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Titre de l'article

Le réensauvagement peut (aussi) restaurer des communautés de plantes forestières phylogénétiquement riches et fonctionnellement résilientes

Introduction à l'article

La restauration spontanée de boisements par le réensauvagement passif est aujourd’hui au cœur du débat sur les approches de conservation des milieux : l’un des enjeux est de déterminer si elle permet d’obtenir des écosystèmes riches en biodiversité et en fonctions. Des différences écologiques entre communautés de plantes de boisements spontanés récents et de forêts anciennes ont été mises en évidence. Pourtant, les chercheurs ignorent encore quelles diversités fonctionnelles et phylogénétiques sont associées aux communautés de plantes issues de réensauvagement passif. Dans cette étude, Morel et al. ont cherché à évaluer comment la continuité temporelle des forêts impacte les diversités taxonomique, fonctionnelle et phylogénétique des communautés de plantes herbacées de forêts. Pour cela, ils ont mesuré les différences dans la composition des communautés, la structure, l’importance de conservation et les capacités de résiliences entre des boisements récents et des forêts anciennes.

Expériences de l'article

Les données ont été collectées dans le massif Armoricain (France) à partir de 36 parcelles, dont 12 correspondent à des boisements récents et 24 à des forêts anciennes. Les diversités taxonomiques, fonctionnelles et phylogénétiques ont ensuite été caractérisées en mesurant la diversité α et la diversité β pour chacune. La diversité taxonomique α a été mesurée par la richesse spécifique et des modèles linéaires mixtes. La diversité fonctionnelle α a été mesurée avec des indices multivariées, une PCoA et des modèles linéaires mixtes. La diversité phylogénétique α a été mesurée avec différents indices et des modèles linéaires mixtes. Les diversités taxonomiques, fonctionnelles et phylogénétiques β ont été quantifiées via l’indice de Jaccard, des nMDS et des PERMANOVA et des β-dispersion. Enfin, les indices de diversité α ont été comparés à des modèles nuls.

Résultats de l'article

Les communautés de plantes herbacées des boisements récents et des forêts anciennes diffèrent beaucoup au niveau des compositions taxonomiques et phylogénétiques mais peu au niveau de la composition fonctionnelle. Les boisements récents hébergent plus d’espèces, avec différentes histoires évolutives. Enfin, la spécialisation et l’originalité fonctionnelle ainsi que les capacités de résilience sont proches entre les boisements récents et les forêts anciennes. Les résultats montrent que les boisements spontanés récents peuvent avoir un rôle important dans la conservation de communautés de plantes forestières originales, résilientes et diversifiées. Ceux-ci peuvent être considérés comme des réservoirs de biodiversité et possèdent une diversité et une complexité comparables à celles des forêts anciennes. Face aux changements climatiques, leurs capacités de réponse aux perturbations sont importantes pour la conservation de la biodiversité forestière et les services écosystémiques associés.

Rigueur de l'article

Cet article de Morel et al. utilise un grand nombre d’outils mathématiques et statistiques appliqués à différents niveaux de diversité (diversité α et diversité β, diversité taxonomique, diversité fonctionnelle, diversité phylogénétique) pour répondre à sa problématique. Cette approche a permis d’obtenir différents résultats concernant le massif Armoricain et demande à être appliquée à d’autres régions pour obtenir des informations plus précises sur les effets du réensauvagement passif.

Ce que cet article apporte au débat

Si cet article ne traite aucunement de la gestion conservatoire, il présente en revanche des mesures quantitatives sur des données de terrains concernant le potentiel conservatoire d’écosystèmes spontanés. Il s’inscrit donc dans une réflexion proposant une gestion par non intervention plutôt qu’une gestion conservatoire.

Remarques sur l'article

Fraîchement publié (2020), cet article montre que la gestion par non intervention et l’utilisation des successions écologiques est encore en plein développement.

Publiée il y a plus de 5 ans par S. Tissot.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Article : Passive rewilding may (also) restore phylogenetically rich and functionally resilient forest plant communities
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  • Auteurs
    Lois Morel, Lou Barbe, Vincent Jung, Bernard Clément, Annik Schnitzler & Frédéric Ysnel
  • Année de publication
    2020
  • Journal
    Ecological Applications
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Passive rewilding is increasingly seen as a promising tool to counterbalance biodiversity losses and recover native forest ecosystems. One key question, crucial to understanding assembly processes and conservation issues underlying land-use change, is the extent to which functional and phylogenetic diversity may recover in spontaneous recent woodlands. Here, we compared understorey plant communities of recent woodlands (which result from afforestation on agricultural lands during the 20th century) with those of ancient forests (uninterrupted for several centuries) in a hotspot of farmland abandonment in western Europe. We combined taxonomic, functional, and phylogenetic diversity metrics to detect potential differences in community composition, structure (richness, divergence), conservation importance (functional originality and specialization, evolutionary distinctiveness) and resilience (functional redundancy, response diversity). The recent and ancient forests harbored clearly distinct compositions, especially regarding the taxonomic and phylogenetic facets. Recent woodlands had higher taxonomic, functional and phylogenetic richness and a higher evolutionary distinctiveness, whereas functional divergence and phylogenetic divergence were higher in ancient forests. On another hand, we did not find any significant differences in functional specialization, originality, redundancy, or response diversity between recent and ancient forests. Our study constitutes one of the first empirical pieces of evidence that recent woodlands may spontaneously regain plant communities phylogenetically rich and functionally resilient, at least as much as those of ancient relict forests. As passive rewilding is the cheapest restoration method, we suggest that it should be a very useful tool to restore and conserve native forest biodiversity and functions, especially when forest areas are restricted and fragmented.

  • Identifiant unique
    https://doi.org/10.1002/eap.2007
  • Accès libre
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  • Apparait dans la controverse
    La gestion conservatoire des milieux : un acte contre-nature face aux changements globaux ?
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