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Titre de l'article

Quantification des différences entre les espèces indigènes et introduites.

Introduction à l'article

On a toujours présumé que les espèces introduites étaient nouvelles sur le plan de l'évolution et « différentes » des espèces indigènes. Des études récentes remettent en question ces hypothèses, car les caractéristiques et les facteurs favorisant le succès des espèces introduites et indigènes peuvent être similaires. Un nouveau cadre statistique utilisant des mesures quantifiables des différences évolutives et écologiques entre les espèces pour vérifier si différentes forces conditionnent le succès des espèces indigènes par rapport aux espèces introduites est préconisé. Dans deux études de cas, les espèces indigènes et introduites semblent suivre les mêmes « règles » pour devenir abondantes. Ainsi, incorporer des différences quantitatives dans les traits et l'histoire de l'évolution parmi les espèces pourrait largement expliquer de nombreux effets d'origine géographique perçus, conduisant à des tests plus rigoureux et généraux des facteurs favorisant le succès des organismes.

Expériences de l'article

Les auteurs testent si la similarité fonctionnelle et l’histoire évolutive expliquent les variations de l'abondance des espèces et s'ils peuvent ainsi distinguer les espèces indigènes des espèces introduites. Si la notion d'espèce envahissante possède un réel sens biologique, des critères objectifs tel que des différences de traits et d’histoire évolutive devraient permettre de caractériser une espèce ou une population comme envahissante. Pour tester cela, l'article présente l’utilisation de modèles de type régression incluant les relations entre l’abondance des organismes, les traits des espèces, l’histoire de l’évolution et les facteurs abiotiques dans un environnement donné. De plus, un test plus rigoureux des mécanismes d'assemblage des communautés pour les espèces introduites permettrait de comparer quantitativement si la dissimilarité évolutive ou fonctionnelle favorise également le succès des espèces introduites et indigènes.

Résultats de l'article

Ici, le modèle présenté peut intégrer les changements temporels dans l'assemblage de la communauté en considérant l'année comme variable de regroupement au lieu de site et en incorporant des variables d'environnement interannuelles comme prédicteurs. Il peut être étendu pour prendre en compte plusieurs niveaux hiérarchiques, ce qui permet d'examiner l'influence de la variation de l'environnement à plusieurs échelles spatiales sur l'assemblage des communautés. Des prédicteurs peuvent être inclus à chaque niveau, ce qui permettrait de tester simultanément si les variations de microhabitat dans la richesse en espèces, l'azote du sol, etc. et la variation au niveau du site dans la richesse en espèces, les précipitations, la température, etc. affectent l'assemblage de la communauté. Les résultats suggèrent que les espèces introduites et indigènes pourraient prospérer pour des raisons similaires.

Rigueur de l'article

L'article est bien structuré et la méthodologie et les résultats obtenus semblent cohérents. En revanche il parte du principe que la biologie de l'invasion et le terme d'espèce invasive à du sens sans entrer dans la controverse de manière frontale.

Ce que cet article apporte au débat

1- La nouveauté géographique en elle-même confère souvent peu d'avantages aux espèces introduites et les performances de nombreuses espèces introduites, même les plus abondantes au monde, peuvent être assez similaires 2- Certaines espèces indigènes manifestent également une tendance « envahissante » dans leur aire de répartition naturelle en raison de perturbations importantes ou de la libération de contraintes démographiques antérieures 3- Même les espèces « envahissantes » problématiques rencontrent les mêmes contraintes d’occurrence et d’abondance que les espèces indigènes 4- Les récentes propositions selon lesquelles une nouvelle origine géographique explique en grande partie l'impact potentiel d'une espèce sur la communauté bénéficiaire reposent sur le fait que les espèces introduites possèdent des traits différents de ceux des espèces indigènes. Ainsi, l’effet perçu de l’origine géographique pourrait provenir de différences quantitatives entre espèces indigènes et introduites.

Remarques sur l'article

Cet article permet d'avancer dans la controverse en apportant de nouvelles précisions sur les différences entre espèces indigènes et introduites. Ici, l'article n'a pas pour but de prendre parti ou de prouver que la biologie de l'invasion doit ou non maintenir son statut de discipline à part entière. Les auteurs partent juste du principe que cette discipline existe.

Publiée il y a plus de 7 ans par G. Piau et N. Mazet.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Article : Quantifying Differences Between Native and Introduced Species
  • 1 1
  • Auteurs
    Nathan P. Lemoine, Deron E. Burkepile, John D. Parker
  • Année de publication
    2016
  • Journal
    Trends in Ecology & Evolution
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Introduced species have historically been presumed to be evolutionarily novel and ‘different’ from native species. Recent studies question these assumptions, however, as the traits and factors promoting successful introduced and native
    species can be similar. We advocate a novel statistical framework utilizing quantifiable metrics of evolutionary and ecological differences among species to test whether different forces govern the success of native versus introduced
    species. In two case studies, we show that native and introduced species appear to follow the same ‘rules’ for becoming abundant. We propose that incorporating quantitative differences in traits and evolutionary history among species might largely account for many perceived effects of geographic origin, leading to more rigorous and general tests of the factors promoting organism success.

  • Identifiant unique
    10.1016/j.tree.2016.02.008
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    La notion d’espèce envahissante a-t-elle un réel sens biologique pour étudier le déplacement des espèces à travers l’espace et à travers le temps ?
  • Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :

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