hôte est ressuscitée sans ses parasites initiaux et n'en acquiert pas de nouveaux (cas peu probable).
3) l'espèce hôte est ressuscitée et acquiert des nouveaux parasites actuels (cas très probable).
Résultats de l'article
Les 3 scénarios envisagés peuvent se produire successivement pour une espèce hôte considérée.
Le scénario 1 est quasiment impossible (difficultés techniques et financières à ressusciter les parasites initiaux) et aucune étude ne permet d'envisager les impacts.
Bien que les impacts écologiques précis des parasites ne peuvent être que spéculatifs, on peut s'attendre à ce que les espèces ressuscitées ne restent pas indéfiniment vides de parasites (scénario 2 à exclure) et acquièrent des parasites présents dans la zone d'introduction, comme l'ont fait les espèces prises en exemple.
Le scénario 3 paraît donc le plus probable. Les impacts sont divers, selon les réalisations du scénario (résistance au parasite, densité de parasites). Globalement, les impacts écologiques ne sont pas si négatifs, car les parasites étaient déjà présents avant l'introduction de l'espèce ressuscitée. Néanmoins, l'espèce ressuscitée pourrait s'éteindre à cause de ces nouveaux parasites, ce qui est très contre-productif.
Les 3 scénarios envisagés peuvent se produire successivement pour une espèce hôte considérée.
Le scénario 1 est quasiment impossible (difficultés techniques et financières à ressusciter les parasites initiaux) et aucune étude ne permet d'envisager les impacts.
Bien que les impacts écologiques précis des parasites ne peuvent être que spéculatifs, on peut s'attendre à ce que les espèces ressuscitées ne restent pas indéfiniment vides de parasites (scénario 2 à exclure) et acquièrent des parasites présents dans la zone d'introduction, comme l'ont fait les espèces prises en exemple.
Le scénario 3 paraît donc le plus probable. Les impacts sont divers, selon les réalisations du scénario (résistance au parasite, densité de parasites). Globalement, les impacts écologiques ne sont pas si négatifs, car les parasites étaient déjà présents avant l'introduction de l'espèce ressuscitée. Néanmoins, l'espèce ressuscitée pourrait s'éteindre à cause de ces nouveaux parasites, ce qui est très contre-productif.
Rigueur de l'article
L'article est très court (à peine trois pages) et très concis, ressemblant presque à un essai car il ne fait pas d'expérience à proprement parler mais analyse plusieurs études pour en extrapoler des scénarios possibles adaptés au cas de la désextinction. La rigueur de cette méthode peut être remise en question car aucun risque n'est quantifié ou chiffré. On peut néanmoins comprendre la difficulté à émettre de telles quantifications, au vu de l'incertitude et de l'inédit de la désextinction.
L'éthique de l'article n'est pas à remettre en cause : aucun financement douteux ou susceptible de conflit d'intérêt n'apparaît.
Malgré l'appartenance d'un des auteurs (Seddon) à un groupe de l'IUCN étudiant la désextinction, et qui serait donc à priori en faveur de cette pratique, l'article n'apparaît pas clairement en faveur de la controverse, en émettant des doutes et des besoins d'études plus appronfondies relativement aux parasites.
L'article est très court (à peine trois pages) et très concis, ressemblant presque à un essai car il ne fait pas d'expérience à proprement parler mais analyse plusieurs études pour en extrapoler des scénarios possibles adaptés au cas de la désextinction. La rigueur de cette méthode peut être remise en question car aucun risque n'est quantifié ou chiffré. On peut néanmoins comprendre la difficulté à émettre de telles quantifications, au vu de l'incertitude et de l'inédit de la désextinction.
L'éthique de l'article n'est pas à remettre en cause : aucun financement douteux ou susceptible de conflit d'intérêt n'apparaît.
Malgré l'appartenance d'un des auteurs (Seddon) à un groupe de l'IUCN étudiant la désextinction, et qui serait donc à priori en faveur de cette pratique, l'article n'apparaît pas clairement en faveur de la controverse, en émettant des doutes et des besoins d'études plus appronfondies relativement aux parasites.
Ce que cet article apporte au débat
Afin de recentrer sur notre controverse, le cas d'étude utilisé par les auteurs le plus proche du thylacine serait le loup gris à Yellowstone (mammifères carnivores). Le loup se place dans le scénario 3 : la population ressuscitée acquière des parasites sans grande dilution, ni débordement ni extinction; les parasites peuvent jouer un petit rôle dans la régulation des populations hôtes. On peut donc supposer une absence d'impacts négatifs sur l'écosystème lors de la désextinction du thylacine. L'article n'ayant pas utilisé d'analogue au mammouth, il est plus difficile de juger des impacts de ses parasites sur l'écosystème.
Ressusciter une espèce ne peut s'envisager sans penser au microbiote et aux parasites intimement liés à cette espèce, sans lesquels elle ne peut survivre. Cet article permet d'envisager des conséquences un peu plus indirectes de la désextinction, c'est-à-dire les conséquences qu'auraient les espèces ressuscitées en servant d'hotes potentiels à des parasites.
Afin de recentrer sur notre controverse, le cas d'étude utilisé par les auteurs le plus proche du thylacine serait le loup gris à Yellowstone (mammifères carnivores). Le loup se place dans le scénario 3 : la population ressuscitée acquière des parasites sans grande dilution, ni débordement ni extinction; les parasites peuvent jouer un petit rôle dans la régulation des populations hôtes. On peut donc supposer une absence d'impacts négatifs sur l'écosystème lors de la désextinction du thylacine. L'article n'ayant pas utilisé d'analogue au mammouth, il est plus difficile de juger des impacts de ses parasites sur l'écosystème.
Ressusciter une espèce ne peut s'envisager sans penser au microbiote et aux parasites intimement liés à cette espèce, sans lesquels elle ne peut survivre. Cet article permet d'envisager des conséquences un peu plus indirectes de la désextinction, c'est-à-dire les conséquences qu'auraient les espèces ressuscitées en servant d'hotes potentiels à des parasites.
Remarques sur l'article
Christian Selbach et Robert Poulin sont deux chercheurs spécialisés dans les parasites à l'université d'Otago.
Philip Seddon est dans la même université, mais travaille en parallèle avec l'IUCN sur un guide visant à émettre des principes et règles pour la dé-extinction. Guiding principles on Creating Proxies of Extinct Species for Conservation Benefit. Cet auteur apparaît très régulièrement dans des publications autour de la controverse de la dé-extinction.
Christian Selbach et Robert Poulin sont deux chercheurs spécialisés dans les parasites à l'université d'Otago.
Philip Seddon est dans la même université, mais travaille en parallèle avec l'IUCN sur un guide visant à émettre des principes et règles pour la dé-extinction. Guiding principles on Creating Proxies of Extinct Species for Conservation Benefit. Cet auteur apparaît très régulièrement dans des publications autour de la controverse de la dé-extinction.
Figure
Table de l'article, décrivant les scénarios possibles liés aux parasites d'espèces ressuscités et leurs impacts sur les écosystèmes.
Table de l'article, décrivant les scénarios possibles liés aux parasites d'espèces ressuscités et leurs impacts sur les écosystèmes.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.