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Titre de l'article

Le renard arctique en danger en Norvège : échec et succès de l'élevage en captivité et de la réintroduction

Introduction à l'article

Le renard arctique est une espèce de renard vivant dans les pays du nord de l'Europe. La réduction des habitats couplée à la compétition avec le renard roux a entraîné une baisse considérable de l'effectif des populations de renards arctiques. D'autres facteurs ont accentué la baisse des effectifs, notamment le fort taux de mortalité des juvéniles.
Cet article permet une meilleure compréhension des programmes de reproduction en captivité et de réintroduction d'espèces dans le milieu naturel, tout en exposant la difficulté que représente ces programmes.

Expériences de l'article

Le protocole mis en place par l'équipe de recherche s'est divisé en plusieurs phases. Dans un premier temps, il a été nécessaire de capturer des juvéniles. La taille des portées des femelles a fortement influencé le nombre de jeunes récupérés.
Dans un second temps, les renards ont été placés dans des environnements artificiels adéquats à leur maintient en captivité. Les conditions environnementales ont été établies à partir de connaissance préalable de ce qui avait été fait par le passé, sur d'autres espèces de renards.
Une attention particulière a été nécessaire au niveau de la génétique des renards et des couples formés. Afin d'éviter des risques génétiques (dépression), la variance génétique était maximisée.
Une fois reproduits, les nouveaux juvéniles ont été relâchés dans des zones préalablement déterminées.

Résultats de l'article

Durant les deux premières années du programme de reproduction, aucune femelle ne fut en chaleur, probablement dû aux conditions non optimales (stress élevé chez les individus). Des efforts ont été faits afin de réduire le stress des animaux, des reproductions furent ensuite observées. 365 naissances ont eu lieu entre 2006 et 2015.
Au total, :

  • 295 renards ont été relâchés dans 7 endroits différents
  • Ils ont obtenu 84% de succès reproducteur (62 portés sur 74 tentatives)
  • Sur la totalité des individus relâchés, 47 seulement se sont reproduits une fois réintroduits
  • Dix ans après la réintroduction des individus, 50% des naissances dans la nature proviendraient d'individus venant des élevages
Ce que cet article apporte au débat

Cet article est un bon exemple de programme de reproduction et de réintroduction d'espèces. À travers le modèle qu'est le renard arctique, ils nous présentent de manière implicite les grandes difficultés que ce genre de programme doit faire face. En effet, avoir les individus aptes à se reproduire ne suffit pas, ils demandent des conditions idéales pour avoir un succès reproducteur.
Cet exemple de programme montre bien qu'il est possible de réintroduire des espèces de manière durable, car 10 ans après les premières réintroductions, on estime que 50% des naissances proviennent d'individus nés en captivités. De plus, l'aire de répartition du renard augmenterait, l'espèce serait présente dans de nouvelles zones montagneuses.

Publiée il y a plus de 7 ans par M. Boisseau et I. Prigent.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Article : The endangered Arctic fox in Norway—the failure and success of captive breeding and reintroduction
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  • Auteurs
    Arild Landa, Øystein Flagstad, Veronika Areskoug, John D. C. Linnell, Olav Strand, Kristine Roaldsnes Ulvund, Anne-Mathilde Thierry, Lars Rød-Eriksen & Nina E. Eide
  • Année de publication
    2017
  • Journal
    Polar Research
  • Abstract (dans sa langue originale)

    The Arctic fox (Vulpes lagopus L.) is listed as extinct in Finland, endangered in Sweden and critically endangered in Norway. Around 2000 there were only 40–60 adult individuals left, prompting the implementation of conservation actions, including a captive breeding pro- gramme founded from wild-caught pups. The initial breeding trials failed, probably because of stress among captive animals, and the programme was radically changed in 2005. Eight large enclosures within the species’ historical natural habitat were established, which had the positive effect of all pairs breeding in 2007. As of 2015, 385 pups (yearly average 37) were produced. In this ongoing programme, pups are released the winter (January–February) following their birth and have had an average first-year survival of 0.44. The release sites are prepared with artificial dens and a network of supplementary food dispensers, designed to work exclusively for the Arctic fox. After just four to seven years of releases, populations have been effectively re-established in three mountain areas where the species had been locally extinct. One of the newly re-established populations has become the largest popula- tion in Norway. Several other populations, including Swedish ones, have benefited consider- ably from successful immigration of released foxes. The number of wild-born pups that are descendants of released foxes has likely exceeded 600, and in 2014 50% of all free-living breeding pairs in mainland Norway included released foxes or their descendants. The Norwegian Arctic fox captive breeding programme has proven to be an important conserva- tion action for the recovery of the Scandinavian Arctic fox population.

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    Peut-on réintroduire des espèces de manière durable alors que celles-ci ont été élevées en captivité ?
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