Understanding the fundaments of colony losses and improving the status of colony health will require cross-cutting research initiatives including honeybee pathology, chemistry, genetics and apicultural extension. The 7th framework of the European Union requested research to empirically and experimentally fill knowledge gaps on honeybee pests and diseases, including ’Colony Collapse Disorder’ and the impact of parasites, pathogens and pesticides on honeybee mortality. The interactions among these drivers of colony loss will be studied in different European regions, using experimental model systems including selected parasites (e.g. Nosema and Varroa mites), viruses (Deformed Wing Virus, Black Queen Cell Virus, Israeli Acute Paralysis Virus) and model pesticides (thiacloprid, τ-fluvalinate). Transcriptome analyses will be used to explore host-pathogen-pesticide interactions and identify novel genes for disease resistance. Special attention will be given to sublethal and chronic exposure to pesticides and will screen how apicultural practices affect colony health. Novel diagnostic screening methods and sustainable concepts for disease prevention will be developed resulting in new treatments and selection tools for resistant stock. Research initiatives will be linked to various national and international ongoing European, North- and South-American colony health monitoring and research programs, to ensure a global transfer of results to apicultural practice in the world community of beekeepers.
Titre de la review
Stratégies de recherche pour améliorer la santé des abeilles en Europe
Stratégies de recherche pour améliorer la santé des abeilles en Europe
Résumé de la review
La revue débute par l'impact économique de la perte massive de colonies. Vient ensuite une longue liste de dates auxquelles les pertes ont été importantes et la cause de ces décimations locales semble être l’utilisation de néonicotinoïdes. Les auteurs soutiennent le fait que les interactions parasite-virus-pesticide semblent être la cause principale du déclin des colonies.
La seconde partie traite des concepts de recherche mis en place. La stratégie pour étudier les interactions doit se faire par 2 approches : une approche expérimentale concentrée sur les interactions parasites-pathogènes-pesticides connues ou suspectées, et associées au phénomène CCD (Colony Collapse Disorder) ; une approche de surveillances dynamique pour identifier les associations ou interactions significatives. Ces interactions doivent être étudiées au niveau individuel mais aussi au niveau de la colonie.
Les auteurs font ensuite une description des différents parasites, pathogènes viraux ou bactériens et pesticides intervenant dans ces relations.
On peut voir qu’il existe des interactions entre le Varroa et le DWV, ainsi que des liens entre Nosema spp. et IAPV (Isreal Acute Paralysis Virus) et/ou BQCV (Black Queen Cell Virus). L’IAPV fait partie d’un plus grand complexe d’espèces incluant le KBV (Kashmir Bee Virus) et l’ABPV (Acute Bee Paralysis Virus).
Les auteurs avancent qu’il est essentiel de combiner des études individuelles et des études sur les colonies pour déterminer la virulence et la transmission de l’AFB (American FoulBrood). Cette maladie est la plus significative en apiculture et est causée par la bactérie Paenibacillus larvae.
Le panel de produits agro-chimiques existant est trop important pour tous les tester, il faut donc se focaliser sur les deux principalement utilisés en apiculture, le thiaclopride et le τ−fluvalinate.
La troisième partie aborde les outils et concepts qui permettraient d’améliorer la santé des colonies.
Tout d’abord, il a été démontré que les abeilles possèdent une flore intestinale probiotique unique composée de bactéries (LAB) du genre Bifidobacterium et Lactobacillus qui produisent des composés antibactériens qui sont bénéfiques à leur hôte. Elles peuvent être utilisées pour inhiber l’action de P.larvae.
Dans cette même logique, les auteurs présentent des solutions de lutte biologique qui s’inspirent directement de mécanismes naturels. Il faut envisager l’utilisation de la propolis (résine végétale utilisée comme mortier et anti-infectieux assainissant par les abeilles), de peptides recombinants des abeilles et des thérapies moléculaires adaptées pour contrôler les maladies.
Ils se sont ensuite intéressés à la génomique et à la génétique de la résistance aux maladies. Ils proposent de comparer les gènes immunitaires identifiés chez l’abeille avec des homologues chez d’autres insectes comme la drosophile ou l’anophèle. Ces études pourraient révéler la fonction des cascades de gènes en réponse à diverses conditions environnementales, y compris les facteurs influençant la santé. Ces cascades sont primordiales pour comprendre le contrôle génique du phénotype.
Le programme européen COST et le groupe international COLOSS œuvrent pour faciliter le transfert de la science à l’application et pour une meilleure coordination des recherches. Des standards internationaux vont être développés sous forme d’un BEE BOOK, similaire au « livre rouge des drosophiles ». Enfin, ils insistent sur le fait que le progrès durable dans la prévention des pertes de colonies n’est atteignable qu'en comblant le vide entre les scientifiques et les apiculteurs.
La revue débute par l'impact économique de la perte massive de colonies. Vient ensuite une longue liste de dates auxquelles les pertes ont été importantes et la cause de ces décimations locales semble être l’utilisation de néonicotinoïdes. Les auteurs soutiennent le fait que les interactions parasite-virus-pesticide semblent être la cause principale du déclin des colonies.
La seconde partie traite des concepts de recherche mis en place. La stratégie pour étudier les interactions doit se faire par 2 approches : une approche expérimentale concentrée sur les interactions parasites-pathogènes-pesticides connues ou suspectées, et associées au phénomène CCD (Colony Collapse Disorder) ; une approche de surveillances dynamique pour identifier les associations ou interactions significatives. Ces interactions doivent être étudiées au niveau individuel mais aussi au niveau de la colonie.
Les auteurs font ensuite une description des différents parasites, pathogènes viraux ou bactériens et pesticides intervenant dans ces relations.
On peut voir qu’il existe des interactions entre le Varroa et le DWV, ainsi que des liens entre Nosema spp. et IAPV (Isreal Acute Paralysis Virus) et/ou BQCV (Black Queen Cell Virus). L’IAPV fait partie d’un plus grand complexe d’espèces incluant le KBV (Kashmir Bee Virus) et l’ABPV (Acute Bee Paralysis Virus).
Les auteurs avancent qu’il est essentiel de combiner des études individuelles et des études sur les colonies pour déterminer la virulence et la transmission de l’AFB (American FoulBrood). Cette maladie est la plus significative en apiculture et est causée par la bactérie Paenibacillus larvae.
Le panel de produits agro-chimiques existant est trop important pour tous les tester, il faut donc se focaliser sur les deux principalement utilisés en apiculture, le thiaclopride et le τ−fluvalinate.
La troisième partie aborde les outils et concepts qui permettraient d’améliorer la santé des colonies.
Tout d’abord, il a été démontré que les abeilles possèdent une flore intestinale probiotique unique composée de bactéries (LAB) du genre Bifidobacterium et Lactobacillus qui produisent des composés antibactériens qui sont bénéfiques à leur hôte. Elles peuvent être utilisées pour inhiber l’action de P.larvae.
Dans cette même logique, les auteurs présentent des solutions de lutte biologique qui s’inspirent directement de mécanismes naturels. Il faut envisager l’utilisation de la propolis (résine végétale utilisée comme mortier et anti-infectieux assainissant par les abeilles), de peptides recombinants des abeilles et des thérapies moléculaires adaptées pour contrôler les maladies.
Ils se sont ensuite intéressés à la génomique et à la génétique de la résistance aux maladies. Ils proposent de comparer les gènes immunitaires identifiés chez l’abeille avec des homologues chez d’autres insectes comme la drosophile ou l’anophèle. Ces études pourraient révéler la fonction des cascades de gènes en réponse à diverses conditions environnementales, y compris les facteurs influençant la santé. Ces cascades sont primordiales pour comprendre le contrôle génique du phénotype.
Le programme européen COST et le groupe international COLOSS œuvrent pour faciliter le transfert de la science à l’application et pour une meilleure coordination des recherches. Des standards internationaux vont être développés sous forme d’un BEE BOOK, similaire au « livre rouge des drosophiles ». Enfin, ils insistent sur le fait que le progrès durable dans la prévention des pertes de colonies n’est atteignable qu'en comblant le vide entre les scientifiques et les apiculteurs.
Rigueur de la review
Revue d’une rigueur importante puisque les auteurs se sont basés sur 120 publications pour la réalisation de cet écrit. Cette revue est parue dans Apidologie qui est le journal leader entièrement dévoué à la recherche sur les abeilles et diffusé par EDP Sciences. Cette maison d’édition a plus de 90 ans et a compté parmi ces fondateurs plusieurs Prix Nobel comme Louis de Broglie et Marie Curie.
Revue d’une rigueur importante puisque les auteurs se sont basés sur 120 publications pour la réalisation de cet écrit. Cette revue est parue dans Apidologie qui est le journal leader entièrement dévoué à la recherche sur les abeilles et diffusé par EDP Sciences. Cette maison d’édition a plus de 90 ans et a compté parmi ces fondateurs plusieurs Prix Nobel comme Louis de Broglie et Marie Curie.
Ce que cette review apporte au débat
Cette revue apporte de nouveaux éléments de réponse concernant la lutte contre le varroa, comme l'importance d'étudier le génome de l'abeille pour comprendre son évolution et ses réponses aux conditions environnementales, mais aussi comprendre les mécanismes de l'environnement afin de l'imiter et lutter biologiquement contre les maladies. De plus, l'accent est mis sur les interactions parasites-pathogènes-pesticides qui semblent être la cause première de l'effondrement des colonies. Les auteurs tentent de comprendre la colonie comme une partie d'un tout et non comme une entité solitaire.
Cette revue apporte de nouveaux éléments de réponse concernant la lutte contre le varroa, comme l'importance d'étudier le génome de l'abeille pour comprendre son évolution et ses réponses aux conditions environnementales, mais aussi comprendre les mécanismes de l'environnement afin de l'imiter et lutter biologiquement contre les maladies. De plus, l'accent est mis sur les interactions parasites-pathogènes-pesticides qui semblent être la cause première de l'effondrement des colonies. Les auteurs tentent de comprendre la colonie comme une partie d'un tout et non comme une entité solitaire.
Remarques sur la review
Cette vision plus globale de l'environnement de l'abeille semble être tout à fait adaptée pour mener des études dont les résultats apporteront de vraies réponses dans cette lutte pour la survie d'Apis mellifera.
Cette vision plus globale de l'environnement de l'abeille semble être tout à fait adaptée pour mener des études dont les résultats apporteront de vraies réponses dans cette lutte pour la survie d'Apis mellifera.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.