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Titre de la review

La théorie du soma jetable revisitée: le temps comme ressource dans les théories du vieillissement

Résumé de la review

Cet article est une revue / perspective, proposant que certaines des théories existantes sur le vieillissement pourraient intégrer la notion de temps dans leurs prédictions de l'évolution du vieillissement.

Premièrement, les auteurs présentent des résultats d'études expérimentales indiquant que le temps consacré à la réparation et à la maintenance au cours de chaque cycle cellulaire est positivement corrélé à la durée de vie de l'espèce. Ils mentionnent des résultats confirmant que les espèces animales à vie courte (rongeurs) par rapport à celles à vie longue (comme les humains) ont:

  • Surveillance du génome moins stricte pendant la réplication
  • Réplication et réparation de l'ADN moins fidèles
  • Élimination moins efficace des dommages cellulaires (pas de maintenance des cellules)
  • Point de contrôle G2 ("G2 checkpoint") moins stable, donc un arrêt du cycle cellulaire pour vérifier si la cellule est apte à démarrer sa division moins stable et moins efficace.

Tout ce qui précède est le résultat du temps plus court alloué à chaque cycle cellulaire chez les espèces à vie courte.

Ils utilisent ensuite ces résultats pour proposer que les théories évolutives du vieillissement tiennent compte du fait que le temps dont dispose chaque espèce pour réparer son génome lors de la réplication cellulaire pourrait être un facteur limitant pour éviter la sénescence.
Ils présentent brièvement les principes des théories du soma jetable, du vieillissement quasi-programmé, des radicaux libres et de la théorie reproductive du vieillissement et expliquent comment le temps pourrait être intégré en tant que paramètre dans chacune d’elles.

Rigueur de la review

Les auteurs et le journal sont crédibles et sans conflit d’intérêts. L'idée proposée est intéressante, l'élaboration et l'argumentation sont claires et cohérentes.
Un problème possible de l'article est que les résultats expérimentaux présentés proviennent pour la plupart d'études anciennes et qu'ils n'incluent pas une gamme diversifiée d'organismes. Spécifiquement, ils sont limités aux humains, aux souris, aux rats-taupes nus et à une espèce de poisson.

Ce que cette review apporte au débat

Les auteurs semblent accepter les théories évolutionnistes du vieillissement communes, qui proposent que la sénescence soit un «sous-produit» de la réduction des pressions de sélection avec l'âge et / ou un résultat de les dommages accumulées des cellules, donc elle n’apporte pas elle-même un gain en fitness.
Ils présentent brièvement les principes des théories du soma jetable, du vieillissement quasi-programmé, des radicaux libres et de la théorie reproductive du vieillissement.
Ils ne présentent pas de nouveaux arguments à l'appui d'une théorie spécifique parmi ceux mentionnés, mais ils offrent une vision du temps en tant que ressource qui doit être distribuée aux différentes fonctions de l'organisme, participant ainsi aux compromis ( "trade-offs") possibles au cours de l'évolution du vieillissement.

Publiée il y a plus de 7 ans par E.E. Giaglara et A. Benjamin.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Review : The disposable soma theory revisited: Time as a resource in the theories of aging