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Ré-évaluation de la sécurité de l'énergie nucléaire
Ré-évaluation de la sécurité de l'énergie nucléaire
Introduction à l'article
A l'époque de l'article, l'accident de Fukushima a eu lieu depuis 4 ans. Malgré cela, l'énergie nucléaire continue d'être défendue, en particulier comme une énergie ne participant pas au réchauffement climatique. Toutefois, les risques nucléaires sont possiblement largement sous-évalués. Ainsi, sur 12 000 incidents ayant lieu par an dans les centrales nucléaires françaises, seuls 600 à 800 sont classifiés comme "significatifs". Cet article se propose donc de passer en revue 216 incidents ayant eu lieu dans des systèmes d'énergie nucléaire.
A l'époque de l'article, l'accident de Fukushima a eu lieu depuis 4 ans. Malgré cela, l'énergie nucléaire continue d'être défendue, en particulier comme une énergie ne participant pas au réchauffement climatique. Toutefois, les risques nucléaires sont possiblement largement sous-évalués. Ainsi, sur 12 000 incidents ayant lieu par an dans les centrales nucléaires françaises, seuls 600 à 800 sont classifiés comme "significatifs". Cet article se propose donc de passer en revue 216 incidents ayant eu lieu dans des systèmes d'énergie nucléaire.
Expériences de l'article
La courbe traditionnelle utilisée pour évaluer les risques d'une activité est la courbe de Farmer, conséquences en fonction des probabilités. Cette courbe est traditionellement considérée, pour les activités nucléaires, comme ayant une forme de gaussienne, la probabilité d'accidents très graves étant faibles. Cette vision traditionnelle a été remise en question par les accidents de Tchernobyl et de Fukushima. Il est alors apparu qu'un problème de l'élaboration de cette courbe est qu'elle ne prend en compte que les morts humaines directes, alors que les accidents nucléaires peuvent potentiellement causer de nombreuses morts indirectes. Si on modifie la courbe pour prendre en compte les effets indirects, on est alors amené à ré-évaluer les effets de nombreux "incidents mineurs". Cette étude se propose donc de ré-étudier 216 incidents ayant eu lieu entre 1952 et 2014, en prenant également en compte les incidents dûs aux carburants fossiles employés dans l'énergie nucléaire.
La courbe traditionnelle utilisée pour évaluer les risques d'une activité est la courbe de Farmer, conséquences en fonction des probabilités. Cette courbe est traditionellement considérée, pour les activités nucléaires, comme ayant une forme de gaussienne, la probabilité d'accidents très graves étant faibles. Cette vision traditionnelle a été remise en question par les accidents de Tchernobyl et de Fukushima. Il est alors apparu qu'un problème de l'élaboration de cette courbe est qu'elle ne prend en compte que les morts humaines directes, alors que les accidents nucléaires peuvent potentiellement causer de nombreuses morts indirectes. Si on modifie la courbe pour prendre en compte les effets indirects, on est alors amené à ré-évaluer les effets de nombreux "incidents mineurs". Cette étude se propose donc de ré-étudier 216 incidents ayant eu lieu entre 1952 et 2014, en prenant également en compte les incidents dûs aux carburants fossiles employés dans l'énergie nucléaire.
Résultats de l'article
Une première observation est que depuis les années 70 (accident de TMI), puis l'accident de Tchernobyl, le nombre d'incidents moyen par an a diminué. Toutefois, les deux accidents majeurs, Tchernobyl et Fukushima, se sont produits après les années 70. On est donc passé d'un grand nombre de faibles incidents a un nombre plus faible d'accidents plus forts. De nombreux incidents n'avaient pas été noté par l'INES (International Nuclear Event Scale) ; de plus, cette échelle est inadaptée au regard d'accidents tels que Tchernobyl et Fukushima. La manière dont de petits incidents cascadent en accidents majeurs est également très faiblement documentée. La prévision engendrée par cette étude est qu'un accident du type de Fukushima aura lieu tout les 60-150 ans, et qu'un incident "mineur" (d'environ 20 millions de dollars de dommage) aura lieu tous les ans. Il est donc nécessaire d'augmenter la sécurité de l'industrie nucléaire dans le futur.
Une première observation est que depuis les années 70 (accident de TMI), puis l'accident de Tchernobyl, le nombre d'incidents moyen par an a diminué. Toutefois, les deux accidents majeurs, Tchernobyl et Fukushima, se sont produits après les années 70. On est donc passé d'un grand nombre de faibles incidents a un nombre plus faible d'accidents plus forts. De nombreux incidents n'avaient pas été noté par l'INES (International Nuclear Event Scale) ; de plus, cette échelle est inadaptée au regard d'accidents tels que Tchernobyl et Fukushima. La manière dont de petits incidents cascadent en accidents majeurs est également très faiblement documentée. La prévision engendrée par cette étude est qu'un accident du type de Fukushima aura lieu tout les 60-150 ans, et qu'un incident "mineur" (d'environ 20 millions de dollars de dommage) aura lieu tous les ans. Il est donc nécessaire d'augmenter la sécurité de l'industrie nucléaire dans le futur.
Rigueur de l'article
Les analyses de cet article me paraissent rigoureuses.
Les analyses de cet article me paraissent rigoureuses.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article porte un regard assez inquiétant sur la fréquence future des accidents nucléaires ( si rien n'est fait). Sans s'opposer à l'énergie nucléaire, il recommande de mettre en place des moyens en vue d'une diminution des accidents nucléaires dans le futur.
Cet article porte un regard assez inquiétant sur la fréquence future des accidents nucléaires ( si rien n'est fait). Sans s'opposer à l'énergie nucléaire, il recommande de mettre en place des moyens en vue d'une diminution des accidents nucléaires dans le futur.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
J. Legeay.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Article : Ré-évaluation de la sécurité de l'énergie nucléaire
Titre de l'article
Ré-évaluation de la sécurité de l'énergie nucléaire
Ré-évaluation de la sécurité de l'énergie nucléaire
Introduction à l'article
A l'époque de l'article, l'accident de Fukushima a eu lieu depuis 4 ans. Malgré cela, l'énergie nucléaire continue d'être défendue, en particulier comme une énergie ne participant pas au réchauffement climatique. Toutefois, les risques nucléaires sont possiblement largement sous-évalués. Ainsi, sur 12 000 incidents ayant lieu par an dans les centrales nucléaires françaises, seuls 600 à 800 sont classifiés comme "significatifs". Cet article se propose donc de passer en revue 216 incidents ayant eu lieu dans des systèmes d'énergie nucléaire.
A l'époque de l'article, l'accident de Fukushima a eu lieu depuis 4 ans. Malgré cela, l'énergie nucléaire continue d'être défendue, en particulier comme une énergie ne participant pas au réchauffement climatique. Toutefois, les risques nucléaires sont possiblement largement sous-évalués. Ainsi, sur 12 000 incidents ayant lieu par an dans les centrales nucléaires françaises, seuls 600 à 800 sont classifiés comme "significatifs". Cet article se propose donc de passer en revue 216 incidents ayant eu lieu dans des systèmes d'énergie nucléaire.
Expériences de l'article
La courbe traditionnelle utilisée pour évaluer les risques d'une activité est la courbe de Farmer, conséquences en fonction des probabilités. Cette courbe est traditionellement considérée, pour les activités nucléaires, comme ayant une forme de gaussienne, la probabilité d'accidents très graves étant faibles. Cette vision traditionnelle a été remise en question par les accidents de Tchernobyl et de Fukushima. Il est alors apparu qu'un problème de l'élaboration de cette courbe est qu'elle ne prend en compte que les morts humaines directes, alors que les accidents nucléaires peuvent potentiellement causer de nombreuses morts indirectes. Si on modifie la courbe pour prendre en compte les effets indirects, on est alors amené à ré-évaluer les effets de nombreux "incidents mineurs". Cette étude se propose donc de ré-étudier 216 incidents ayant eu lieu entre 1952 et 2014, en prenant également en compte les incidents dûs aux carburants fossiles employés dans l'énergie nucléaire.
La courbe traditionnelle utilisée pour évaluer les risques d'une activité est la courbe de Farmer, conséquences en fonction des probabilités. Cette courbe est traditionellement considérée, pour les activités nucléaires, comme ayant une forme de gaussienne, la probabilité d'accidents très graves étant faibles. Cette vision traditionnelle a été remise en question par les accidents de Tchernobyl et de Fukushima. Il est alors apparu qu'un problème de l'élaboration de cette courbe est qu'elle ne prend en compte que les morts humaines directes, alors que les accidents nucléaires peuvent potentiellement causer de nombreuses morts indirectes. Si on modifie la courbe pour prendre en compte les effets indirects, on est alors amené à ré-évaluer les effets de nombreux "incidents mineurs". Cette étude se propose donc de ré-étudier 216 incidents ayant eu lieu entre 1952 et 2014, en prenant également en compte les incidents dûs aux carburants fossiles employés dans l'énergie nucléaire.
Résultats de l'article
Une première observation est que depuis les années 70 (accident de TMI), puis l'accident de Tchernobyl, le nombre d'incidents moyen par an a diminué. Toutefois, les deux accidents majeurs, Tchernobyl et Fukushima, se sont produits après les années 70. On est donc passé d'un grand nombre de faibles incidents a un nombre plus faible d'accidents plus forts. De nombreux incidents n'avaient pas été noté par l'INES (International Nuclear Event Scale) ; de plus, cette échelle est inadaptée au regard d'accidents tels que Tchernobyl et Fukushima. La manière dont de petits incidents cascadent en accidents majeurs est également très faiblement documentée. La prévision engendrée par cette étude est qu'un accident du type de Fukushima aura lieu tout les 60-150 ans, et qu'un incident "mineur" (d'environ 20 millions de dollars de dommage) aura lieu tous les ans. Il est donc nécessaire d'augmenter la sécurité de l'industrie nucléaire dans le futur.
Une première observation est que depuis les années 70 (accident de TMI), puis l'accident de Tchernobyl, le nombre d'incidents moyen par an a diminué. Toutefois, les deux accidents majeurs, Tchernobyl et Fukushima, se sont produits après les années 70. On est donc passé d'un grand nombre de faibles incidents a un nombre plus faible d'accidents plus forts. De nombreux incidents n'avaient pas été noté par l'INES (International Nuclear Event Scale) ; de plus, cette échelle est inadaptée au regard d'accidents tels que Tchernobyl et Fukushima. La manière dont de petits incidents cascadent en accidents majeurs est également très faiblement documentée. La prévision engendrée par cette étude est qu'un accident du type de Fukushima aura lieu tout les 60-150 ans, et qu'un incident "mineur" (d'environ 20 millions de dollars de dommage) aura lieu tous les ans. Il est donc nécessaire d'augmenter la sécurité de l'industrie nucléaire dans le futur.
Rigueur de l'article
Les analyses de cet article me paraissent rigoureuses.
Les analyses de cet article me paraissent rigoureuses.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article porte un regard assez inquiétant sur la fréquence future des accidents nucléaires ( si rien n'est fait). Sans s'opposer à l'énergie nucléaire, il recommande de mettre en place des moyens en vue d'une diminution des accidents nucléaires dans le futur.
Cet article porte un regard assez inquiétant sur la fréquence future des accidents nucléaires ( si rien n'est fait). Sans s'opposer à l'énergie nucléaire, il recommande de mettre en place des moyens en vue d'une diminution des accidents nucléaires dans le futur.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.