Messor barbarus (LINNAEUS, 1767) ants are Mediterranean region seed predators. However, transported seeds can be found rejected in refuse piles around their nests, making this ant a seed dispersal agent. This raises the following
questions: Do refuse piles affect seed distribution? Do their small-scale seed composition, richness, and density in autumn and winter differ from those of areas without refuse piles? Are there differences in the vegetation found the following spring in refuse piles that have survived the winter or on sites where they have been destroyed, compared with control areas without refuse piles? In a Mediterranean steppe, we measured autumn and winter seed banks in a greenhouse, both in refuse piles and in controls. The following spring, in situ seedlings from refuse piles, from refuse piles artificially destroyed (sieved) in winter, and from controls without refuse piles were recorded. Seedling species richness and density were significantly higher in autumn in refuse piles than in controls. Nevertheless, no increased seedling contribution from the transient seed bank was detected in the winter refuse piles. The following spring, natural persistent refuse piles showed no seedlings. However, seedling species richness and density were significantly higher in places where refuse piles had been sieved before in winter. The construction of refuse piles by M. barbarus locally concentrates seed density and seed species richness; for the first time, a positive impact on seedlings is observed in places where refuse piles were sieved before winter and the potential bias of this methodology must be now compared with actions of natural agents (surface runoff) that destroyed refuse piles in winter.
Titre de l'article
Le renouvellement des piles de déchets par les fourmis moissonneuses augmente la densité en graines et la richesse spécifique en jeunes plants dans les prairies sèches
Le renouvellement des piles de déchets par les fourmis moissonneuses augmente la densité en graines et la richesse spécifique en jeunes plants dans les prairies sèches
Introduction à l'article
Cet article aborde la conservation des espèces végétales via l'angle de la richesse spécifique. L'étude a lieu en prairie méditérranéenne, où la biodiversité est menacée. Le but est ici de mesurer l'impact des tas de déchets formés par une espèce de fourmis, Messor barbarus, sur la richesse spécifique végétale. Les fourmis sont en effet considérées comme des espèces ingénieurs vis-à-vis des plantes : bien que prédatrices des graines, elles sont le principal vecteur de la dispersion de celles-ci en milieu terrestre. Trois hypothèses sont formulées dans cet article : les tas de déchets auraient un impact sur la composition en graines et augmenteraient densité en graines et la richesse spécifique en plantes ; la destruction artificielle des tas augmenterait la densité et la richesse spécifique en plantes au printemps suivant ; la protection des tas augmenterait le nombre de plantules.
Cet article aborde la conservation des espèces végétales via l'angle de la richesse spécifique. L'étude a lieu en prairie méditérranéenne, où la biodiversité est menacée. Le but est ici de mesurer l'impact des tas de déchets formés par une espèce de fourmis, Messor barbarus, sur la richesse spécifique végétale. Les fourmis sont en effet considérées comme des espèces ingénieurs vis-à-vis des plantes : bien que prédatrices des graines, elles sont le principal vecteur de la dispersion de celles-ci en milieu terrestre. Trois hypothèses sont formulées dans cet article : les tas de déchets auraient un impact sur la composition en graines et augmenteraient densité en graines et la richesse spécifique en plantes ; la destruction artificielle des tas augmenterait la densité et la richesse spécifique en plantes au printemps suivant ; la protection des tas augmenterait le nombre de plantules.
Expériences de l'article
Dans la plaine de La Crau, steppe aride recevant beaucoup de soleil, 40 tas de déchets ont été analysés entre septembre 2012 et juin 2013. En septembre 2012, 10 échantillons de tas sont mis en culture sous serre, ainsi que 10 échantillons de sol témoins (sans tas de déchets ou nid de fourmi) ; 10 tas sont protégés par une moustiquaire ; 10 tas sont détruits au tamis ; 10 tas sont laissés tels quels. En janvier 2013, le nombre de graines viables, la richesse spécifique et la composition des échantillons mis sous serre à l'automne sont mesurés. En mars 2013, des échantillons provenant des 10 tas protégés sont mis en culture sous serre, ainsi que 10 témoins, et leur nombre de graines viables, leur richesse spécifique et leur composition sont mesurés 3 mois plus tard. En avril 2013, les plantules sont comptées et identifiées sur les emplacements des 10 tas détruits au tamis, des 10 tas laissés tels quels et sur 10 zones témoins.
Dans la plaine de La Crau, steppe aride recevant beaucoup de soleil, 40 tas de déchets ont été analysés entre septembre 2012 et juin 2013. En septembre 2012, 10 échantillons de tas sont mis en culture sous serre, ainsi que 10 échantillons de sol témoins (sans tas de déchets ou nid de fourmi) ; 10 tas sont protégés par une moustiquaire ; 10 tas sont détruits au tamis ; 10 tas sont laissés tels quels. En janvier 2013, le nombre de graines viables, la richesse spécifique et la composition des échantillons mis sous serre à l'automne sont mesurés. En mars 2013, des échantillons provenant des 10 tas protégés sont mis en culture sous serre, ainsi que 10 témoins, et leur nombre de graines viables, leur richesse spécifique et leur composition sont mesurés 3 mois plus tard. En avril 2013, les plantules sont comptées et identifiées sur les emplacements des 10 tas détruits au tamis, des 10 tas laissés tels quels et sur 10 zones témoins.
Résultats de l'article
Les échantillons de tas mis sous serre en septembre 2012 donnent en moyenne 3 fois plus de plantules et 2 fois plus d'espèces que les témoins. La distribution des graines n'est pas significativement différente. Les tas de déchets font donc augmenter la densité et la richesse spécifique, sans changer la distribution. Les échantillons de tas mis sous serre en mars ne donnent que quelques plantules, donc sont impossibles à analyser. Toutefois, on peut conclure que la protection empêche les graines de germer, l'accès au sol étant restreint. Les tas laissés tels quels sont tous détruits naturellement sauf un et ne présentent aucune germination, donc sont impossibles à analyser. Dans les tas détruits au tamis, la distribution des plantules par espèce est plus homogène, la densité en plantules et la richesse spécifique sont presque doublées par rapport aux témoins. Les deux premières hypothèses émises dans l'introduction sont donc validées, tandis que la troisième est rejetée.
Les échantillons de tas mis sous serre en septembre 2012 donnent en moyenne 3 fois plus de plantules et 2 fois plus d'espèces que les témoins. La distribution des graines n'est pas significativement différente. Les tas de déchets font donc augmenter la densité et la richesse spécifique, sans changer la distribution. Les échantillons de tas mis sous serre en mars ne donnent que quelques plantules, donc sont impossibles à analyser. Toutefois, on peut conclure que la protection empêche les graines de germer, l'accès au sol étant restreint. Les tas laissés tels quels sont tous détruits naturellement sauf un et ne présentent aucune germination, donc sont impossibles à analyser. Dans les tas détruits au tamis, la distribution des plantules par espèce est plus homogène, la densité en plantules et la richesse spécifique sont presque doublées par rapport aux témoins. Les deux premières hypothèses émises dans l'introduction sont donc validées, tandis que la troisième est rejetée.
Rigueur de l'article
L'article a été publié par un journal indépendant à but non lucratif. A priori, aucun conflit d'intérêts n'est donc à craindre.
Cependant, une des figures de l'article comprend une erreur, ce qui rend sa compréhension complexe, et peut donc discréditer le journal.
De plus, un des résultats évince une partie des tas de déchets étudiés, ceux laissés tels quels. Il est précisé qu'il n'était pas prévu que ces tas puissent être naturellement détruits, alors que ce résultat est anticipé par une des manipulations proposées dans les matériels et méthodes (via la destruction artificielle de certains tas).
Certaines phrases peuvent également laisser penser à une relecture peu rigoureuse.
L'article a été publié par un journal indépendant à but non lucratif. A priori, aucun conflit d'intérêts n'est donc à craindre.
Cependant, une des figures de l'article comprend une erreur, ce qui rend sa compréhension complexe, et peut donc discréditer le journal.
De plus, un des résultats évince une partie des tas de déchets étudiés, ceux laissés tels quels. Il est précisé qu'il n'était pas prévu que ces tas puissent être naturellement détruits, alors que ce résultat est anticipé par une des manipulations proposées dans les matériels et méthodes (via la destruction artificielle de certains tas).
Certaines phrases peuvent également laisser penser à une relecture peu rigoureuse.
Ce que cet article apporte au débat
L'article ne permet pas de trancher entre richesse spécifique et richesse fonctionnelle au premier abord. En effet, il utilise les deux : un élément de richesse fonctionnelle, la fourmi, utilisée comme espèce ingénieur, est utilisée pour faire augmenter la richesse spécifique végétale. Il permet donc de mieux comprendre l'importance de la richesse spécifique en biologie de la conservation. Après relecture, cette publication penche vers la richesse fonctionnelle pour préserver un écosystème, même si cela passe par la conservation de la richesse spécifique d'un taxon.
L'article ne permet pas de trancher entre richesse spécifique et richesse fonctionnelle au premier abord. En effet, il utilise les deux : un élément de richesse fonctionnelle, la fourmi, utilisée comme espèce ingénieur, est utilisée pour faire augmenter la richesse spécifique végétale. Il permet donc de mieux comprendre l'importance de la richesse spécifique en biologie de la conservation. Après relecture, cette publication penche vers la richesse fonctionnelle pour préserver un écosystème, même si cela passe par la conservation de la richesse spécifique d'un taxon.
Remarques sur l'article
L'article était assez peu clair sur certaines manipulations, notamment concernant la destruction des tas par voie naturelle, cas prévu par les hypothèses mais évincé dans les résultats. Il faudrait donc analyser des résultats complémentaires.
L'article était assez peu clair sur certaines manipulations, notamment concernant la destruction des tas par voie naturelle, cas prévu par les hypothèses mais évincé dans les résultats. Il faudrait donc analyser des résultats complémentaires.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.