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Peut-on réintroduire des espèces de manière durable alors que celles-ci ont été élevées en captivité ?



Cadre, focus et mise au point :

Réintroduire des espèces est un challenge du point de vue de la biologie de la conservation. Les moyens humains et financiers demandés pour de tels projets sont conséquents, aussi est-il très important de s'assurer un maximum de leur viabilité. Les espèces réintroduites peuvent venir soit de l'état sauvage (originaires d'une autre localité de laquelle elles n'ont pas disparues) soit de programmes d'élevages en captivité (zoo, aquarium). La question est donc de savoir si dans le second cas, les programmes de réintroductions parviennent à remplir leurs objectifs (au sens de l'UICN : un taux de survie, un nombre d'individu). L'exemple du Grand Tétras dans les Cévennes est particulièrement parlant : son comportement n'était plus du tout adapté à l'état sauvage, et à présent le plan de réintroduction est abandonné et la population est sur le déclin. Quels sont donc les points faibles de cette méthode ? Est-il possible de les surpasser ?

Publiée il y a plus de 7 ans par Université de Montpellier.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.

La synthèse :

Introduction
Depuis des centaines d'années, l'homme a conduit à la disparition d'espèces animales. De nos jours, l'impact des modifications climatiques engendre également des chutes de diversité locales et régionales. Récemment, l'humanité a pris conscience de l'importance de la biodiversité et des programmes de reproduction en captivité et de réintroduction d'espèces ont été développés. Initialement, les échecs se sont enchaînés, mais au fil des années les programmes ont été améliorés, entre autre, par un suivi scientifique de plus en plus pointu (Philip et al., 2007[1]). Cependant réintroduire des espèces reste un challenge du point de vue de la biologie de la conservation. Les moyens humains et financiers demandés pour de tels projets sont conséquents, aussi est-il très important de s'assurer un maximum de leur efficacité et de leur viabilité sur le long terme. Les espèces réintroduites peuvent venir soit de l'état sauvage (originaires d'une localité dans laquelle elles n'ont pas disparues), on parle de translocation ; soit de programmes d'élevages en captivité (zoo, aquarium...). La question est donc de savoir si dans le second cas, les programmes de réintroductions parviennent à remplir leurs objectifs (au sens de l'UICN : un taux de survie et un nombre d'individu suffisants). L'exemple du Grand Tétra dans les Cévennes est particulièrement parlant : son comportement n'était plus du tout adapté à l'état sauvage, et à présent le plan de réintroduction est abandonné et la population est sur le déclin. Quels sont donc les points faibles de cette méthode ? Est-il possible de les surpasser ? Nous allons présenter les différentes difficultés pouvant nuire au bon déroulement de réintroductions mais aussi les facteurs permettant de les réussir.
La réintroduction de population élevées en captivité est une tache compliquée pour de nombreuses raisons. Tous les programmes mis en œuvre impliquent la capture de juvéniles issus de populations du milieu naturel, comme pour le renard arctique (Landa et al., 2017 [2]) ou le hérisson (Baker et al., 2018[3]), cependant là où la translocation d'individus n'implique pas de reproduction en captivité, la création de générations nées en conditions captives est également possible. Or, il semblerait qu'élever des animaux initialement sauvages entraîne des modifications génétiques (Araki et al., 2007[4]) ou bien comportementales (Mc Douglas et al. 2006[5]) chez les individus, pouvant ensuite conduire à un échec de la réintroduction.

I. Des modifications génétiques
La génétique des populations est le premier obstacle. La consanguinité, tout d'abord, ou un "founder-effect" (si un petit groupe d'individus sont utilisés comme fondateurs, il y a un risque plus élevé de fixer des allèles délétères). Mais plus spécifiquement, la force de la sélection naturelle est nettement relâchée dans les élevages. Étant donné que le but est de faire grandir les effectifs de la population, les individus sont aux maximum gardés en vie et se reproduisent de sorte à garder un très grand pool génétique. De fait, la dérive peut faire son office, et des allèles qui sont habituellement purgés seront ici cumulés dans les génomes (Willoughby et al. 2017[6]).
Des gènes "de captivité" sont également favorisés par une sélection dite "artificielle" (bien qu'involontaire) : qui peuvent se fixer après plusieurs générations en captivité (Slade et al., 2014[7]). Cette modalité de sélection est à la fois rapide, parfois en une génération seulement et cumulative au cours du temps, on parle alors de sélection contemporaine (Christie et al. 2012[8]). Les individus portant ces gènes de captivité ont une probabilité de survie plus faible une fois relâchés dans leur écosystèmes d'origine (Frankham et al., 2007 [9] ; Araki et al., 2007[4]).
Cependant, on peut se demander à quel point la part génétique est importante dans la survie des animaux. La fitness est influencée par la diversité génétique, cela ne signifie pas pour autant que, dans des petites populations réintroduites, leur fitness relativement basse est due à leur génotype. L'influence de la génétique est possiblement négligeable face aux autres problèmes. De plus, dans le cadre de translocation, les gènes des populations importées peuvent également être maladaptés à leur nouvelle zone géographique.

II. Des changements éthologiques
Du point de vue éthologique, le changement de milieu de vie entraîne toujours une modification comportementale des animaux. La question est alors de savoir si les deux phases de changement, capture et libération, ont des conséquences positives ou négatives sur le succès à long terme de la réintroduction. A l'instar d'une perte de diversité génétique qui rend l'adaptation d'une population plus difficile face à un changement d'environnement, l’appauvrissement de la diversité comportementale réduit la durabilité de la réintroduction sur le long terme (Mc Douglas et al., 2006[5] ; Jules et al., 2008[10]). De plus, les différences de comportements entre nés-captifs et nés-sauvages entraînent des biais dans le choix des partenaires sexuels (Slade et al. 2014[7] ; Landa et al. 2017[2]). Il existe aussi un choc suite à la libération qui conduit à un stress fort pour les animaux réintroduits. Les nés-captifs sont généralement plus sensibles à ce choix que les animaux sauvages translocalisés (Baker et al, 2018[3]). Enfin, l'élevage en captivité contracte aussi une lacune dans l''éducation des petits se qui freine le renouveau de la population une fois réintroduite : difficulté à trouver sa nourriture, à se cacher, à survivre à la prédation ou aux compétitions intra-spécifiques... (Landa et al. 2017[2], Jules et al., 2008[10]).
Cependant, sur le moyen-long terme, le comportement captif finit par se fondre avec le comportement sauvage, si le protocole de capture n'est pas trop violent (Fabregas et al., 2015[11]) et si le protocole de réintroduction est adapté, continu et suivi au cours du temps (Landa et al. 2017[2] ; Samojilik et al., 2018[12]). De plus, une part d'inné peut palier le manque d'éducation sur le long terme (Fabregas et al., 2015[11]). Enfin, les animaux présentent une plasticité comportementale qui facilite leur adaptation face à un nouvel environnement (Fabregas et al., 2015[11]).

III. Des changements physiologiques aux risques infectieux
Du point de vue physiologique, si le patrimoine génétique et le type comportemental des animaux élevés en captivité évolue, alors, on peut penser que leur impact s'en ressent au niveau morphologique. D'après Mc Douglas et al. (2006)[5] tout changement comportemental est doublé d'une modification morphologique. Les conséquences évolutives s'enchaînent donc en cascade. Cette théorie est confirmée par les expériences de Slade et al., (2014)[7] qui montrent que la reproduction entre souris nées-captives et nées-sauvages est très peu probable au vue des différences de préférences du partenaire sexuel et des différences de masse corporelle. De plus, il y a aussi un changement morphologique lors de la phase de réintroduction, pas seulement dans la phase de captivité (Baker et al. 2018[3]).
La captivité peut également entraîner la mort d'individus par des maladies infectieuses. Dans le cas des zoos, la proximité des hommes avec les animaux engendrerait l'émergence de maladies chez les individus. Certaines espèces y sont plus sensibles que d'autres, comme pour les amphibiens par exemple (Harding et al., 2015[13]). Dans tous les cas, les captifs sont très sensibles aux maladies (Ballou, 1993[14] ; Jules et al., 2008[10]), ils sont donc un vecteur potentiel vers le milieu sauvage jusqu'alors préservé. De plus, la transmission de maladies dépend des tempéraments animaux. Alors, si les comportements ont évolué, le risque de transmission est d'autant plus élevé (Mc Douglas et al., 2006[5]). C'est pourquoi d'après Ballou et al. (1993)[14], la transmission de maladie et donc la réintroduction d'espèces nées-captives est un risque à prendre seulement en dernier recours.
Des modifications plus fines peuvent survenir comme par exemple la modification du microbiote des individus, pouvant empêcher leur survie une fois relâchés (Wienemann et al., 2011[15]). En effet le microbiote joue un rôle très important pour les individus, il participe à l'immunité ou encore aide l'assimilation de certains nutriments.

IV. L'importance des effectifs
D'autres problèmes rendent les programmes de reproduction et de réintroduction compliqués. Le nombre d'individus impliqués dans les programmes de reproduction joue un rôle fondamental. En effet, pour les espèces les plus menacées, les populations réduites compliquent les programmes de reproduction en captivité. Peu d'individus va conduire à un goulot d'étranglement et entraîner une perte de diversité génétique. Des problèmes de consanguinités peuvent également survenir pour les espèces ne vivant qu'en parc zoologique. Il semblerait que la densité de population influencerait également la fécondité des individus (Ferrer et al., 2014[16]). On observe deux cas : soit la densité de population est élevée et la fécondité diminue soit la densité de population est faible et la fécondité augmente.

Conclusion
Dans beaucoup d'études scientifiques, la reproduction en captivité suivie d'une réintroduction est critiquée. Il semblerait que les effets négatifs soit nombreux et qu'ils puissent nuire à la réussite du programme de réintroduction. La translocation d'espèces sauvages pourrait être une alternative plus durable que la réintroduction d'individus issus de captivité et a déjà fait ses preuves (Griffith et al.,1989 [17]; Jules et al., 2008 [10]; Fisher et Lindenmayer, 2000 [18]). Cependant dans le cas d'espèces éteintes dans le milieu sauvage, la reproduction en captivité ne peut pas être évitée et elle représente le seul espoir pour sauver une espèce (Fabregas et al. 2015 [11]). De plus, il peut être risqué de prélever des individus faisant partie d'une espèce menacée à l'état sauvage pour la réintroduire ailleurs : la population de base s'en verrait affaiblie, et les individus déplacés ne seront pas forcément adaptés à leur nouvel environnement, ce qui rend la réintroduction peu efficace.
Il est également évident que le succès ou l'échec d'un programme de réintroduction à partir d'individus captif dépend énormément de l'espèce étudiée. Au sein même de la classe des oiseaux, on peut observer une énorme différence de succès lors de la réintroduction de populations de rapaces (cas des vautours dans les Alpes ou les Pyrénées, etc) ou bien celle de population de galinacés, qui sont souvent abandonnés faute de résultats probants et durables.

Publiée il y a plus de 7 ans par M. Boisseau.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.

Cette synthèse se base sur 17 références.

Peut-on réintroduire des espèces de manière durable alors que celles-ci ont été élevées en captivité ?
Oui  ou  Non ?



Les leçons de la forêt de Bialowieza sur l'histoire de la protection et la toute première réintroduction d'un grand carnivore.

Article - 2018 - Conservation Biology
Lessons from Białowieża Forest on the history of protection and the world's first reintroduction of a large carnivore
Tomasz Samojlik, Nuria Selva, Piotr Daszkiewicz, Anastasia Fedotova, Adam Wajrak, Dries Pieter Jan Kuijper

Into the wild : La survie, les déplacements, et les changements pondéraux chez le hérisson du désert Paraechinus aethiopicus élevés en captivité, suivant leur réintroduction

Article - 2018 - Journal of Arid Environments
Into the wild: Survival, movement patterns, and weight changes in captive Ethiopian hedgehogs, Paraechinus aethiopicus following their release
Mohammad A. Abu Baker, Luis Alberto Villamil, Nigel Reeve, Christina Karanassos, Hazim Mahtab, Nobuyuki Yamaguchi

Le succès des réintroductions d'espèces : un cas d'étude sur le cerf élaphe au Portugal, deux décennies après sa réintroduction.

Article - 2017 - International Journal of Biodiversity Science, Ecosystem Services & Management
The success of species reintroductions: a case study of red deer in Portugal two decades after reintroduction
Ana Valente, Jorge Valente, Carlos Fonseca, Rita Torres

La réintroduction des rapaces menacés : Une étude de cas sur le nourrissage complémentaire et le prélèvement des oisillons dans les populations sauvages

Article - 2017 - Journal of Applied Ecology
Reintroducing endangered raptors: A case study of supplementary feeding and removal of nestlings from wild populations
Miguel Ferrer, Virginia Morandini, Gerardo Baguena, Ian Newton

La philopatrie chez une population de gypaètes barbus réintroduite dans les Alpes

Article - 2017 - Journal of Ornithology
Philopatry in a reintroduced population of Bearded Vultures Gypaetus barbatus in the Alps
David Jenny, Marc Kéry, Paolo Trotti, Enrico Bassi

Le renard arctique en danger en Norvège : échec et succès de l'élevage en captivité et de la réintroduction

Article - 2017 - Polar Research
The endangered Arctic fox in Norway—the failure and success of captive breeding and reintroduction
Arild Landa, Øystein Flagstad, Veronika Areskoug, John D. C. Linnell, Olav Strand, Kristine Roaldsnes Ulvund, Anne-Mathilde Thierry, Lars Rød-Eriksen & Nina E. Eide

La consanguinité et la sélection conditionnent la diversité génomique dans les populations en captivité : Implications pour la conservation des espèces menacées

Article - 2017 - PLOS ONE
Inbreeding and selection shape genomic diversity in captive populations: Implications for the conservation of endangered species
Janna R. Willoughby, Jamie A. Ivy, Robert C. Lacy, Jacqueline M. Doyle, J. Andrew DeWoody

Le nourrissage complémentaire et l'extraction de juvéniles sauvages ne sont pas une alternative crédible à la réintroduction de gypaètes barbus élevés en captivité.

Article - 2016 - Journal of Applied Ecology
Supplementary feeding and young extraction from the wild are not a sensible alternative to captive breeding for reintroducing bearded vulturesGypaetus barbatus
Antoni Margalida, José M. Martínez, Amaia Gómez de Segura, Maria A. Colomer, Raphaël Arlettaz, David Serrano

Développements dans les programmes d'élevage en captivité et de réintroduction d'amphibiens

Review - 2015 - Conservation biology
Developments in amphibian captive breeding and reintroduction programs
Harding, G., Griffiths, R. A., & Pavajeau, L.

La performance de chasse du tigre de Chine Méridionale né en captivité sur des proies sauvages et son implication pour leur réintroduction

Article - 2015 - Biological Conservation
Hunting performance of captive-born South China tigers (Panthera tigris amoyensis) on free-ranging prey and implications for their reintroduction
María C. Fàbregas, Geoffrey T. Fosgate, Gary M. Koehler

Utilisation de la fécondité densité-dépendante pour récupérer une espèce en voie de disparition : l'exemple du gypaète barbu Gypaetus barbatus

Article - 2014 - Journal of applied ecology
Using manipulation of density-dependent fecundity to recover an endangered species: the bearded vulture Gypaetus barbatus as an example
Ferrer, M., Newton, I., Muriel, R., Báguena, G., Bustamante, J., Martini, M., Morandini, V.

L'accouplement assortatif parmi les animaux d'origine captive et sauvage, étudié à la suite de réintroduction expérimentale

Article - 2014 - Biology Letters
Assortative mating among animals of captive and wild origin following experimental conservation releases
B. Slade, M. L. Parrott, A. Paproth, M. J. L. Magrath, G. R. Gillespie, T. S. Jessop

L'adaptation génétique à la captivité peut apparaitre en une seule génération.

Article - 2012 - Proceedings of the National Academy of Sciences
Genetic adaptation to captivity can occur in a single generation
Mark Christie, Melanie Marine, Rod French, Michael Blouin

Le microbiome bactérien dans les caeca des Grands Tétras (Tetrao urogallus) diffère entre les oiseaux sauvages et captifs

Article - 2011 - Systematic and Applied Microbiology
The bacterial microbiota in the ceca of Capercaillie (Tetrao urogallus) differs between wild and captive birds
Tobias Wienemann, Dirk Schmitt-Wagner, Katja Meuser, Gernot Segelbacher, Bernhard Schink, Andreas Brunea, Peter Bertholdb

Les effets de la captivité sur la survie de carnivores réintroduits dans la nature : une analyse et une synthèse

Article - 2008 - Biological Conservation
The effects of captive experience on reintroduction survival in carnivores: A review and analysis
Kristen R. Jule, Lisa A. Leaver, Stephen E.G. Lea

L'effet génétique de l'élevage en captivité cause un déclin rapide de la fitness lors de la réintroduction d'une espèce dans la nature.

Article - 2007 - F1000 - Post-publication peer review of the biomedical literature
Faculty of 1000 evaluation for Genetic effects of captive breeding cause a rapid, cumulative fitness decline in the wild.
HItoshi Araki, Becky Cooper, Michael Blouin

Développer la science de la biologie de réintroduction

Review - 2007 - conservation biology
Developing the science of reintroduction biology
PHILIP J. SEDDON DOUG P. ARMSTRONG RICHARD F. MALONEY

Adaptation génétique à la captivité dans les programmes de conservation des espèces

Review - 2007 - Molecular Ecology
Genetic adaptation to captivity in species conservation programs
RICHARD FRANKHAM

Conservation de la faune sauvage et comportement animal : causes et conséquences des changements évolutifs sur les individus nés en captivité et réintroduits.

Article - 2006 - Animal Conservation
Wildlife conservation and animal temperament: causes and consequences of evolutionary change for captive, reintroduced, and wild populations
P. T. McDougall, D. Réale, D. Sol, S. M. Reader

Une évaluation des résultats issues de publications de re-localisations d'animaux

Article - 2000 - Biological Conservation
An assessment of the published results of animal relocations
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Impact de l’élevage à la main sur la morphologie et la physiologie du grand Tétras (Tetrao urogallus)

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Impact of hand-rearing on morphology and physiology of the capercaillie (Tetrao urogallus)
Tuija Liukkonen-Anttila, Risto Saartoala, Raimo Hissa

Évaluer les risques de transmission de maladies infectieuses dans les programmes d'élevage et de réintroduction

Article - 1993 - Journal of Zoo and Wildlife Medicine
Assessing the risks of infectious diseases in captive breeding and reintroduction programs
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