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Titre de la review

L'évolution des maladies humaines et l'augmentation des allergies : transitions épidémiologiques.

Résumé de la review

Cette revue traite des « transitions épidémiologiques » humaines. L’augmentation de la prévalence des allergies y est considérée comme la seconde transition épidémiologique, vers des maladies causées par l’Homme à travers son mode de vie. La première transition a eu lieu au néolithique, lors de la sédentarisation et au regroupement des hommes, qui a conduit à une augmentation des maladies infectieuses. On assiste en effet aujourd’hui dans les pays développés à un déclin des maladies infectieuses et une augmentation des maladies non-transmissibles et chroniques.
A l’époque des chasseurs-cueilleurs, les maladies infectieuses avaient deux origines : les pathogènes « hérités » déjà présents chez les ancêtres des hominidés et qui ont co-évolué avec ceux-ci, et les zoonoses.
Parmi les pathogènes, on soupçonne les helminthes d’être « hérités » et d’avoir une longue histoire évolutive avec les humains. Les humains seraient actuellement les hôtes d’une centaine d’espèces d’helminthes différentes.
Les auteurs font la liste des maladies infectieuses qui auraient pu affecter les chasseurs cueilleurs (trypanosomes notamment), tout en soulignant l’importance de connaître les maladies qui ne les affectaient pas, comme les maladies communautaires (grippe, rougeole).
La sédentarisation, qui cause plus de proximité avec les déjections, ainsi que la proximité des animaux d’élevage et les cultures ont été les causes de l’émergence des maladies infectieuses chez l’Homme. Par la suite, dans l’histoire récente, l’installation de colonies de grandes tailles et les échanges intercontinentaux ont favorisé l’installation de maladies infectieuses endémiques et la survenue d’épidémies.
L’industrialisation a par la suite accentué les inégalités, ce qui a créé des conditions favorables pour l’émergence d’autres pathologies. Mais les progrès concomitants de la science et de la médecine on vastement permis de lutter contre les maladies infectieuses. L’augmentation de la longévité et de l’espérance de vie qui en a découlé a permis l’augmentation de la prévalence de maladies chroniques.
De plus, l’explosion de la pollution de l’eau, de l’air et du sol a entraîné l’augmentation de la prévalence de pathologies chroniques non-contagieuses (cancers, maladies respiratoires). Les maladies infectieuses persistent cependant, particulièrement dans les pays en développement mais aussi dans les pays développés ; et parmi elles les infections causées par les helminthes.
L’allergie, ou hypersensibilité, est un exemple de la transition épidémiologique. Les allergies sont plus fréquentes dans les pays développés, davantage dans les zones urbanisées que dans les zones rurales, et dans les pays en développement parmi les catégories sociales supérieures.
L’hypersensibilité serait due à une absence de stimulation du blocage des IgE par les IgG grâce aux helminthes parasites. Une autre hypothèse concernant l’allergie était qu’elle servirait à rejeter les substances mutagènes ou carcinogènes.
Les protozoaires, les helminthes et les allergies sont les trois causes d’un taux élevé d’IgE dans le sérum. Les IgE permettraient de mobiliser les mastocytes, qui par dégranulation attirent les éosinophiles, le système du complément et les IgG, permettant de détruire et expulser les parasites.
Il existerait par ailleurs une prédisposition génétique à de hauts niveaux d’IgE. Cette prédisposition serait retrouvée dans les populations chroniquement exposées aux helminthe et chez leurs descendants.
Outre la prédisposition génétique, ce sont des facteurs environnementaux comme les polluants, le stress, le tabac, la nourriture transformée qui pourrait favoriser le développement d’allergies. De plus, la présence de nuisibles comme les rongeurs ou les arthropodes associée à l’urbanisation pourrait être impliquée ; certains arthropodes étant particulièrement allergènes (acariens, moustiques). La moindre exposition aux parasites est concomitante avec une plus grande exposition à de nouveaux allergènes potentiels.

Rigueur de la review

Cette review est rigoureuse et s'appuie sur de nombreuses références, en prenant en compte les différentes opinions scientifiques et hypothèses.

Ce que cette review apporte au débat

Cette revue permet de comprendre la transition épidémiologique et les différente étapes qui ont mené à l’augmentation de la prévalence des allergies, qui pourrait être du à un mauvais fonctionnement du système immunitaire, qui n’aurait pas eu le temps de s’adapter face à des changements sociétaux rapides.
Cette revue mentionne également qu’il existe un biais dans le recensement des allergies qui est l’amélioration des techniques de détection.

Publiée il y a plus de 7 ans par L. Simon.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Review : The evolution of human disease and the rise of allergy: Epidemiological transitions
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  • Auteurs
    George J. Armelagos, Kathleen Barnes
  • Année de publication
    1999
  • Journal
    Medical Anthropology
  • Abstract (dans sa langue originale)

    The concept of epidemiological transition is expanded to describe the evolution of disease in human populations. A.R. Omran observed that in modern nations pandemics of infections are gradually displaced by degenerative and "man-made diseases." In retrospect, Omran's description is not the first example of an epidemiological transition. The Neolithic represents the initial epidemiological transition with an increase in nutritional and infectious disease. Sedentism, increase in population size and density, domestication of animals created foci of disease. We use the second epidemiological transition to understand the evolution of allergy in human populations. The high level of IgE in humans results in a super sensitivity to foreign proteins. Populations chronically exposed to helminthic parasites display high levels of IgE without any apparent adverse health effects. A blocking antibody provides a checkand-balance mechanism to the IgE-levels. This mechanism was advantageous to both the host and pathogen. Without exposure to helminths there is apparently no IgG-blocking antibody, the built-in controls over the immune response to contact with foreign allergens is lost.

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    La théorie hygiéniste explique-t-elle vraiment l'augmentation de la prévalence d'allergies et de maladie auto-immune dans le monde moderne ?
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