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Débordement des réserves marines et le réapprovisionnement des stocks de pêche
Débordement des réserves marines et le réapprovisionnement des stocks de pêche
Introduction à l'article
La surexploitation menace continuellement les écosystèmes marins du monde entier dont leur capacité à supporter ces menaces devient limitée. La gestion des pêches avec la mise en place de réserves marines où la pêche est interdite semble un outil prometteur pour la conservation des ressources marine au sein des zones protégées (i.e. à petite échelle). Néanmoins, la capacité des aires à protéger indirectement les zones voisines reste plus ambigüe. Si l'abondance augmente au sein des réserves, alors on peut supposer qu'une partie de cette abondance va se déplacer dans les eaux adjacentes (i.e.débordement) où la pêche n'est pas interdite, ce qui compenserait les effets de la surexploitation. Si tel étais le cas, alors les réserves marines interdisant la pêche seraient un outil déterminant pour la gestion de la biodiversité. Dans cette étude, les auteurs cherchent à déterminer en partie si le débordement peut compenser voire permettre de maintenir la pêche au voisinage des réserves marines.
La surexploitation menace continuellement les écosystèmes marins du monde entier dont leur capacité à supporter ces menaces devient limitée. La gestion des pêches avec la mise en place de réserves marines où la pêche est interdite semble un outil prometteur pour la conservation des ressources marine au sein des zones protégées (i.e. à petite échelle). Néanmoins, la capacité des aires à protéger indirectement les zones voisines reste plus ambigüe. Si l'abondance augmente au sein des réserves, alors on peut supposer qu'une partie de cette abondance va se déplacer dans les eaux adjacentes (i.e.débordement) où la pêche n'est pas interdite, ce qui compenserait les effets de la surexploitation. Si tel étais le cas, alors les réserves marines interdisant la pêche seraient un outil déterminant pour la gestion de la biodiversité. Dans cette étude, les auteurs cherchent à déterminer en partie si le débordement peut compenser voire permettre de maintenir la pêche au voisinage des réserves marines.
Expériences de l'article
Dans un premier temps, une synthèse sur 16 réserves -de différents niveaux de gestion- avec des données de débordement et des données biologiques sur 35 groupes taxonomiques associés ont été analysées: abondance, mobilité des espèces, biomasse, ou données de captures en fonction de la distance à la réserve (via des transects). La taille de la réserve ainsi que son âge ont également été répertoriés. Dans un second temps, trois modèles ont été mis en place : déclin exponentiel, déclin linéaire et déclin logistiques. Le modèle qui explique le mieux les données a permit d'estimer le débordement. En l’occurrence, les modèles les mieux adaptés sont le modèle exponentiel et linéaire. L'effet de la taille de la réserve, l'âge et la mobilité sur la distance d'action du débordement a également été testé. En outre, les auteurs ont évalué si la pêche locale peut se maintenir s'il n'y avait pas de réserve marine à côté, et à quel point les réserves compensent les pertes dues à la pêche.
Dans un premier temps, une synthèse sur 16 réserves -de différents niveaux de gestion- avec des données de débordement et des données biologiques sur 35 groupes taxonomiques associés ont été analysées: abondance, mobilité des espèces, biomasse, ou données de captures en fonction de la distance à la réserve (via des transects). La taille de la réserve ainsi que son âge ont également été répertoriés. Dans un second temps, trois modèles ont été mis en place : déclin exponentiel, déclin linéaire et déclin logistiques. Le modèle qui explique le mieux les données a permit d'estimer le débordement. En l’occurrence, les modèles les mieux adaptés sont le modèle exponentiel et linéaire. L'effet de la taille de la réserve, l'âge et la mobilité sur la distance d'action du débordement a également été testé. En outre, les auteurs ont évalué si la pêche locale peut se maintenir s'il n'y avait pas de réserve marine à côté, et à quel point les réserves compensent les pertes dues à la pêche.
Résultats de l'article
L'abondance d'espèces cibles était plus grande au sein des réserves où la pêche est interdite que dans les zones en dehors. Ainsi, avec les modèles, le débordement diminue avec la distance à la réserve (pente négative). Celui-ci est observé dans presque toutes les réserves, même les plus petites (<0.1km²). La distance de détectabilité du débordement a été estimée entre 600 et 800m (jusqu'à 1500m potentiellement), ce qui est consistant avec les observations dans la littérature. Néanmoins, ces distances de débordement relativement faibles ne peuvent préserver à elles seules des stocks entiers de pêche. La taille et l'âge des AMPs ainsi que la mobilité des espèces n'ont pas d'effets sur le débordement et les modèles montrent que 86% des cas de débordement permettent de réapprovisionner des stocks de pêche. De plus, le modèle met en évidence une pêche impossible à maintenir sans la présence d'une réserve marine à côté.
L'abondance d'espèces cibles était plus grande au sein des réserves où la pêche est interdite que dans les zones en dehors. Ainsi, avec les modèles, le débordement diminue avec la distance à la réserve (pente négative). Celui-ci est observé dans presque toutes les réserves, même les plus petites (<0.1km²). La distance de détectabilité du débordement a été estimée entre 600 et 800m (jusqu'à 1500m potentiellement), ce qui est consistant avec les observations dans la littérature. Néanmoins, ces distances de débordement relativement faibles ne peuvent préserver à elles seules des stocks entiers de pêche. La taille et l'âge des AMPs ainsi que la mobilité des espèces n'ont pas d'effets sur le débordement et les modèles montrent que 86% des cas de débordement permettent de réapprovisionner des stocks de pêche. De plus, le modèle met en évidence une pêche impossible à maintenir sans la présence d'une réserve marine à côté.
Rigueur de l'article
Le jeu de données : 16 réserves et 35 groupes taxonomiques semble un peu faible pour dégager une tendance générale sur l'efficacité des aires marines protégées au-delà des aires en elles-même. Néanmoins, les auteurs restent précautionneux à ce sujet notamment dans l'interprétation des résultats.
Le jeu de données : 16 réserves et 35 groupes taxonomiques semble un peu faible pour dégager une tendance générale sur l'efficacité des aires marines protégées au-delà des aires en elles-même. Néanmoins, les auteurs restent précautionneux à ce sujet notamment dans l'interprétation des résultats.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article met en évidence une efficacité des aires marines protégées au-delà de leur délimitation ; les effets positifs sont également détectables au voisinage de celles-ci. En effet, les aires marines protégées où la pêche est interdite permettent, dans cette étude, de compenser les effets de la surexploitation en réapprovisionnant les stocks de poissons dans les zones de pêches. Par conséquent, il y aurait une double efficacité des AMPs en permettant à la fois de 1) conserver la biodiversité, et 2) maintenir les activités de pêche.
Cet article met en évidence une efficacité des aires marines protégées au-delà de leur délimitation ; les effets positifs sont également détectables au voisinage de celles-ci. En effet, les aires marines protégées où la pêche est interdite permettent, dans cette étude, de compenser les effets de la surexploitation en réapprovisionnant les stocks de poissons dans les zones de pêches. Par conséquent, il y aurait une double efficacité des AMPs en permettant à la fois de 1) conserver la biodiversité, et 2) maintenir les activités de pêche.
Publiée il y a plus de 8 ans
par
L. Heitzmann.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Article : Spillover from marine reserves and the replenishment of fished stocks
Titre de l'article
Débordement des réserves marines et le réapprovisionnement des stocks de pêche
Débordement des réserves marines et le réapprovisionnement des stocks de pêche
Introduction à l'article
La surexploitation menace continuellement les écosystèmes marins du monde entier dont leur capacité à supporter ces menaces devient limitée. La gestion des pêches avec la mise en place de réserves marines où la pêche est interdite semble un outil prometteur pour la conservation des ressources marine au sein des zones protégées (i.e. à petite échelle). Néanmoins, la capacité des aires à protéger indirectement les zones voisines reste plus ambigüe. Si l'abondance augmente au sein des réserves, alors on peut supposer qu'une partie de cette abondance va se déplacer dans les eaux adjacentes (i.e.débordement) où la pêche n'est pas interdite, ce qui compenserait les effets de la surexploitation. Si tel étais le cas, alors les réserves marines interdisant la pêche seraient un outil déterminant pour la gestion de la biodiversité. Dans cette étude, les auteurs cherchent à déterminer en partie si le débordement peut compenser voire permettre de maintenir la pêche au voisinage des réserves marines.
La surexploitation menace continuellement les écosystèmes marins du monde entier dont leur capacité à supporter ces menaces devient limitée. La gestion des pêches avec la mise en place de réserves marines où la pêche est interdite semble un outil prometteur pour la conservation des ressources marine au sein des zones protégées (i.e. à petite échelle). Néanmoins, la capacité des aires à protéger indirectement les zones voisines reste plus ambigüe. Si l'abondance augmente au sein des réserves, alors on peut supposer qu'une partie de cette abondance va se déplacer dans les eaux adjacentes (i.e.débordement) où la pêche n'est pas interdite, ce qui compenserait les effets de la surexploitation. Si tel étais le cas, alors les réserves marines interdisant la pêche seraient un outil déterminant pour la gestion de la biodiversité. Dans cette étude, les auteurs cherchent à déterminer en partie si le débordement peut compenser voire permettre de maintenir la pêche au voisinage des réserves marines.
Expériences de l'article
Dans un premier temps, une synthèse sur 16 réserves -de différents niveaux de gestion- avec des données de débordement et des données biologiques sur 35 groupes taxonomiques associés ont été analysées: abondance, mobilité des espèces, biomasse, ou données de captures en fonction de la distance à la réserve (via des transects). La taille de la réserve ainsi que son âge ont également été répertoriés. Dans un second temps, trois modèles ont été mis en place : déclin exponentiel, déclin linéaire et déclin logistiques. Le modèle qui explique le mieux les données a permit d'estimer le débordement. En l’occurrence, les modèles les mieux adaptés sont le modèle exponentiel et linéaire. L'effet de la taille de la réserve, l'âge et la mobilité sur la distance d'action du débordement a également été testé. En outre, les auteurs ont évalué si la pêche locale peut se maintenir s'il n'y avait pas de réserve marine à côté, et à quel point les réserves compensent les pertes dues à la pêche.
Dans un premier temps, une synthèse sur 16 réserves -de différents niveaux de gestion- avec des données de débordement et des données biologiques sur 35 groupes taxonomiques associés ont été analysées: abondance, mobilité des espèces, biomasse, ou données de captures en fonction de la distance à la réserve (via des transects). La taille de la réserve ainsi que son âge ont également été répertoriés. Dans un second temps, trois modèles ont été mis en place : déclin exponentiel, déclin linéaire et déclin logistiques. Le modèle qui explique le mieux les données a permit d'estimer le débordement. En l’occurrence, les modèles les mieux adaptés sont le modèle exponentiel et linéaire. L'effet de la taille de la réserve, l'âge et la mobilité sur la distance d'action du débordement a également été testé. En outre, les auteurs ont évalué si la pêche locale peut se maintenir s'il n'y avait pas de réserve marine à côté, et à quel point les réserves compensent les pertes dues à la pêche.
Résultats de l'article
L'abondance d'espèces cibles était plus grande au sein des réserves où la pêche est interdite que dans les zones en dehors. Ainsi, avec les modèles, le débordement diminue avec la distance à la réserve (pente négative). Celui-ci est observé dans presque toutes les réserves, même les plus petites (<0.1km²). La distance de détectabilité du débordement a été estimée entre 600 et 800m (jusqu'à 1500m potentiellement), ce qui est consistant avec les observations dans la littérature. Néanmoins, ces distances de débordement relativement faibles ne peuvent préserver à elles seules des stocks entiers de pêche. La taille et l'âge des AMPs ainsi que la mobilité des espèces n'ont pas d'effets sur le débordement et les modèles montrent que 86% des cas de débordement permettent de réapprovisionner des stocks de pêche. De plus, le modèle met en évidence une pêche impossible à maintenir sans la présence d'une réserve marine à côté.
L'abondance d'espèces cibles était plus grande au sein des réserves où la pêche est interdite que dans les zones en dehors. Ainsi, avec les modèles, le débordement diminue avec la distance à la réserve (pente négative). Celui-ci est observé dans presque toutes les réserves, même les plus petites (<0.1km²). La distance de détectabilité du débordement a été estimée entre 600 et 800m (jusqu'à 1500m potentiellement), ce qui est consistant avec les observations dans la littérature. Néanmoins, ces distances de débordement relativement faibles ne peuvent préserver à elles seules des stocks entiers de pêche. La taille et l'âge des AMPs ainsi que la mobilité des espèces n'ont pas d'effets sur le débordement et les modèles montrent que 86% des cas de débordement permettent de réapprovisionner des stocks de pêche. De plus, le modèle met en évidence une pêche impossible à maintenir sans la présence d'une réserve marine à côté.
Rigueur de l'article
Le jeu de données : 16 réserves et 35 groupes taxonomiques semble un peu faible pour dégager une tendance générale sur l'efficacité des aires marines protégées au-delà des aires en elles-même. Néanmoins, les auteurs restent précautionneux à ce sujet notamment dans l'interprétation des résultats.
Le jeu de données : 16 réserves et 35 groupes taxonomiques semble un peu faible pour dégager une tendance générale sur l'efficacité des aires marines protégées au-delà des aires en elles-même. Néanmoins, les auteurs restent précautionneux à ce sujet notamment dans l'interprétation des résultats.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article met en évidence une efficacité des aires marines protégées au-delà de leur délimitation ; les effets positifs sont également détectables au voisinage de celles-ci. En effet, les aires marines protégées où la pêche est interdite permettent, dans cette étude, de compenser les effets de la surexploitation en réapprovisionnant les stocks de poissons dans les zones de pêches. Par conséquent, il y aurait une double efficacité des AMPs en permettant à la fois de 1) conserver la biodiversité, et 2) maintenir les activités de pêche.
Cet article met en évidence une efficacité des aires marines protégées au-delà de leur délimitation ; les effets positifs sont également détectables au voisinage de celles-ci. En effet, les aires marines protégées où la pêche est interdite permettent, dans cette étude, de compenser les effets de la surexploitation en réapprovisionnant les stocks de poissons dans les zones de pêches. Par conséquent, il y aurait une double efficacité des AMPs en permettant à la fois de 1) conserver la biodiversité, et 2) maintenir les activités de pêche.
Dernière modification il y a plus de 8 ans.