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Titre de la review

Quel mode de gestion conservatoire pour les tourbières ? L'approche interventionniste en question

Résumé de la review

La gestion conservatoire et interventionniste des tourbières est actuellement le moyen privilégié par les gestionnaires afin de maintenir ou restaurer à un niveau optimal de biodiversité ces milieux affectés par les activités anthropiques. Pour cela, ils vont essayer d’empêcher le vieillissement naturel de la tourbière et ainsi prévenir un appauvrissement biologique associé. Cette approche interventionniste semble paradoxale car ils cherchent à préserver les milieux de l’impact anthropique en réprimant les dynamiques naturelles. Ici, cette review propose une discussion de la gestion conservatoire et de sa démarche interventionniste en s’appuyant sur les tourbières de l’Est du massif central. Pour cela, elle comme par une présentation des différentes tourbières groupées en fonction de leur état écologique. Ensuite, un examin des objectifs des gestionnaires sur la mise en place des interventions a été réalisé. Pour finir la pertinence de l'approche interventionniste, dans certaines situations, sera discuté ainsi que la possibilité d’une approche alternative.
Avant d’envisager toute action des gestionnaires, un diagnostic de l’état des tourbières est nécessaire afin d’évaluer à quel type de tourbières ils sont confrontés et surtout quel est le degré de modification généré par les activités anthropiques. Une classification des tourbières du massif central oriental a donc été créée à partir de la littérature en fonction d’une estimation de l’importance des modifications physionomiques et fonctionnelles engendrées par les activités. Elles ont été regroupées en 6 classes allant de l’absence de modification à une origine purement anthropique de la tourbière. La figure 3 présente les différentes classes de tourbières et leurs descriptions.
Une fois la description faite, si l’état le nécessite, des interventions peuvent être menées pour maintenir ou ramener la tourbière dans un état hydrologique et écologique jugé comme optimal ou plus intéressant pour la diversité biologique. Il existe plusieurs types d'interventions : le suivi scientifique, l'équipement du site en vue d'une ouverture au public, les travaux permettant une optimisation de la biodiversité, la restauration d'une tourbière très fortement endommagée. Le suivi scientifique permet d’accumuler les données nécessaires à la bonne connaissance et gestion du milieu sans impacter celui-ci. L’aménagement des sites pour l’accueil des touristes permet la mise en place de dispositifs afin que les visiteurs puissent profiter du site sans pour autant impacter le milieu. Les travaux visant à optimiser la biodiversité permettent d’entretenir le milieu afin qu’il conserve la diversité qu’il y abrite. La restauration des tourbières repose sur des travaux bien plus lourds qui ont pour objectif un retour aux fonctions d'origine.
Toutes ces opérations font écho à un type de gestion très interventionniste qui peut être remis en question. Effectivement empêcher l’évolution naturelle peut parfois aboutir à une réduction de la biodiversité voir même une disparition du milieu. La pertinence de la gestion conservatoire peut donc être remis en question notamment lorsque l’on se penche sur l’exemple de la lutte contre la dynamique des ligneux. En effet, ces derniers sont systématiquement éliminés car considérés comme une menace pour la tourbière. Pourtant, ce n'est pas forcement le cas, puisque la lignification du milieu n’est pas incompatible avec l’accumulation de tourbe. Un mode de gestion plus à l’écoute du milieu pourrait ainsi être préférable à une intervention systématique. Ainsi si la pérennité des tourbières est menacée, les interventions sont indispensables, mais dans d’autres cas, il peut être préférable de laisser les dynamiques naturelles s’effectuer. La gestion conservatoire doit donc se baser sur un suivi scientifique rigoureux afin d'établir un diagnostic sur lequel reposera la décision d’intervention.

Rigueur de la review

Cubizolle et Sacca proposent une review rigoureuse notamment en abordant de façon objective les différents modes de gestion conservatoire pour les tourbières, tout en apportant une critique éclairée de l'approche interventionniste dans ces milieux spécifiques.

Ce que cette review apporte au débat

Cette review permet de comprendre, en premier lieu, l’histoire et le fonctionnement actuel de la gestion conservatoire. Puis, par l’utilisation de l’exemple des tourbières françaises, elle illustre les différents types d’interventions où une gestion est nécessaire. Enfin, elle met en lumière un grand panel d'avantages et d'inconvénients, rendant ainsi compte de la difficulté du choix de gestion optimal.

Figure
Légende :

Classification des tourbières du massif Central oriental en fonction d'une estimation de l'importance des modifications physionomiques et fonctionnelles engendrées par les activités humaines

Source: Figure 3 "Quel mode de gestion conservatoire pour les tourbières ? L'approche interventionniste en question" (Cubizolle et Sacca)

Publiée il y a plus de 5 ans par A. Goulpeau.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Review : Quel mode de gestion conservatoire pour les tourbières ? L'approche interventionniste en question
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  • Auteurs
    Hervé Cubizolle, Céline Sacca
  • Année de publication
    2013
  • Journal
    Géocarrefour
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Admise dans le fond, la gestion conservatoire des tourbières suscite, dans la forme, de nombreuses interrogations notamment lorsqu'il s'agit de réguler et de maîtriser les dynamiques naturelles de ces écosystèmes. De notre point de vue la recherche d’une biodiversité optimale et idéale, qui sous-tend cette démarche interventionniste, ne doit plus être envisagée à l’échelle d’un site mais à celle de l’ensemble des tourbières d’une région géographique pertinente. La décision d’engager des actions d’entretien ou de restauration devrait par ailleurs s’appuyer sur des diagnostics scientifiques et un suivi approprié de l'évolution de ces milieux. Cette approche, plus à l’écoute des écosystèmes, permettrait une utilisation plus efficace des financements consacrés à la conservation des tourbières.

    Enfin on retiendra qu’un réseau de surveillance des tourbières est opérationnel pour le Massif central oriental et qu’il commence à se structurer au niveau national. Du fait de la sensibilité des tourbières aux changements climatiques et aux activités humaines il pourrait devenir un élément clef d’un dispositif de veille environnementale qui intégrerait le suivi de nombreux écosystèmes.

  • Identifiant unique
    10.4000/geocarrefour.4162
  • Accès libre
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  • Apparait dans la controverse
    La gestion conservatoire des milieux : un acte contre-nature face aux changements globaux ?
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