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Titre de la review

Invasions de plantes : fusion des concepts d'invasion d'espèces et d'invasibilité des communautés.

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Résumé de la review

L'écologie de l'invasion est l'étude des introductions d'organismes induites par l'homme, en particulier en dehors de leur aire de répartition, définies par leurs mécanismes de dispersion naturels et leurs barrières biogéographiques. Le domaine couvre tous les aspects liés à cette introduction : capacité à se naturaliser, à envahir la région ciblée, interactions avec le biote résident, prise en compte des coûts et des avantages de leur présence et de leur abondance. Ce review examine les développements les plus significatifs dans le domaine de l'écologie des invasions de plantes, en mettant l'accent sur les travaux publiés depuis 90. Ici sont sélectionnés des sujets pour lesquels de nouvelles découvertes ont amélioré la compréhension des invasions. L'étude porte surtout sur les plantes vasculaires envahissant les écosystèmes naturels et semi-naturels et sur les problèmes écologiques fondamentaux liés au caractère envahissant. La dernière décennie a toutefois été marquée par une activité considérable sur de nombreux fronts, à mesure que l'étendue et les impacts des espèces envahissantes ont augmenté. De nouvelles approches et technologies ont été appliquées pour résoudre des problèmes cruciaux comme les techniques moléculaires, la télédétection et les outils d'analyse spatiale avancés.
A travers ce review est exposé plusieurs grandes idées : (1) La règle des dizaines comme estimation quantitative d’espèces introduites devenant des organismes nuisibles. Cette règle a été largement mal interprétée, principalement lorsqu'elle est appliquée directement à de nombreuses espèces « envahissantes ». De plus, il n'y a pas assez d’informations sur les espèces exotiques pour permettre de les classées objectivement comme «naturalisées» ou «envahissantes» pour différentes régions et le monde entier. (2) Le rôle du temps de résidence intègre les aspects de la pression des propagules, plus l'espèce est présente dans la région, plus la banque de propagules est grande et plus la probabilité de dispersion, d'établissement et de constitution de nouvelles populations est grande. (3) De Candolle (1855) a noté que les espèces naturalisées sont plus susceptibles de recruter des genres sans espèces indigènes dans une région donnée. Darwin (1859) a utilisé cette observation pour étayer sa théorie selon laquelle, pour une plante introduite, les avantages d'avoir des parents proches l'emportent en moyenne sur les inconvénients et les espèces étrangères appartenant à des genres indigènes ont de meilleures chances de se naturaliser car elles partagent avec leurs congénères une préadaptation aux conditions de la région envahie. Pour qu'une espèce introduite envahisse une région, deux options sont disponibles : soit elle possède des niveaux assez élevés de tolérance et de plasticité physiologiques, soit elle subit une différenciation génétique. L’évolution peut aussi servir d’explication au succès de l’invasion par dérive génétiques dans les populations fondatrices, par hybridation intra et interspécifique créant de nouveaux génotypes et par des modifications radicales des régimes de sélection imposées par de nouveaux environnements pouvant provoquer des changements évolutifs adaptatifs. Cette hypothèse est appuyé par de nombreuses études et prédit que les plantes introduites dans un environnement dépourvu d'herbivores seront sélectionnées, favorisant les individus allouant moins d'énergie à la défense et plus à la croissance et à la reproduction. (4) Au cours des dix dernières années environ, une attention accrue a été portée aux interactions positives en écologie et les travaux sur les espèces envahissantes ont été éclairants à cet égard. Dans de nombreux cas, le succès d’une espèce exotique dépend de la présence d’autres espèces résidant déjà dans la région.

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Rigueur de la review

Bon nombre des concepts examinés ici peuvent être testés dans des expériences de manipulation. On peut s’attendre à une robustesse accrue des généralisations et des théories par l’expérimentation. Une meilleure intégration des perspectives de tous les domaines de recherche est nécessaire pour améliorer notre capacité à gérer les invasions.

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Ce que cette review apporte au débat

Des progrès intéressants ont été réalisés dans tous les aspects de l’écologie de l’invasion des plantes examinés dans cet article. Ceux-ci sont en partie du au fait que de bonnes recherches ont été menées à plusieurs niveaux et que la conceptualisation des processus de médiation des invasions a permis de concentrer les efforts sur les facteurs responsables des transitions de phase clés. L’absence de catégorisation standardisée des plantes dans différentes parties du monde est un problème. L'adoption d'une norme mondiale faciliterait l'amélioration des généralisations concernant les niveaux d'invasion et d'invasibilité. De plus, l'écologie moléculaire pourrait mettre en lumière des lacunes dans nos connaissances. Exemple : Il est difficile de mesurer la dispersion des graines, en particulier les rares événements de dispersion à longue distance sur le terrain, il est donc nécessaire de tirer parti des études moléculaires pour résoudre les principales inconnues de la dynamique d'invasion.

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Remarques sur la review

Il s'agit d'un article centrale pour cette controverse. Il présente énormément de concepts intéressants sur l'invasibilité d'une communauté et sur le potentiel envahissant d'une espèce. Cet article expose également l'ouvrage de Charles Elton (1958) comme étant le point de départ de l’écologie des invasions.

Publiée il y a plus de 7 ans par G. Piau.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Review : Plant invasions : merging the concepts of species invasiveness and community invasibility.
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  • Auteurs
    David M. Richardson, Petr Pyšek
  • Année de publication
    2006
  • Journal
    Progress in Physical Geography
  • Abstract (dans sa langue originale)

    This paper considers key issues in plant invasion ecology, where findings published since 1990 have significantly improved our understanding of many aspects of invasions. The review focuses on vascular plants invading natural and semi-natural ecosystems, and on fundamental ecological issues relating to species invasiveness and community invasibility. Three big questions addressed by the SCOPE programme in the 1980s (which species invade; which habitats are invaded ; and how can we manage invasions ?) still underpin most work in invasion ecology. Some organizing and unifying themes in the field are organism-focused and relate to species invasiveness (the tens rule; the concept of residence time; taxonomic patterns and Darwin’s naturalization hypothesis; issues of phenotypic plasticity and rapid evolutionary change, including evolution of increased competitive ability hypothesis; the role of long-distance dispersal). Others are ecosystem-centred and deal with determinants of the invasibility of communities, habitats and regions (levels of invasion, invasibility and propagule pressure; the biotic resistance hypothesis and the links between diversity and invasibility; synergisms, mutualisms, and invasional meltdown). Some theories have taken an overarching approach to plant invasions by integrating the concepts of species invasiveness and community invasibility (a theory of seed plant invasiveness; fluctuating resources theory of invasibility). Concepts, hypotheses and theories reviewed here can be linked to the naturalization-invasion continuum concept, which relates invasion processes with a sequence of environmental and biotic barriers that an introduced species must negotiate to become casual, naturalized and invasive. New research tools and improved research links between invasion ecology and succession ecology, community ecology, conservation biology and weed science, respectively, have strengthened the conceptual pillars of invasion ecology.

  • Identifiant unique
    10.1191/0309133306pp490pr
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    La notion d’espèce envahissante a-t-elle un réel sens biologique pour étudier le déplacement des espèces à travers l’espace et à travers le temps ?
  • Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :

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