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Résoudre les relations entre les mammifères placentaires du Paléocène.
Résoudre les relations entre les mammifères placentaires du Paléocène.
Résoudre les liens phylogénétiques entre mammifères placentaires du Paléocène
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Introduction à l'article
La crise Crétacé-Paléogène (-66 Ma) a vu disparaître 75% des espèces terrestres. Les paléontologues considèrent souvent cette période comme le début de "l'âge des mammifères". L'occupation subite de l'espace par les mammifères, leur permettant de se diversifier à grande échelle, a été interprétée comme une radiation adaptative. Cependant, les études macro-évolutionnistes sont limitées par les lacunes dans la phylogénie des euthériens du Paléogène.
Beaucoup de précédentes études optent pour une diversification des mammifères au cours du Crétacé, mais ces études ont exclu les taxons du Paléocène (première ère du Paléogène), période pendant laquelle cette radiation a pu avoir lieu selon la lecture du registre fossile. L'addition des données fossiles a en effet modifié les résultats de beaucoup d'études macro-évolutionnistes. Il est essentiel d'identifier la position phylogénétique des taxons énigmatiques du Paléogène pour comprendre le timing de divergence des ordres existants.
La crise Crétacé-Paléogène (-66 Ma) a vu disparaître 75% des espèces terrestres. Les paléontologues considèrent souvent cette période comme le début de "l'âge des mammifères". L'occupation subite de l'espace par les mammifères, leur permettant de se diversifier à grande échelle, a été interprétée comme une radiation adaptative. Cependant, les études macro-évolutionnistes sont limitées par les lacunes dans la phylogénie des euthériens du Paléogène.
Beaucoup de précédentes études optent pour une diversification des mammifères au cours du Crétacé, mais ces études ont exclu les taxons du Paléocène (première ère du Paléogène), période pendant laquelle cette radiation a pu avoir lieu selon la lecture du registre fossile. L'addition des données fossiles a en effet modifié les résultats de beaucoup d'études macro-évolutionnistes. Il est essentiel d'identifier la position phylogénétique des taxons énigmatiques du Paléogène pour comprendre le timing de divergence des ordres existants.
L’âge des mammifères commence au Paléocène, qui est la période de 10 millions d’années suivant l’extinction de masse de la fin du Crétacé. Au Crétacé, les mammifères étaient majoritairement insectivores, et de petite taille. Suite à l’extinction, on trouve des formes diversifiées (en taille et régime alimentaire). Ceci a mené à l’hypothèse d’une radiation adaptative des mammifères placentaires (MP) post Crétacé, comme le suggère le registre fossile. Les études phylogénétiques semblent montrer que cette radiation s’est effectuée avant l’extinction de masse, mais elles sont limitées car elles n'incluent généralement pas les taxons du Paléocène. Cependant, comme les liens phylogénétiques de nombreux taxons basaux (MP du Paléocène) sont inconnus, une reconstruction robuste de l’origine et de l’évolution précoce des MP est pour le moment impossible. Cette étude vise à reconstruire ces liens, afin d''éclairer sur l'origine de la diversification des mammifères placentaires actuels.
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Expériences de l'article
Dans cette étude a été réalisée une analyse cladistique ayant pour objectif de résoudre les relations de certains groupes énigmatiques d'euthériens. L'inclusion des taxons clés du paléogène est cruciale pour l'analyse de l'évolution de ces clades. Cette étude contient donc une vue d'ensemble de tous le registre fossile des euthériens, ainsi qu'une analyse cladistique pour résoudre les relations au sein du groupes des mammifères placentaires et estimer l'origine de ce groupe.
Concernant l'analyse phylogénétique, 117 taxons euthériens ont été sélectionnés en se basant sur plusieurs critères, avec une préférence pour les membres les plus basaux de chaque lignée. Pur les groupes manquant de fossiles, des taxons actuels ont été sélectionnés. 680 caractères morphologiques ont été testés au total, donnant 2 matrices.
Dans cette étude a été réalisée une analyse cladistique ayant pour objectif de résoudre les relations de certains groupes énigmatiques d'euthériens. L'inclusion des taxons clés du paléogène est cruciale pour l'analyse de l'évolution de ces clades. Cette étude contient donc une vue d'ensemble de tous le registre fossile des euthériens, ainsi qu'une analyse cladistique pour résoudre les relations au sein du groupes des mammifères placentaires et estimer l'origine de ce groupe.
Concernant l'analyse phylogénétique, 117 taxons euthériens ont été sélectionnés en se basant sur plusieurs critères, avec une préférence pour les membres les plus basaux de chaque lignée. Pur les groupes manquant de fossiles, des taxons actuels ont été sélectionnés. 680 caractères morphologiques ont été testés au total, donnant 2 matrices.
Ils font ici une analyse cladistique par maximum de parcimonie :
Le jeu de données comprend 177 genres différents, dont 130 du Paléocène. 680 caractères morphologiques y sont rassemblés, résultant en deux matrices différentes : l’une contenant uniquement des caractères discrets, l’autre mêlant caractères discrets et continus, ayant été discrétisés. Les phylogénies par maximum de parcimonie ont été effectuée grâce au programme TNT, sur les deux matrices, de manière non-contraintes et selon 3 types de contraintes topologiques, basées sur les résultats de précédentes analyses phylogénétiques sur données moléculaires. Ceci a été fait dans le but de remédier au problème des homoplasies, dissimulant les liens entre les mammifères placentaires actuels dans les analyses morphologiques. Les analyses ont conduit à 8 sets de cladogrammes différents.
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Résultats de l'article
L' arbre phylogénétique construits par analyses non contraintes confirme plusieurs groupement déjà établis par des études précédentes, mais certains groupes considérés monophylétiques sont déterminés comme polyphylétiques.
Aucun groupe couronne de placentaires n'a encore été trouvé datant du crétacé, étant donné que certains groupes ce sont avérés être des précurseurs de placentaires, et ne peuvent donc pas être une preuve définitive de l'existence de mammifères placentaires pendant le crétacé.
L' arbre phylogénétique construits par analyses non contraintes confirme plusieurs groupement déjà établis par des études précédentes, mais certains groupes considérés monophylétiques sont déterminés comme polyphylétiques.
Aucun groupe couronne de placentaires n'a encore été trouvé datant du crétacé, étant donné que certains groupes ce sont avérés être des précurseurs de placentaires, et ne peuvent donc pas être une preuve définitive de l'existence de mammifères placentaires pendant le crétacé.
C'est la première étude basée uniquement sur des données morphologiques qui indique la racine des placentaires entre Atlantogenata et Boreoeutheria, comme semble le montrer certaines analyses moléculaires. La polymorphie des condylarthres est corroborée, mais les liens entre taxons du Paléocène restent pour la majorité sans consensus. De manière générale, aucun mammifère faisant partie du groupe couronne des placentaires ne prédate de manière non-ambigüe l'extinction du Crétacé-Paléogène, ce qui ne permet pas de dire que la diversification des placentaires aurait eu lieu avant l’extinction du Crétacé-Paléogène. Leurs résultats ne permettent pas de réfuter la théorie d'une radiation post K-Pg.
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Rigueur de l'article
Les points positifs :
Les nombreux caractères morphologiques utilisés dans les matrices.
La comparaison des résultats (caractères discrets/caractères discrets et continus discrétisés; niveau de contrainte)
Les potentiels biais :
Leur selection d'une majorité de mammifères du Paléocène, contre peu de taxons des autres époques.
L'étude des genres et non des espèces, menant à des combinaisons de caractères collectés sur plusieurs espèces différentes au sein du même genre pour limiter le nombre de données manquantes.
Les points positifs :
Les nombreux caractères morphologiques utilisés dans les matrices.
La comparaison des résultats (caractères discrets/caractères discrets et continus discrétisés; niveau de contrainte)
Les potentiels biais :
Leur selection d'une majorité de mammifères du Paléocène, contre peu de taxons des autres époques.
L'étude des genres et non des espèces, menant à des combinaisons de caractères collectés sur plusieurs espèces différentes au sein du même genre pour limiter le nombre de données manquantes.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article se place pour la théorie communément admise selon laquelle les mammifères ne se sont diversifiés qu'après la crise Crétacé/Tertiaire. Il se base pour ça sur le registre fossile principalement et considère l'importance des taxons d'euthériens du Paléocène.
Cet article se place pour la théorie communément admise selon laquelle les mammifères ne se sont diversifiés qu'après la crise Crétacé/Tertiaire. Il se base pour ça sur le registre fossile principalement et considère l'importance des taxons d'euthériens du Paléocène.
Il ne permet pas de corroborer les etudes moléculaires d'une diversification ayant eu lieu avant l'extinction, et semble indiquer une radiation placentaire post K-Pg.
Titre de l'article
Résoudre les relations entre les mammifères placentaires du Paléocène.
Résoudre les relations entre les mammifères placentaires du Paléocène.
Résoudre les liens phylogénétiques entre mammifères placentaires du Paléocène
Introduction à l'article
La crise Crétacé-Paléogène (-66 Ma) a vu disparaître 75% des espèces terrestres. Les paléontologues considèrent souvent cette période comme le début de "l'âge des mammifères". L'occupation subite de l'espace par les mammifères, leur permettant de se diversifier à grande échelle, a été interprétée comme une radiation adaptative. Cependant, les études macro-évolutionnistes sont limitées par les lacunes dans la phylogénie des euthériens du Paléogène.
Beaucoup de précédentes études optent pour une diversification des mammifères au cours du Crétacé, mais ces études ont exclu les taxons du Paléocène (première ère du Paléogène), période pendant laquelle cette radiation a pu avoir lieu selon la lecture du registre fossile. L'addition des données fossiles a en effet modifié les résultats de beaucoup d'études macro-évolutionnistes. Il est essentiel d'identifier la position phylogénétique des taxons énigmatiques du Paléogène pour comprendre le timing de divergence des ordres existants.
La crise Crétacé-Paléogène (-66 Ma) a vu disparaître 75% des espèces terrestres. Les paléontologues considèrent souvent cette période comme le début de "l'âge des mammifères". L'occupation subite de l'espace par les mammifères, leur permettant de se diversifier à grande échelle, a été interprétée comme une radiation adaptative. Cependant, les études macro-évolutionnistes sont limitées par les lacunes dans la phylogénie des euthériens du Paléogène.
Beaucoup de précédentes études optent pour une diversification des mammifères au cours du Crétacé, mais ces études ont exclu les taxons du Paléocène (première ère du Paléogène), période pendant laquelle cette radiation a pu avoir lieu selon la lecture du registre fossile. L'addition des données fossiles a en effet modifié les résultats de beaucoup d'études macro-évolutionnistes. Il est essentiel d'identifier la position phylogénétique des taxons énigmatiques du Paléogène pour comprendre le timing de divergence des ordres existants.
L’âge des mammifères commence au Paléocène, qui est la période de 10 millions d’années suivant l’extinction de masse de la fin du Crétacé. Au Crétacé, les mammifères étaient majoritairement insectivores, et de petite taille. Suite à l’extinction, on trouve des formes diversifiées (en taille et régime alimentaire). Ceci a mené à l’hypothèse d’une radiation adaptative des mammifères placentaires (MP) post Crétacé, comme le suggère le registre fossile. Les études phylogénétiques semblent montrer que cette radiation s’est effectuée avant l’extinction de masse, mais elles sont limitées car elles n'incluent généralement pas les taxons du Paléocène. Cependant, comme les liens phylogénétiques de nombreux taxons basaux (MP du Paléocène) sont inconnus, une reconstruction robuste de l’origine et de l’évolution précoce des MP est pour le moment impossible. Cette étude vise à reconstruire ces liens, afin d''éclairer sur l'origine de la diversification des mammifères placentaires actuels.
Expériences de l'article
Dans cette étude a été réalisée une analyse cladistique ayant pour objectif de résoudre les relations de certains groupes énigmatiques d'euthériens. L'inclusion des taxons clés du paléogène est cruciale pour l'analyse de l'évolution de ces clades. Cette étude contient donc une vue d'ensemble de tous le registre fossile des euthériens, ainsi qu'une analyse cladistique pour résoudre les relations au sein du groupes des mammifères placentaires et estimer l'origine de ce groupe.
Concernant l'analyse phylogénétique, 117 taxons euthériens ont été sélectionnés en se basant sur plusieurs critères, avec une préférence pour les membres les plus basaux de chaque lignée. Pur les groupes manquant de fossiles, des taxons actuels ont été sélectionnés. 680 caractères morphologiques ont été testés au total, donnant 2 matrices.
Dans cette étude a été réalisée une analyse cladistique ayant pour objectif de résoudre les relations de certains groupes énigmatiques d'euthériens. L'inclusion des taxons clés du paléogène est cruciale pour l'analyse de l'évolution de ces clades. Cette étude contient donc une vue d'ensemble de tous le registre fossile des euthériens, ainsi qu'une analyse cladistique pour résoudre les relations au sein du groupes des mammifères placentaires et estimer l'origine de ce groupe.
Concernant l'analyse phylogénétique, 117 taxons euthériens ont été sélectionnés en se basant sur plusieurs critères, avec une préférence pour les membres les plus basaux de chaque lignée. Pur les groupes manquant de fossiles, des taxons actuels ont été sélectionnés. 680 caractères morphologiques ont été testés au total, donnant 2 matrices.
Ils font ici une analyse cladistique par maximum de parcimonie :
Le jeu de données comprend 177 genres différents, dont 130 du Paléocène. 680 caractères morphologiques y sont rassemblés, résultant en deux matrices différentes : l’une contenant uniquement des caractères discrets, l’autre mêlant caractères discrets et continus, ayant été discrétisés. Les phylogénies par maximum de parcimonie ont été effectuée grâce au programme TNT, sur les deux matrices, de manière non-contraintes et selon 3 types de contraintes topologiques, basées sur les résultats de précédentes analyses phylogénétiques sur données moléculaires. Ceci a été fait dans le but de remédier au problème des homoplasies, dissimulant les liens entre les mammifères placentaires actuels dans les analyses morphologiques. Les analyses ont conduit à 8 sets de cladogrammes différents.
Résultats de l'article
L' arbre phylogénétique construits par analyses non contraintes confirme plusieurs groupement déjà établis par des études précédentes, mais certains groupes considérés monophylétiques sont déterminés comme polyphylétiques.
Aucun groupe couronne de placentaires n'a encore été trouvé datant du crétacé, étant donné que certains groupes ce sont avérés être des précurseurs de placentaires, et ne peuvent donc pas être une preuve définitive de l'existence de mammifères placentaires pendant le crétacé.
L' arbre phylogénétique construits par analyses non contraintes confirme plusieurs groupement déjà établis par des études précédentes, mais certains groupes considérés monophylétiques sont déterminés comme polyphylétiques.
Aucun groupe couronne de placentaires n'a encore été trouvé datant du crétacé, étant donné que certains groupes ce sont avérés être des précurseurs de placentaires, et ne peuvent donc pas être une preuve définitive de l'existence de mammifères placentaires pendant le crétacé.
C'est la première étude basée uniquement sur des données morphologiques qui indique la racine des placentaires entre Atlantogenata et Boreoeutheria, comme semble le montrer certaines analyses moléculaires. La polymorphie des condylarthres est corroborée, mais les liens entre taxons du Paléocène restent pour la majorité sans consensus. De manière générale, aucun mammifère faisant partie du groupe couronne des placentaires ne prédate de manière non-ambigüe l'extinction du Crétacé-Paléogène, ce qui ne permet pas de dire que la diversification des placentaires aurait eu lieu avant l’extinction du Crétacé-Paléogène. Leurs résultats ne permettent pas de réfuter la théorie d'une radiation post K-Pg.
Rigueur de l'article
Les points positifs :
Les potentiels biais :
Les points positifs :
Les potentiels biais :
Ce que cet article apporte au débat
Cet article se place pour la théorie communément admise selon laquelle les mammifères ne se sont diversifiés qu'après la crise Crétacé/Tertiaire. Il se base pour ça sur le registre fossile principalement et considère l'importance des taxons d'euthériens du Paléocène.
Cet article se place pour la théorie communément admise selon laquelle les mammifères ne se sont diversifiés qu'après la crise Crétacé/Tertiaire. Il se base pour ça sur le registre fossile principalement et considère l'importance des taxons d'euthériens du Paléocène.
Il ne permet pas de corroborer les etudes moléculaires d'une diversification ayant eu lieu avant l'extinction, et semble indiquer une radiation placentaire post K-Pg.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.