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Le conflit de la reproduction et l'évolution de la ménopause chez les orques.
Le conflit de la reproduction et l'évolution de la ménopause chez les orques.
Introduction à l'article
L'hypothèse de conflit de reproduction prédit une dynamique inhabituelle de parenté chez les humains, les orques ou les globicéphales. Ces espèces sont prédisposées à avoir une cessation de la reproduction précoce pour éviter les conflits reproductifs intergénérationnels (entre mères et filles). Chez les primates, la ménopause peut s'expliquer par le fait que la dispersion de femelles est rare au sein des groupes, les groupes sont fixes, il y a donc peu de femelles qui quittent le groupe pour trouver un nouveau mâle. Cela oblige les vieilles femelles à se ménopauser pour laisser la place aux jeunes femelles. En revanche chez les orques, la plupart du temps , les groupes se font et se délient. Pourquoi y a-t-il alors une ménopause chez les groupes alors que les femelles peuvent changer de groupes au cours de leur vie ?
L'hypothèse de conflit de reproduction prédit une dynamique inhabituelle de parenté chez les humains, les orques ou les globicéphales. Ces espèces sont prédisposées à avoir une cessation de la reproduction précoce pour éviter les conflits reproductifs intergénérationnels (entre mères et filles). Chez les primates, la ménopause peut s'expliquer par le fait que la dispersion de femelles est rare au sein des groupes, les groupes sont fixes, il y a donc peu de femelles qui quittent le groupe pour trouver un nouveau mâle. Cela oblige les vieilles femelles à se ménopauser pour laisser la place aux jeunes femelles. En revanche chez les orques, la plupart du temps , les groupes se font et se délient. Pourquoi y a-t-il alors une ménopause chez les groupes alors que les femelles peuvent changer de groupes au cours de leur vie ?
Expériences de l'article
En utilisant les données démographiques des deux populations, ils ont trouvé que le lien de parenté moyen d’une femelle orque avec son groupe local (nommé matriline) augmente avec l'âge pendant la période de reproduction, en raison d'une augmentation de la parenté avec les mâles locaux. En revanche, la parenté moyenne avec les femelles locales reste constante avec l’âge car les femelles naissent dans la matriline et ont donc une grande parenté avec les femmes locales à la naissance. Les mâles vivent très rarement avec leurs propres progénitures. Ils ont comparé trois cas de compétition sexuelle et de fécondité (une chez les primates, une chez les cétacés et une chez d'autres mammifères). Ils en ont découlé que l'accouplement non local des mâles donne des individus qui ne sont pas en concurrence. La non-concurrence permet de maximisation de la fitness pour le sevrage des jeunes. Les jeunes femelles sont avantagées. Ils ont ensuite comparé la survie de la progéniture suivant l'âge de la mère.
En utilisant les données démographiques des deux populations, ils ont trouvé que le lien de parenté moyen d’une femelle orque avec son groupe local (nommé matriline) augmente avec l'âge pendant la période de reproduction, en raison d'une augmentation de la parenté avec les mâles locaux. En revanche, la parenté moyenne avec les femelles locales reste constante avec l’âge car les femelles naissent dans la matriline et ont donc une grande parenté avec les femmes locales à la naissance. Les mâles vivent très rarement avec leurs propres progénitures. Ils ont comparé trois cas de compétition sexuelle et de fécondité (une chez les primates, une chez les cétacés et une chez d'autres mammifères). Ils en ont découlé que l'accouplement non local des mâles donne des individus qui ne sont pas en concurrence. La non-concurrence permet de maximisation de la fitness pour le sevrage des jeunes. Les jeunes femelles sont avantagées. Ils ont ensuite comparé la survie de la progéniture suivant l'âge de la mère.
Résultats de l'article
Ils ont ainsi confirmer les prédictions théoriques antérieures selon lesquelles la parenté locale augmente avec l’âge de la femelle jusqu’à la fin de la reproduction.
Le second résultat est que la sélection naturelle favorise les jeunes femelles qui investissent davantage dans la compétition et qui ont un succès reproductif plus important que les femelles plus âgées (leurs mères) si elles se reproduisent au même moment.
La troisième conclusion, d'une étude faite sur 43 ans, a montré que le taux de mortalité des juvéniles de femelles âgées était 1.7 fois plus grand que celui des juvéniles de femelles jeunes (leurs filles) lorsque les deux générations se reproduisaient au même moment. Les femelles âgées subissent des coûts disproportionnés par rapport aux jeunes femelles, impactant leur progéniture. L'ordre de naissance des juvéniles est aussi important. Un orque naissant en premier aura un taux de mortalité plus important que son frère cadet car il reçoit moins de soins alloparentaux.
Ils ont ainsi confirmer les prédictions théoriques antérieures selon lesquelles la parenté locale augmente avec l’âge de la femelle jusqu’à la fin de la reproduction.
Le second résultat est que la sélection naturelle favorise les jeunes femelles qui investissent davantage dans la compétition et qui ont un succès reproductif plus important que les femelles plus âgées (leurs mères) si elles se reproduisent au même moment.
La troisième conclusion, d'une étude faite sur 43 ans, a montré que le taux de mortalité des juvéniles de femelles âgées était 1.7 fois plus grand que celui des juvéniles de femelles jeunes (leurs filles) lorsque les deux générations se reproduisaient au même moment. Les femelles âgées subissent des coûts disproportionnés par rapport aux jeunes femelles, impactant leur progéniture. L'ordre de naissance des juvéniles est aussi important. Un orque naissant en premier aura un taux de mortalité plus important que son frère cadet car il reçoit moins de soins alloparentaux.
Rigueur de l'article
Leurs études semblent assez complètes, en effet ils se sont basés sur des populations d'orques du Nord et du Sud dans les eaux proche de Washington aux USA. Les individus ont été bien identifiés et ainsi ils n'ont pas pu être confondus. Ils ont étudié les individus sur le long terme entre 1973 et 2015. Le seul problème est le fait de savoir si lorsqu'un individu n'était plus présent l'année d'après, si celui-ci n'avait seulement pas migré dans une autre population (exemple : les mâles). Cependant, les migrations au sein de ses groupes semblent comprises et pas d'actualité.
Leurs études semblent assez complètes, en effet ils se sont basés sur des populations d'orques du Nord et du Sud dans les eaux proche de Washington aux USA. Les individus ont été bien identifiés et ainsi ils n'ont pas pu être confondus. Ils ont étudié les individus sur le long terme entre 1973 et 2015. Le seul problème est le fait de savoir si lorsqu'un individu n'était plus présent l'année d'après, si celui-ci n'avait seulement pas migré dans une autre population (exemple : les mâles). Cependant, les migrations au sein de ses groupes semblent comprises et pas d'actualité.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article recadre le débat pour expliquer pourquoi la ménopause semble toucher particulièrement les cétacés (certains) et les humains. En effet, pour les auteurs, les modèles de conditionnement physique intégrant à la fois les coûts de la fitness pour les conflits de reproduction et les bénéfices de fitness de l'aide apportée à la fin de la vie (bénéfices de la grand-mère et de la mère) peuvent expliquer pourquoi chez les mammifères, la durée de vie post-reproductive prolongée semble avoir évolué uniquement chez l'homme et les odontocètes.
Cet article recadre le débat pour expliquer pourquoi la ménopause semble toucher particulièrement les cétacés (certains) et les humains. En effet, pour les auteurs, les modèles de conditionnement physique intégrant à la fois les coûts de la fitness pour les conflits de reproduction et les bénéfices de fitness de l'aide apportée à la fin de la vie (bénéfices de la grand-mère et de la mère) peuvent expliquer pourquoi chez les mammifères, la durée de vie post-reproductive prolongée semble avoir évolué uniquement chez l'homme et les odontocètes.
Figure
Légende :
Figure : Niveaux prédictifs d’effort concurrentiel et de fécondité
Niveaux prédits d’effort concurrentiel (en rouge) et de fécondité (en bleu) des femmes plus âgées et des plus jeunes dans trois cas différents : (A) le cas «baleine», (B) le cas «singe» et (C) le cas «mammifère typique». Les axes sont dimensionnés de telle sorte qu'un effort concurrentiel moyen de 1 implique une perte totale de la fécondité du groupe, alors qu'une fécondité de 1 correspond à la valeur obtenue en l'absence de concurrence.
Légende :
Figure : Niveaux prédictifs d’effort concurrentiel et de fécondité
Niveaux prédits d’effort concurrentiel (en rouge) et de fécondité (en bleu) des femmes plus âgées et des plus jeunes dans trois cas différents : (A) le cas «baleine», (B) le cas «singe» et (C) le cas «mammifère typique». Les axes sont dimensionnés de telle sorte qu'un effort concurrentiel moyen de 1 implique une perte totale de la fécondité du groupe, alors qu'une fécondité de 1 correspond à la valeur obtenue en l'absence de concurrence.
Publiée il y a plus de 6 ans
par
M. Boisville.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Article : Reproductive conflict and the evolution of menopause in killer-whales
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Comment le maintien d'une période d'infertilité post-reproductive peut-il être sélectionné au cours de l'évolution? Théorie de la grand-mère ou
Autres hypothèses non mutuellement exclusives
Titre de l'article
Le conflit de la reproduction et l'évolution de la ménopause chez les orques.
Le conflit de la reproduction et l'évolution de la ménopause chez les orques.
Introduction à l'article
L'hypothèse de conflit de reproduction prédit une dynamique inhabituelle de parenté chez les humains, les orques ou les globicéphales. Ces espèces sont prédisposées à avoir une cessation de la reproduction précoce pour éviter les conflits reproductifs intergénérationnels (entre mères et filles). Chez les primates, la ménopause peut s'expliquer par le fait que la dispersion de femelles est rare au sein des groupes, les groupes sont fixes, il y a donc peu de femelles qui quittent le groupe pour trouver un nouveau mâle. Cela oblige les vieilles femelles à se ménopauser pour laisser la place aux jeunes femelles. En revanche chez les orques, la plupart du temps , les groupes se font et se délient. Pourquoi y a-t-il alors une ménopause chez les groupes alors que les femelles peuvent changer de groupes au cours de leur vie ?
L'hypothèse de conflit de reproduction prédit une dynamique inhabituelle de parenté chez les humains, les orques ou les globicéphales. Ces espèces sont prédisposées à avoir une cessation de la reproduction précoce pour éviter les conflits reproductifs intergénérationnels (entre mères et filles). Chez les primates, la ménopause peut s'expliquer par le fait que la dispersion de femelles est rare au sein des groupes, les groupes sont fixes, il y a donc peu de femelles qui quittent le groupe pour trouver un nouveau mâle. Cela oblige les vieilles femelles à se ménopauser pour laisser la place aux jeunes femelles. En revanche chez les orques, la plupart du temps , les groupes se font et se délient. Pourquoi y a-t-il alors une ménopause chez les groupes alors que les femelles peuvent changer de groupes au cours de leur vie ?
Expériences de l'article
En utilisant les données démographiques des deux populations, ils ont trouvé que le lien de parenté moyen d’une femelle orque avec son groupe local (nommé matriline) augmente avec l'âge pendant la période de reproduction, en raison d'une augmentation de la parenté avec les mâles locaux. En revanche, la parenté moyenne avec les femelles locales reste constante avec l’âge car les femelles naissent dans la matriline et ont donc une grande parenté avec les femmes locales à la naissance. Les mâles vivent très rarement avec leurs propres progénitures. Ils ont comparé trois cas de compétition sexuelle et de fécondité (une chez les primates, une chez les cétacés et une chez d'autres mammifères). Ils en ont découlé que l'accouplement non local des mâles donne des individus qui ne sont pas en concurrence. La non-concurrence permet de maximisation de la fitness pour le sevrage des jeunes. Les jeunes femelles sont avantagées. Ils ont ensuite comparé la survie de la progéniture suivant l'âge de la mère.
En utilisant les données démographiques des deux populations, ils ont trouvé que le lien de parenté moyen d’une femelle orque avec son groupe local (nommé matriline) augmente avec l'âge pendant la période de reproduction, en raison d'une augmentation de la parenté avec les mâles locaux. En revanche, la parenté moyenne avec les femelles locales reste constante avec l’âge car les femelles naissent dans la matriline et ont donc une grande parenté avec les femmes locales à la naissance. Les mâles vivent très rarement avec leurs propres progénitures. Ils ont comparé trois cas de compétition sexuelle et de fécondité (une chez les primates, une chez les cétacés et une chez d'autres mammifères). Ils en ont découlé que l'accouplement non local des mâles donne des individus qui ne sont pas en concurrence. La non-concurrence permet de maximisation de la fitness pour le sevrage des jeunes. Les jeunes femelles sont avantagées. Ils ont ensuite comparé la survie de la progéniture suivant l'âge de la mère.
Résultats de l'article
Ils ont ainsi confirmer les prédictions théoriques antérieures selon lesquelles la parenté locale augmente avec l’âge de la femelle jusqu’à la fin de la reproduction.
Le second résultat est que la sélection naturelle favorise les jeunes femelles qui investissent davantage dans la compétition et qui ont un succès reproductif plus important que les femelles plus âgées (leurs mères) si elles se reproduisent au même moment.
La troisième conclusion, d'une étude faite sur 43 ans, a montré que le taux de mortalité des juvéniles de femelles âgées était 1.7 fois plus grand que celui des juvéniles de femelles jeunes (leurs filles) lorsque les deux générations se reproduisaient au même moment. Les femelles âgées subissent des coûts disproportionnés par rapport aux jeunes femelles, impactant leur progéniture. L'ordre de naissance des juvéniles est aussi important. Un orque naissant en premier aura un taux de mortalité plus important que son frère cadet car il reçoit moins de soins alloparentaux.
Ils ont ainsi confirmer les prédictions théoriques antérieures selon lesquelles la parenté locale augmente avec l’âge de la femelle jusqu’à la fin de la reproduction.
Le second résultat est que la sélection naturelle favorise les jeunes femelles qui investissent davantage dans la compétition et qui ont un succès reproductif plus important que les femelles plus âgées (leurs mères) si elles se reproduisent au même moment.
La troisième conclusion, d'une étude faite sur 43 ans, a montré que le taux de mortalité des juvéniles de femelles âgées était 1.7 fois plus grand que celui des juvéniles de femelles jeunes (leurs filles) lorsque les deux générations se reproduisaient au même moment. Les femelles âgées subissent des coûts disproportionnés par rapport aux jeunes femelles, impactant leur progéniture. L'ordre de naissance des juvéniles est aussi important. Un orque naissant en premier aura un taux de mortalité plus important que son frère cadet car il reçoit moins de soins alloparentaux.
Rigueur de l'article
Leurs études semblent assez complètes, en effet ils se sont basés sur des populations d'orques du Nord et du Sud dans les eaux proche de Washington aux USA. Les individus ont été bien identifiés et ainsi ils n'ont pas pu être confondus. Ils ont étudié les individus sur le long terme entre 1973 et 2015. Le seul problème est le fait de savoir si lorsqu'un individu n'était plus présent l'année d'après, si celui-ci n'avait seulement pas migré dans une autre population (exemple : les mâles). Cependant, les migrations au sein de ses groupes semblent comprises et pas d'actualité.
Leurs études semblent assez complètes, en effet ils se sont basés sur des populations d'orques du Nord et du Sud dans les eaux proche de Washington aux USA. Les individus ont été bien identifiés et ainsi ils n'ont pas pu être confondus. Ils ont étudié les individus sur le long terme entre 1973 et 2015. Le seul problème est le fait de savoir si lorsqu'un individu n'était plus présent l'année d'après, si celui-ci n'avait seulement pas migré dans une autre population (exemple : les mâles). Cependant, les migrations au sein de ses groupes semblent comprises et pas d'actualité.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article recadre le débat pour expliquer pourquoi la ménopause semble toucher particulièrement les cétacés (certains) et les humains. En effet, pour les auteurs, les modèles de conditionnement physique intégrant à la fois les coûts de la fitness pour les conflits de reproduction et les bénéfices de fitness de l'aide apportée à la fin de la vie (bénéfices de la grand-mère et de la mère) peuvent expliquer pourquoi chez les mammifères, la durée de vie post-reproductive prolongée semble avoir évolué uniquement chez l'homme et les odontocètes.
Cet article recadre le débat pour expliquer pourquoi la ménopause semble toucher particulièrement les cétacés (certains) et les humains. En effet, pour les auteurs, les modèles de conditionnement physique intégrant à la fois les coûts de la fitness pour les conflits de reproduction et les bénéfices de fitness de l'aide apportée à la fin de la vie (bénéfices de la grand-mère et de la mère) peuvent expliquer pourquoi chez les mammifères, la durée de vie post-reproductive prolongée semble avoir évolué uniquement chez l'homme et les odontocètes.
Figure
Figure : Niveaux prédictifs d’effort concurrentiel et de fécondité
Niveaux prédits d’effort concurrentiel (en rouge) et de fécondité (en bleu) des femmes plus âgées et des plus jeunes dans trois cas différents : (A) le cas «baleine», (B) le cas «singe» et (C) le cas «mammifère typique». Les axes sont dimensionnés de telle sorte qu'un effort concurrentiel moyen de 1 implique une perte totale de la fécondité du groupe, alors qu'une fécondité de 1 correspond à la valeur obtenue en l'absence de concurrence.
Figure : Niveaux prédictifs d’effort concurrentiel et de fécondité
Niveaux prédits d’effort concurrentiel (en rouge) et de fécondité (en bleu) des femmes plus âgées et des plus jeunes dans trois cas différents : (A) le cas «baleine», (B) le cas «singe» et (C) le cas «mammifère typique». Les axes sont dimensionnés de telle sorte qu'un effort concurrentiel moyen de 1 implique une perte totale de la fécondité du groupe, alors qu'une fécondité de 1 correspond à la valeur obtenue en l'absence de concurrence.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.