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Titre de l'article

Les dégâts causés par la plongée sous-marine et l'intensité des activités touristiques augmentent la prévalence des maladies chez les coraux.

Introduction à l'article

La plongée sous-marine dans les récifs coralliens est en augmentation notamment dû à la présence d'une grande biodiversité dans ces zones. Dans le même temps, les coraux sont actuellement lourdement menacés par les activités humaines et notamment par la prévalence des maladies due à l'intensification des activités de pêche et des activités touristiques qui causent des dégâts physiques aux coraux.

Cette étude cherche à étudier l'impact de la plongée sous marine sur la prévalence des maladies chez les coraux de l'île de Koh Tao en Thaïlande. Le nombre de plongeurs sur cette île a augmenté de 375% en 11 ans. Actuellement, il existe 50 tours opérateurs avec plus de 300 000 visiteurs par an.

Expériences de l'article

Les données ont été collectées sur les 5 sites les plus visités par les tours opérateurs et les plongeurs (50 visiteurs par jour) et les 5 sites les moins visités (quasiment aucun visiteur). Sur chacun de ces sites, 3 transects de 15mx2m ont été tracés, et sur ces transects, les espèces et les genres, la présence de maladie (blanchissement, érosion du squelette, bandes noires, bandes marrons) et l'état (endommagés, pas de dégâts physiques visibles) de chaque coraux ont été déterminés.

Des analyses de variance multivariées ont été réalisées pour déterminer les différences de coraux malades et endommagés parmi les différents sites et pour les différentes espèces/genres. Ils ont contrôlé l'hétérogénéité des communautés de coraux entre sites pour empêcher de confondre la présence de maladies avec la présence de certains coraux : en effet certaines genres de coraux sont connus pour être très fragiles aux maladies et d'autres d'être très résistants aux maladies.

Résultats de l'article

Des différences significatives ont été détectées dans la proportion de coraux sains entre sites. Les sites les moins visitées comptent en moyenne 78.8% (4516 coraux) de coraux sains contrent 45.2% (5983 coraux) dans les sites très visités par les touristes. La prévalence est de 14.5% sur ces derniers sites contre 5.2% pour les sites peu visités. La présence d'endommagements physiques (nécroses, cassures) est beaucoup plus importante dans les sites très visités (32.3%) que dans les sites peu visités (15.0%). Cependant on ne voit aucune différence de blanchissement, d'infection par les algues, ou de cicatrices causées par les prédateurs entre les deux types de site. Les communautés fortement endommagées sont aussi les plus touchées par les maladies.
D'autre part, le nombre de coraux présents entre les deux types de site n'est pas différent et le nombre de coraux malades n'est pas corrélé à la densité de coraux.

Rigueur de l'article

La méthode consiste en 5 sites différents pour chaque type d'intensité touristique avec une étude de plus de 5000 coraux pour chaque type. La méthode expérimentale permet d'éliminer des facteurs confondants (composition des communautés de coraux, couverture corallienne).

Ce que cet article apporte au débat

Cette étude prouve qu'il y a une forte présence de coraux malades et endommagés dans les sites avec une forte présence de plongeurs. Cela ne peut pas être expliqué par les différences de densité et le type de coraux.

Une des causes qui peut expliquer ces différences est le dommage physique direct réalisé par les plongeurs par contact entre l'équipement de plongée et les coraux.

Une autre cause est le reflux de sédiments causé par les plongeurs et les bateaux qui accompagnent ces derniers. L'augmentation de la turbidité fait remonter les sédiments qui se déposent sur ces coraux ; si ces derniers ont des moyens pour enlever ces sédiments, ces mécanismes sont coûteux en énergie et un reflux trop important peut augmenter la fragilité des coraux face aux maladies, ce qui explique la présence de 12 fois plus de coraux nécrosés dans les zones touristiques.

Un tourisme intensif peut fragiliser les populations de coraux déjà durement impactés par d'autres activités anthropiques.

Figure
Légende :

Localisation des sites de plongée (cercles bleus), des localisations des opérateurs (cercles pointillés noirs), des sites de collecte des coraux à forte pression de plongée (carrés noirs), et à faible pression de plongée (cercles blancs) sur l'île Koh Tao. Les diagrammes représentent le pourcentage de coraux malades (rouge), en mauvaise santé (vert), portant des blessures physiques (jaune) et en bonne santé (bleu) pour les 10 sites d'étude.

Publiée il y a plus de 8 ans par P. Barry et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Article : Scuba diving damage and intensity of tourist activities increases coral disease prevalence
  • 1
  • Auteurs
    Lamb J.B., True J.D., Piromvaragorn S., Willis B.L.
  • Année de publication
    2014
  • Journal
    Biological Conservation
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Recreational diving and snorkeling on coral reefs is one of the fastest growing tourism sectors globally. Damage associated with intensive recreational tourist use has been documented extensively on coral reefs, however other impacts on coral health are unknown. Here, we compare the prevalence of 4 coral diseases and 8 other indicators of compromised coral health at high and low use dive sites around the island of Koh Tao, Thailand. Surveys of 10,499 corals reveal that the mean prevalence of healthy corals at low use sites (79%) was twice that at high use sites (45%). We also found a 3-fold increase in coral disease prevalence at high use sites, as well as significant increases in sponge overgrowth, physical injury, tissue necrosis from sediment, and non-normally pigmented coral tissues. Injured corals were more susceptible to skeletal eroding band disease only at high use sites, suggesting that additional stressors associated with use intensity facilitate disease development. Sediment necrosis of coral tissues was strongly associated with the prevalence of white syndromes, a devastating group of diseases, across all sites. We did not find significant differences in mean levels of coral growth anomalies or black band disease between high and low use sites. Our results suggest that several indicators of coral health increase understanding of impacts associated with rapid tourism development. Identifying practical management strategies, such as spatial management of multiple reef-based activities, is necessary to balance growth of tourism and maintenance of coral reefs.

  • Identifiant unique
    10.1016/j.biocon.2014.06.027
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  • Apparait dans la controverse
    Quels sont les impacts de l’écotourisme sur la biodiversité ?
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