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Titre de l'article

Les ornements sexuels secondaires comme signaux : l'approche du handicap et trois problèmes potentiels.

Introduction à l'article

Le principe du handicap a été suggéré comme modèle expliquant l' évolution des signaux fiables et notamment celle des ornements sexuels secondaires. Le principe du handicap prédit que les ornements sexuels seront des signaux honnêtes de la qualité chez les mâles. Car le coût des ornements pour un tricheur potentiel sera plus grand que celui d'un signaleur honnête, dans une mesure qui rend la tricherie mal adaptée. En conséquence, le coût de l'ornement (l'handicap) doit être lié à la qualité qu'il révèle. Dans cet article l'auteur discute de 3 problèmes de cette approche :
I) Il est difficile de déterminer le coût du handicap et la qualité qu'il révèle.
II) On ne sait pas si les données phylogénétiques peuvent être utilisées pour distinguer le modèle de handicap du modèle d'exploitation sensorielle.
III) La tricherie semble contredire le modèle de handicap.Mais certaines formes de tricherie peuvent être expliquées par le principe de l' handicap.

Expériences de l'article

Il n'y a pas d’expériences dans cet article mais des réflexions sur les trois problèmes cité dans l'introduction. Ces trois problèmes seront discutés dans Expérience et Résultats.
I) Comment déterminer le coup d'un handicap ?
pour tester directement le coup d’un handicap une manipulation expérimentale est nécessaire... Mais le coût est rarement mesuré dans ces expériences. De plus les expériences qui mesurent le coût d’un handicap sont elles vraiment sûres de mesurer celui du bon signal ? Pour vérifier si c'est le cas, il faut montrer quantitativement que le coût observé est suffisamment élevé pour rendre la tricherie inadaptée. Et donc que ce coup à un impact sur la valeur sélective de l'individu de basse qualité. Un coût énergétique d’un signal ne peut à lui seul rendre compte de l'honnêteté d’un signal. Un coût peut être considéré comme handicapant que s'il est suffisamment important pour limiter la taille de l’ornementation.

Résultats de l'article

II) Modèle d'exploitation sensorielle = L'évolution de la préférence féminine a précédé l'évolution du trait masculin ainsi les signaux masculins ont évolué pour exploiter cette préférence des femelles. Les ornements ont évolué simplement parce que les femelles préféraient les mâles ornés indépendamment de leur qualité. 2 problèmes : 1) même si par le passé le trait n'était pas un handicap, on ne peut pas exclure la possibilité qu'il le soit à l'heure actuelle. 2) la phylogénie peut-elle vraiment faire la distinction entre ces deux modèles alternatifs ? La parcimonie ne peut être utilisée comme un critère indépendant pour décider entre des modèles d'équilibres (handicap) et des modèles qui supposent un retard d'évolution. Elle ne peut être utilisée que dans les cas où le taux de changement génétique est connu comme étant un facteur limitant.
III) Il y a une asymétrie des coûts entre les jeunes et les vieux. les asymétries du coût du handicap permettent un certain niveau de tricherie.

Rigueur de l'article

Le seul vrai problème que l'on peut trouver à cet article est un problème inhérent aux articles sur le principe du handicap : c'est-à-dire qu'il y a rarement d’expérience pour étayer les propos des auteurs mais juste des exemples hypothétiques.

Ce que cet article apporte au débat

L'article apporte deux informations importantes aux débats : premièrement qu'il existe des hypothèses alternatives à la sélection de certains traits sexuels comme le modèle de l'exploitation sensoriel, en effet il est possible que dans certains cas le choix d'une femelle pour un partenaire ne soit pas en relation avec la qualité intrinsèque du mâle.
De plus on nous dit que le coût d'un signal est un handicap surtout pour les potentiels tricheurs. Si un signal n'a pas de valeur sélective sur les individus, et ne permet pas de faire la différence entre les individus de bonne et de mauvaise qualité, alors il n'est pas handicapant.

Pour finir que dans le cas du principe du handicap il n'y a pas que la taille de l'ornementation qui est à prendre en compte mais aussi l'âge de l'individu qui peut être sources d'asymétrie des coûts d'un signal. Ces asymétries rendent donc la possibilité de tricherie même au sein du principe du handicap.

Publiée il y a plus de 9 ans par R. Jules.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Article : Secondary sexual ornaments as signals: the handicap approach and three potential problems
  • 1 1
  • Auteurs
    A. Lotem
  • Année de publication
    1993
  • Journal
    Etologia
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Secondary sexual ornaments as signals: the handicap approach and three potential problems.
    Secondary sexual ornaments have recently been discussed in the context of biological signals, and the handicap principle has been suggested as a model explaining their evolution. The handicap principle predicts that at equilibrium, sexual ornaments will be honest signals of the male's quality. This is because the cost of ornaments to a potential cheater (a low quality male) will be greater than to an honest signaler (a high quality male), to an extent that makes cheating maladaptive. Accordingly, the cost of the ornament (the handicap) should be related to the quality it reveals. In the following, I discuss three problems with the handicap approach: I) It is difficult to determine the cost of the handicap and the quality it reveals. Nevertheless, I suggest that it is feasible and is worth doing. II) It is not clear whether phylogenetic data can be used to distinguish between the handicap model and the sensory exploitation model. I suggest that it can be used only under restricted conditions. III) Cheating
    (dishonest signalling) seems to contradict the handicap model. I will try to show, however, that some forms of cheating can be explained by the handicap model.

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