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L'écologie de la désextinction: désextinction et évolution
L'écologie de la désextinction: désextinction et évolution
Introduction à l'article
L'application d'un cadre évolutif à toute approche de désextinction est essentielle pour comprendre comment les processus évolutifs régulent la dynamique et les conséquences écologiques des espèces ressuscitées, mais aussi pour mettre en œuvre des projets de désextinction.
Les particularités éco-évolutives des populations ressuscitées seront: (1) la discontinuité des processus biologiques à l'échelle des organismes et des populations ressuscités; (2) la faible diversité génétique initiale inhérente aux voies de désextinction comme le clonage; et (3) la divergence des trajectoires évolutives et environnementales conduisant potentiellement à la mauvaise adaptation des espèces ressuscitées à leur habitat.
La question de la divergence est étroitement liée au temps écoulé entre l’extinction de l’espèce candidate et sa résurrection; les échelles temporelles envisagées pour la désextinction du mammouth laineux (Mammuthus primigenius) sont peut-être les aspects les plus difficiles de ces programmes.
L'application d'un cadre évolutif à toute approche de désextinction est essentielle pour comprendre comment les processus évolutifs régulent la dynamique et les conséquences écologiques des espèces ressuscitées, mais aussi pour mettre en œuvre des projets de désextinction.
Les particularités éco-évolutives des populations ressuscitées seront: (1) la discontinuité des processus biologiques à l'échelle des organismes et des populations ressuscités; (2) la faible diversité génétique initiale inhérente aux voies de désextinction comme le clonage; et (3) la divergence des trajectoires évolutives et environnementales conduisant potentiellement à la mauvaise adaptation des espèces ressuscitées à leur habitat.
La question de la divergence est étroitement liée au temps écoulé entre l’extinction de l’espèce candidate et sa résurrection; les échelles temporelles envisagées pour la désextinction du mammouth laineux (Mammuthus primigenius) sont peut-être les aspects les plus difficiles de ces programmes.
Expériences de l'article
Dans cet article, les auteurs examinent et discutent les extinctions du point de vue de l'évolution et abordent deux questions: les programmes de désextinction pourraient-ils aboutir à des populations viables et autosuffisantes à long terme malgré les facteurs écologiques et évolutifs potentiels limitant leur dynamique, et si tel était le cas, auraient-ils le potentiel évolutif pour rétablir localement les fonctions écologiques perdues dans leur écosystème récepteur ? Autrement dit, la désextinction possède-t-elle le potentiel de réussir à se développer à l’échelle locale ? Ils ont aussi observé si les variations environnementales récentes couplées à une évolution contemporaine étaient susceptibles de générer de fortes divergences entre l'environnement et une population éteinte qui n'a pas eu la possibilité de s'adapter à des changements écologiques anthropiques, à des modifications biotiques en réponse à ces changements ou provoquées par la disparition originelle de l'espèce étudiée.
Dans cet article, les auteurs examinent et discutent les extinctions du point de vue de l'évolution et abordent deux questions: les programmes de désextinction pourraient-ils aboutir à des populations viables et autosuffisantes à long terme malgré les facteurs écologiques et évolutifs potentiels limitant leur dynamique, et si tel était le cas, auraient-ils le potentiel évolutif pour rétablir localement les fonctions écologiques perdues dans leur écosystème récepteur ? Autrement dit, la désextinction possède-t-elle le potentiel de réussir à se développer à l’échelle locale ? Ils ont aussi observé si les variations environnementales récentes couplées à une évolution contemporaine étaient susceptibles de générer de fortes divergences entre l'environnement et une population éteinte qui n'a pas eu la possibilité de s'adapter à des changements écologiques anthropiques, à des modifications biotiques en réponse à ces changements ou provoquées par la disparition originelle de l'espèce étudiée.
Résultats de l'article
Les auteurs estiment qu'il faut étudier la désextinction comme une procédure évolutive se basant sur une manipulation (artificielle) de l’information génétique, bénéfique en termes évolutifs et écologiques.
Le principal avantage s'appuie sur la création de proxies écologiques aux fonctions écologiques similaires à celles de l'espèce autrefois disparue. En effet, "bien que les fonctions et services de la nature puissent être synthétisés, la nature, par définition, ne peut l’être". Même si la diversité fonctionnelle peut toujours être rétablie par le biais de phénomènes évolutifs, les lignées ne peuvent pas être récupérées, mais les populations écologiquement échangeables doivent être considérées comme des unités évolutives distinctes. C'est pour cette raison que, bien que l'Homme soit en passe de ramener à la vie une espèce (ou un substitut) et avec elle son rôle écologique fonctionnel, la perte évolutive associée au déclin initial de l’espèce et à son extinction demeurera irréversible.
Les auteurs estiment qu'il faut étudier la désextinction comme une procédure évolutive se basant sur une manipulation (artificielle) de l’information génétique, bénéfique en termes évolutifs et écologiques.
Le principal avantage s'appuie sur la création de proxies écologiques aux fonctions écologiques similaires à celles de l'espèce autrefois disparue. En effet, "bien que les fonctions et services de la nature puissent être synthétisés, la nature, par définition, ne peut l’être". Même si la diversité fonctionnelle peut toujours être rétablie par le biais de phénomènes évolutifs, les lignées ne peuvent pas être récupérées, mais les populations écologiquement échangeables doivent être considérées comme des unités évolutives distinctes. C'est pour cette raison que, bien que l'Homme soit en passe de ramener à la vie une espèce (ou un substitut) et avec elle son rôle écologique fonctionnel, la perte évolutive associée au déclin initial de l’espèce et à son extinction demeurera irréversible.
Rigueur de l'article
L'ensemble des auteurs de l'article étant affiliés au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris ainsi qu'au Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation qu'il abrite, il n'est nullement besoin de remettre en question la véracité de cette publication. Etant publié dans une revue scientifique disposant d'un facteur d'impact relativement fort (FI = 5,49, en 2016) pour son statut spécialisé dans la compréhension des processus évolutifs (entre autres), cet article occupe une place importante parmi les réflexions scientifiques à propos du concept de désextinction. Enfin, cette publication est le fruit de "l'invitation" de Mr. Philip Seddon, un des plus éminents experts internationaux qui ont été amenés à se questionner au sujet de cette controverse.
L'ensemble des auteurs de l'article étant affiliés au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris ainsi qu'au Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation qu'il abrite, il n'est nullement besoin de remettre en question la véracité de cette publication. Etant publié dans une revue scientifique disposant d'un facteur d'impact relativement fort (FI = 5,49, en 2016) pour son statut spécialisé dans la compréhension des processus évolutifs (entre autres), cet article occupe une place importante parmi les réflexions scientifiques à propos du concept de désextinction. Enfin, cette publication est le fruit de "l'invitation" de Mr. Philip Seddon, un des plus éminents experts internationaux qui ont été amenés à se questionner au sujet de cette controverse.
Ce que cet article apporte au débat
Les auteurs opposent les bénéfices de la désextinction aux potentiels coûts qu'elle pourrait engendrer. En sa faveur, elle serait tout aussi bénéfique que n'importe quel autre phénomène de brassage de populations en restaurant des patrimoines génétiques et des processus évolutifs. Cette action se ferait alors conjointement avec la réapparition de fonctions écologiques perdues. Par exemple, relâcher des éléphants exprimant des gènes de mammouths dans des habitats froids pourrait être un moyen d'étendre la répartition géographique des éléphants au-delà de leurs habitats chauds en déclin.
Opposés à cet optimisme, les coûts évolutifs engendrés par la désextinction seraient à associer aux coûts écologiques. Cela entraînerait des changements éco-évolutifs non-désirés dans le système d'étude, pouvant se répercuter sur des évolutions non souhaitées incontrôlables ainsi qu'une dissémination involontaire de l'espèce si l'écart environnemental entre les habitats initiaux et actuels est grand.
Les auteurs opposent les bénéfices de la désextinction aux potentiels coûts qu'elle pourrait engendrer. En sa faveur, elle serait tout aussi bénéfique que n'importe quel autre phénomène de brassage de populations en restaurant des patrimoines génétiques et des processus évolutifs. Cette action se ferait alors conjointement avec la réapparition de fonctions écologiques perdues. Par exemple, relâcher des éléphants exprimant des gènes de mammouths dans des habitats froids pourrait être un moyen d'étendre la répartition géographique des éléphants au-delà de leurs habitats chauds en déclin.
Opposés à cet optimisme, les coûts évolutifs engendrés par la désextinction seraient à associer aux coûts écologiques. Cela entraînerait des changements éco-évolutifs non-désirés dans le système d'étude, pouvant se répercuter sur des évolutions non souhaitées incontrôlables ainsi qu'une dissémination involontaire de l'espèce si l'écart environnemental entre les habitats initiaux et actuels est grand.
Figure
Légende :
Répartition du temps écoulé depuis l'extinction (échelle logarithmique) pour les espèces candidates à l'extinction (barres blanches, n = 20), par rapport au temps écoulé depuis l'extinction locale de plusieurs programmes de réintroduction en Europe (barres grises, n = 35). Durée médiane depuis l'extinction: 129,5 ans (désextinctions) et 38 ans (réintroductions). THE ECOLOGY OF DE-EXTINCTION: De-extinction and evolution
Légende :
Répartition du temps écoulé depuis l'extinction (échelle logarithmique) pour les espèces candidates à l'extinction (barres blanches, n = 20), par rapport au temps écoulé depuis l'extinction locale de plusieurs programmes de réintroduction en Europe (barres grises, n = 35). Durée médiane depuis l'extinction: 129,5 ans (désextinctions) et 38 ans (réintroductions). THE ECOLOGY OF DE-EXTINCTION: De-extinction and evolution
Publiée il y a plus de 7 ans
par
M. Giraud et P. Charlot.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Article : THE ECOLOGY OF DE-EXTINCTION: De-extinction and evolution
Alexandre Robert, Charles Thévenin, Karine Princé, François Sarrazin, Joanne Clavel
Année de publication
2016
Journal
Functional Ecology
Abstract (dans sa langue originale)
De-extinction, the process of resurrecting extinct species, is in an early stage of scientific implementation. However, its potential to contribute effectively to biodiversity conservation remains unexplored, especially from an evolutionary perspective.
We review and discuss the application of the existing evolutionary conservation framework to potential de-extinction projects. We aim to understand how evolutionary processes can influence the dynamics of resurrected populations and to place de-extinction within micro- and macro-evolutionary conservation perspectives.
In programmes aiming to revive long-extinct species, the most important constraints to the short-term viability of any resurrected population are (i) their intrinsically low evolutionary resilience and (ii) their poor eco-evolutionary experience, in relation to the absence of (co)adaption to biotic and abiotic changes in the recipient environment.
Assuming that some populations of resurrected species can persist locally, they have the potential to bring substantial benefits to biodiversity if the time since initial extinction is short relative to evolutionary dynamics. The restoration of lost genetic information could lead, along with the reinstatement of lost ecological functions, to the restoration of some evolutionary patrimony and processes, such as adaptation and diversification.
However, substantial evolutionary costs might occur, including unintended eco-evolutionary changes in the local system and unintended spread of the species. Further, evolutionary benefits are limited because (i) the use of resurrected populations as ‘evolutionary proxies’ of extinct species is meaningless; (ii) their phylogenetic originality is likely to be limited by the selection of inappropriate candidate species and the fact that the original species might be those for which de-extinction is the most difficult to achieve practically; (iii) the resurrection of a few extinct species does not have the potential to conserve as much evolutionary history as traditional conservation strategies, such as the reduction of ongoing species declines and extinction debts.
De-extinction is a stimulating idea, which is not intrinsically antagonistic to the conservation of evolutionary processes. However, poor choice of candidate species, and most importantly, too long time scales between a species’ extinction and its resurrection are associated with low expected evolutionary benefits and likely unacceptable eco-evolutionary risks.
Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :
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La résurrection d’espèces éteintes et leur introduction dans leurs écosystèmes d’origine : études de cas du Mammouth des steppes et du thylacine. Pour ou
Contre
Titre de l'article
L'écologie de la désextinction: désextinction et évolution
L'écologie de la désextinction: désextinction et évolution
Introduction à l'article
L'application d'un cadre évolutif à toute approche de désextinction est essentielle pour comprendre comment les processus évolutifs régulent la dynamique et les conséquences écologiques des espèces ressuscitées, mais aussi pour mettre en œuvre des projets de désextinction.
Les particularités éco-évolutives des populations ressuscitées seront: (1) la discontinuité des processus biologiques à l'échelle des organismes et des populations ressuscités; (2) la faible diversité génétique initiale inhérente aux voies de désextinction comme le clonage; et (3) la divergence des trajectoires évolutives et environnementales conduisant potentiellement à la mauvaise adaptation des espèces ressuscitées à leur habitat.
La question de la divergence est étroitement liée au temps écoulé entre l’extinction de l’espèce candidate et sa résurrection; les échelles temporelles envisagées pour la désextinction du mammouth laineux (Mammuthus primigenius) sont peut-être les aspects les plus difficiles de ces programmes.
L'application d'un cadre évolutif à toute approche de désextinction est essentielle pour comprendre comment les processus évolutifs régulent la dynamique et les conséquences écologiques des espèces ressuscitées, mais aussi pour mettre en œuvre des projets de désextinction.
Les particularités éco-évolutives des populations ressuscitées seront: (1) la discontinuité des processus biologiques à l'échelle des organismes et des populations ressuscités; (2) la faible diversité génétique initiale inhérente aux voies de désextinction comme le clonage; et (3) la divergence des trajectoires évolutives et environnementales conduisant potentiellement à la mauvaise adaptation des espèces ressuscitées à leur habitat.
La question de la divergence est étroitement liée au temps écoulé entre l’extinction de l’espèce candidate et sa résurrection; les échelles temporelles envisagées pour la désextinction du mammouth laineux (Mammuthus primigenius) sont peut-être les aspects les plus difficiles de ces programmes.
Expériences de l'article
Dans cet article, les auteurs examinent et discutent les extinctions du point de vue de l'évolution et abordent deux questions: les programmes de désextinction pourraient-ils aboutir à des populations viables et autosuffisantes à long terme malgré les facteurs écologiques et évolutifs potentiels limitant leur dynamique, et si tel était le cas, auraient-ils le potentiel évolutif pour rétablir localement les fonctions écologiques perdues dans leur écosystème récepteur ? Autrement dit, la désextinction possède-t-elle le potentiel de réussir à se développer à l’échelle locale ? Ils ont aussi observé si les variations environnementales récentes couplées à une évolution contemporaine étaient susceptibles de générer de fortes divergences entre l'environnement et une population éteinte qui n'a pas eu la possibilité de s'adapter à des changements écologiques anthropiques, à des modifications biotiques en réponse à ces changements ou provoquées par la disparition originelle de l'espèce étudiée.
Dans cet article, les auteurs examinent et discutent les extinctions du point de vue de l'évolution et abordent deux questions: les programmes de désextinction pourraient-ils aboutir à des populations viables et autosuffisantes à long terme malgré les facteurs écologiques et évolutifs potentiels limitant leur dynamique, et si tel était le cas, auraient-ils le potentiel évolutif pour rétablir localement les fonctions écologiques perdues dans leur écosystème récepteur ? Autrement dit, la désextinction possède-t-elle le potentiel de réussir à se développer à l’échelle locale ? Ils ont aussi observé si les variations environnementales récentes couplées à une évolution contemporaine étaient susceptibles de générer de fortes divergences entre l'environnement et une population éteinte qui n'a pas eu la possibilité de s'adapter à des changements écologiques anthropiques, à des modifications biotiques en réponse à ces changements ou provoquées par la disparition originelle de l'espèce étudiée.
Résultats de l'article
Les auteurs estiment qu'il faut étudier la désextinction comme une procédure évolutive se basant sur une manipulation (artificielle) de l’information génétique, bénéfique en termes évolutifs et écologiques.
Le principal avantage s'appuie sur la création de proxies écologiques aux fonctions écologiques similaires à celles de l'espèce autrefois disparue. En effet, "bien que les fonctions et services de la nature puissent être synthétisés, la nature, par définition, ne peut l’être". Même si la diversité fonctionnelle peut toujours être rétablie par le biais de phénomènes évolutifs, les lignées ne peuvent pas être récupérées, mais les populations écologiquement échangeables doivent être considérées comme des unités évolutives distinctes. C'est pour cette raison que, bien que l'Homme soit en passe de ramener à la vie une espèce (ou un substitut) et avec elle son rôle écologique fonctionnel, la perte évolutive associée au déclin initial de l’espèce et à son extinction demeurera irréversible.
Les auteurs estiment qu'il faut étudier la désextinction comme une procédure évolutive se basant sur une manipulation (artificielle) de l’information génétique, bénéfique en termes évolutifs et écologiques.
Le principal avantage s'appuie sur la création de proxies écologiques aux fonctions écologiques similaires à celles de l'espèce autrefois disparue. En effet, "bien que les fonctions et services de la nature puissent être synthétisés, la nature, par définition, ne peut l’être". Même si la diversité fonctionnelle peut toujours être rétablie par le biais de phénomènes évolutifs, les lignées ne peuvent pas être récupérées, mais les populations écologiquement échangeables doivent être considérées comme des unités évolutives distinctes. C'est pour cette raison que, bien que l'Homme soit en passe de ramener à la vie une espèce (ou un substitut) et avec elle son rôle écologique fonctionnel, la perte évolutive associée au déclin initial de l’espèce et à son extinction demeurera irréversible.
Rigueur de l'article
L'ensemble des auteurs de l'article étant affiliés au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris ainsi qu'au Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation qu'il abrite, il n'est nullement besoin de remettre en question la véracité de cette publication. Etant publié dans une revue scientifique disposant d'un facteur d'impact relativement fort (FI = 5,49, en 2016) pour son statut spécialisé dans la compréhension des processus évolutifs (entre autres), cet article occupe une place importante parmi les réflexions scientifiques à propos du concept de désextinction. Enfin, cette publication est le fruit de "l'invitation" de Mr. Philip Seddon, un des plus éminents experts internationaux qui ont été amenés à se questionner au sujet de cette controverse.
L'ensemble des auteurs de l'article étant affiliés au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris ainsi qu'au Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation qu'il abrite, il n'est nullement besoin de remettre en question la véracité de cette publication. Etant publié dans une revue scientifique disposant d'un facteur d'impact relativement fort (FI = 5,49, en 2016) pour son statut spécialisé dans la compréhension des processus évolutifs (entre autres), cet article occupe une place importante parmi les réflexions scientifiques à propos du concept de désextinction. Enfin, cette publication est le fruit de "l'invitation" de Mr. Philip Seddon, un des plus éminents experts internationaux qui ont été amenés à se questionner au sujet de cette controverse.
Ce que cet article apporte au débat
Les auteurs opposent les bénéfices de la désextinction aux potentiels coûts qu'elle pourrait engendrer. En sa faveur, elle serait tout aussi bénéfique que n'importe quel autre phénomène de brassage de populations en restaurant des patrimoines génétiques et des processus évolutifs. Cette action se ferait alors conjointement avec la réapparition de fonctions écologiques perdues. Par exemple, relâcher des éléphants exprimant des gènes de mammouths dans des habitats froids pourrait être un moyen d'étendre la répartition géographique des éléphants au-delà de leurs habitats chauds en déclin.
Opposés à cet optimisme, les coûts évolutifs engendrés par la désextinction seraient à associer aux coûts écologiques. Cela entraînerait des changements éco-évolutifs non-désirés dans le système d'étude, pouvant se répercuter sur des évolutions non souhaitées incontrôlables ainsi qu'une dissémination involontaire de l'espèce si l'écart environnemental entre les habitats initiaux et actuels est grand.
Les auteurs opposent les bénéfices de la désextinction aux potentiels coûts qu'elle pourrait engendrer. En sa faveur, elle serait tout aussi bénéfique que n'importe quel autre phénomène de brassage de populations en restaurant des patrimoines génétiques et des processus évolutifs. Cette action se ferait alors conjointement avec la réapparition de fonctions écologiques perdues. Par exemple, relâcher des éléphants exprimant des gènes de mammouths dans des habitats froids pourrait être un moyen d'étendre la répartition géographique des éléphants au-delà de leurs habitats chauds en déclin.
Opposés à cet optimisme, les coûts évolutifs engendrés par la désextinction seraient à associer aux coûts écologiques. Cela entraînerait des changements éco-évolutifs non-désirés dans le système d'étude, pouvant se répercuter sur des évolutions non souhaitées incontrôlables ainsi qu'une dissémination involontaire de l'espèce si l'écart environnemental entre les habitats initiaux et actuels est grand.
Figure
Répartition du temps écoulé depuis l'extinction (échelle logarithmique) pour les espèces candidates à l'extinction (barres blanches, n = 20), par rapport au temps écoulé depuis l'extinction locale de plusieurs programmes de réintroduction en Europe (barres grises, n = 35). Durée médiane depuis l'extinction: 129,5 ans (désextinctions) et 38 ans (réintroductions). THE ECOLOGY OF DE-EXTINCTION: De-extinction and evolution
Répartition du temps écoulé depuis l'extinction (échelle logarithmique) pour les espèces candidates à l'extinction (barres blanches, n = 20), par rapport au temps écoulé depuis l'extinction locale de plusieurs programmes de réintroduction en Europe (barres grises, n = 35). Durée médiane depuis l'extinction: 129,5 ans (désextinctions) et 38 ans (réintroductions). THE ECOLOGY OF DE-EXTINCTION: De-extinction and evolution
Dernière modification il y a plus de 7 ans.