The conceptual foundations of habitat fragmentation research have not kept pace with empirical advances in our understanding of species responses to landscape change, nor with theoretical advances in the wider disciplines of ecology. There is now real debate whether explicit recognition of ‘ habitat fragmentation ’ as an over-arching conceptual domain will stimulate or hinder further progress toward understanding and mitigating the effects of landscape change. In this paper, we critically challenge the conceptual foundations of the discipline, and attempt to derive an integrated perspective on the best way to advance mechanistic understanding of fragmentation processes. We depict the inherent assumptions underlying the discipline as a ‘ conceptual phase space ’ of contrasting false dichotomies in fragmentation ‘ problem space ’ . In our opinion, the key determinant of whether ‘ habitat fragmentation ’ can remain a cohesive framework lies in the concept of ‘ interdependence ’ : 1) interdependence of landscape effects on species and 2) interdependence of species responses to landscape change. If there is non-trivial interdependence among the various sub-components of habitat fragmentation, or non-trivial interdependence among species responses to landscape change, then there will be real heuristic value in ‘ habitat fragmentation ’ as a single conceptual domain. At present, the current paradigms entrenched in the fragmentation literature are implicitly founded on strict independence of landscape effects (e.g. the debate about the independent effects of habitat
loss versus fragmentation per se) and strict independence of species responses (e.g. the individualistic species response models underpinning landscape continuum models), despite compelling evidence for interdependence in both effects and responses to fragmentation. We discuss how strong ‘ interdependence ’ of effects and responses challenges us to rethink longheld views, and re-cast the conceptual foundations of habitat fragmentation in terms of spatial context-dependence in the effects of multiple interacting spatial components of fragmentation, and community context-dependence in the responses of multiple interacting species to landscape change
Titre de la review
Repenser les fondements conceptuels de la recherche sur la fragmentation des habitats
Repenser les fondements conceptuels de la recherche sur la fragmentation des habitats
Résumé de la review
Les auteurs revoient dans ce papier les concepts à la base les travaux réalisés sur la fragmentation et tentent d’en tirer une approche intégrative permettant de mettre en perspective une meilleure approche du processus de fragmentation.
Les études sur la fragmentation sont nombreuses, et les approches diffèrent en fonction des auteurs (échelles d’étude, méthode, et définition de la fragmentation). Deux points de vue principaux sont opposés : l’indépendance de la fragmentation et de la perte d’habitat (Fahrig, 2003), ou une interdépendance de ces deux facteurs. La réponse des espèces est également scindée en deux catégories : toutes les espèces ont la même réponse à la perturbation (théorie de la biogéographie insulaire), ou chaque espèce à une réponse qui lui est propre. Les différentes approches utilisées considèrent donc des degrés de dépendance des effets de l’habitat et de la réponse des espèces différents (figure 1). Les auteurs proposent une vision plus intégrative, en considérant que chacune des alternatives (indépendance ou interdépendances des variables) ne peuvent pas être généralisables. Cependant, l’interdépendance des effets de la perte d’habitat et de la fragmentation, ainsi que l'interdépendance de la réponse des espèces serait la norme.
Les modèles communément utilisés pour analyser l’effet des différentes composantes modifiant la configuration de l’habitat (perte d’habitat, isolation, etc.) sont des régressions multiples. Ces modèles sont basés sur la dépendance de chacun des effets analysés, et souvent biaisés. En effet, les effets de la fragmentation sont attribués à la variance inter-corrélée alors qu’il est impossible de distinguer à quelle variable attribuer cette variance. Un modèle basé sur une hiérarchisation des effets directs et indirects (modèle d’équation structurelle) permettrait de faire la distinction entre les variables spatiales et de tester des hypothèses concernant le degré de dépendance des variables.
En ce qui concerne la réponse des espèces, les modèles utilisés sont de deux types :
En conclusion, les concepts à la base des travaux réalisés sur la fragmentation ne sont plus à la hauteur des avancées théoriques et empiriques des disciplines de l’écologie. Une vision dichotomique avec la simple interdépendance ou indépendance des variables n’est pas suffisante, et le degré d’interdépendance des effets de l’habitat et de la réponse des espèces doit être jugée empiriquement, au cas par cas. Les auteurs préconisent une vision plus complexe des modèles étudiant la fragmentation, intégrant un contexte spatial dépendant des effets de multiples interactions de moteurs de la fragmentation des habitats, et un contexte des communautés dépendant des réponses au changement de multiples espèces interagissant entre elles.
Les auteurs revoient dans ce papier les concepts à la base les travaux réalisés sur la fragmentation et tentent d’en tirer une approche intégrative permettant de mettre en perspective une meilleure approche du processus de fragmentation.
Les études sur la fragmentation sont nombreuses, et les approches diffèrent en fonction des auteurs (échelles d’étude, méthode, et définition de la fragmentation). Deux points de vue principaux sont opposés : l’indépendance de la fragmentation et de la perte d’habitat (Fahrig, 2003), ou une interdépendance de ces deux facteurs. La réponse des espèces est également scindée en deux catégories : toutes les espèces ont la même réponse à la perturbation (théorie de la biogéographie insulaire), ou chaque espèce à une réponse qui lui est propre. Les différentes approches utilisées considèrent donc des degrés de dépendance des effets de l’habitat et de la réponse des espèces différents (figure 1). Les auteurs proposent une vision plus intégrative, en considérant que chacune des alternatives (indépendance ou interdépendances des variables) ne peuvent pas être généralisables. Cependant, l’interdépendance des effets de la perte d’habitat et de la fragmentation, ainsi que l'interdépendance de la réponse des espèces serait la norme.
Les modèles communément utilisés pour analyser l’effet des différentes composantes modifiant la configuration de l’habitat (perte d’habitat, isolation, etc.) sont des régressions multiples. Ces modèles sont basés sur la dépendance de chacun des effets analysés, et souvent biaisés. En effet, les effets de la fragmentation sont attribués à la variance inter-corrélée alors qu’il est impossible de distinguer à quelle variable attribuer cette variance. Un modèle basé sur une hiérarchisation des effets directs et indirects (modèle d’équation structurelle) permettrait de faire la distinction entre les variables spatiales et de tester des hypothèses concernant le degré de dépendance des variables.
En ce qui concerne la réponse des espèces, les modèles utilisés sont de deux types :
En conclusion, les concepts à la base des travaux réalisés sur la fragmentation ne sont plus à la hauteur des avancées théoriques et empiriques des disciplines de l’écologie. Une vision dichotomique avec la simple interdépendance ou indépendance des variables n’est pas suffisante, et le degré d’interdépendance des effets de l’habitat et de la réponse des espèces doit être jugée empiriquement, au cas par cas. Les auteurs préconisent une vision plus complexe des modèles étudiant la fragmentation, intégrant un contexte spatial dépendant des effets de multiples interactions de moteurs de la fragmentation des habitats, et un contexte des communautés dépendant des réponses au changement de multiples espèces interagissant entre elles.
Rigueur de la review
Cette review semble rigoureuse dans son approche théorique. Cependant, un doute peut être émis sur la possibilité d'appliquer un modèle intégrant autant de variables interdépendantes et d'interactions complexes entre les deux catégories de variables (habitat et espèces). En effet, les résultats d'un tel modèle pourraient être difficiles à analyser et à interpréter.
Cette review semble rigoureuse dans son approche théorique. Cependant, un doute peut être émis sur la possibilité d'appliquer un modèle intégrant autant de variables interdépendantes et d'interactions complexes entre les deux catégories de variables (habitat et espèces). En effet, les résultats d'un tel modèle pourraient être difficiles à analyser et à interpréter.
Ce que cette review apporte au débat
Cette review permet une nouvelle approche intégrative de l'étude de la fragmentation, et identifie les points faibles des approches jusqu'alors utilisées pour étudier les effets de la fragmentation.
Cette review permet une nouvelle approche intégrative de l'étude de la fragmentation, et identifie les points faibles des approches jusqu'alors utilisées pour étudier les effets de la fragmentation.
Figure
Figure 1 - Didham et al., 2012
Diagramme représentant les différentes approches utilisées dans l'étude de la fragmentation.
Le modèle intégratif proposé par les auteurs considère l'interdépendance des effets de l'habitat et l'interdépendance de la réponse espèces comme la norme, mais pas comme généralisable à tous les cas d'étude.
Figure 1 - Didham et al., 2012
Diagramme représentant les différentes approches utilisées dans l'étude de la fragmentation.
Le modèle intégratif proposé par les auteurs considère l'interdépendance des effets de l'habitat et l'interdépendance de la réponse espèces comme la norme, mais pas comme généralisable à tous les cas d'étude.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.