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Titre de la review

Le potentiel prometteur du sauvetage génétique et ses zones d'ombre persistantes.

Résumé de la review

Introduction : Bien que le fait de restaurer un échange de gènes entre populations soit une stratégie prometteuse pour tenter de stopper le déclin et l'extinction des populations, elle est relativement peu utilisée en conservation. Les réticences à l'appliquer viennent majoritairement des craintes à propos de la dépression d'hybridation et de l'homogénéisation génétique. Si l'introduction de nouveaux gènes pour sauver des populations (sauvetage génétique) devrait être utilisé plus souvent, il est nécessaire d'en comprendre pleinement les bénéfices et les risques.

Définition et réalité complexe : La review définit le sauvetage génétique comme "la diminution de la probabilité d'extinction d'une population, mesurée par une augmentation de son taux de croissance due à l'échange de gènes". Si le concept est simple, l'introduction de nouveaux gènes peut avoir multiples conséquences sur la valeur sélective individuelle et la dynamique de la population, comme la dépression d'hybridation. Ces conséquences vont dépendre de l'intensité de la charge génétique de la population "réceptrice", de la composition génétique (allèles bénéfiques, délétères, localement maladaptés...) des individus "source", de l'environnement... L'impact d'une telle introduction est également variable dans le temps à travers les générations.

Zones d'ombre autour du sauvetage génétique :

  • L'amplitude de l'impact : Dans la littérature, l'amplitude de l'impact de l'effet sauvetage génétique sur la valeur sélective. Si des preuves d'amélioration de valeur sélective par sauvetage génétique ont été trouvées par des études en laboratoire et in natura, mais il est difficile dans ces dernières de déterminer la part de contribution de l'introduction de gènes dans l'augmentation de la valeur sélective. De plus, la plupart des études utilisent des populations très consanguines et on ne sait pas évaluer la portée du sauvetage génétique sur des populations moins consanguines.

  • La durée : La plupart des études se concentrent sur les premières et deuxièmes générations (F1 et F2). Si certaines méta-analyses soutiennent que l'effet de sauvetage génétique peut se maintenir au dela de deux générations, et même être plus important sur la troisième génération, elles se basent sur des populations d'invertébrés de laboratoire et ne peuvent donc pas être généralisées. L'abondance que permet d'atteindre le sauvetage génétique devrait se maintenir si les déteriorations d'habitat qui ont causé le déclin de la population sont restaurées.

  • A quand la dépression d'hybridation? :
    Pour essayer de limiter au mieux la dépression d'hybridation quand on introduit de nouveaux gènes il est nécessaire de suivre des directives (notamment de vérifier la divergence de divergence entre les 2 populations). Mais ces directives sont basées sur des études de générations F1 et F2. La dépression d'hybridation peut ne se manifester qu'au delà de ces générations notamment à cause des problèmes d'incompatibilités entre gènes que peut engendrer la recombinaison, et il faut donc réaliser des études à plus long terme.

  • Est - il possible de préserver les lignées natives aux suites d'un sauvetage génétique? : La dilution des allèles de la population native par ceux des nouveaux individus peut constituer un problème puisqu'elle peut éliminer les adaptations de ladite population et la plupart des études montrent que les allèles introduits envahissent facilement et en de grandes proportions. D'autres études de modélisation montrent que l'ampleur du sauvetage génétique serait positivement corrélée à la perte des lignées natives. Il est donc important de réussir à faire le bon compromis entre conservation des lignées ancestrales et ampleur du sauvetage génétique en introduisant le bon nombre de migrants.

Conclusion : Le développement des techniques de génomique devrait permettre d'éclaircir toutes ces zones d'ombre, et permettre un choix minutieux des populations sources lors des projets de sauvetage génétique.

Ce que cette review apporte au débat

Cette review récente (2019) vient compléter efficacement la review de Tallmon et al, 2004 de en montrant que le débat est toujours d'actualité puisqu'il reste énormément de zones d'ombre qui ne empêche de prévoir clairement l'issue d'un sauvetage génétique.

Publiée il y a plus de 6 ans par M. Di liegro.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Review : The Exciting Potential and Remaining Uncertainties of Genetic Rescue
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  • Auteurs
    Bell, D. A., Robinson, Z. L., Funk, W. C., Fitzpatrick, S. W., Allendorf, F. W., Tallmon, D. A., & Whiteley, A. R.
  • Année de publication
    2019
  • Journal
    Trends in ecology & evolution
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Restoring gene flow into small, isolated populations can alleviate genetic load and decrease extinction risk (i.e., genetic rescue), yet gene flow is rarely augmented as a conservation strategy. Due to this discrepancy between opportunity and action, recent call was made for widespread genetic rescue attempts. However, several aspects of augmenting gene flow are poorly understood, including the magnitude and duration of beneficial effects and when deleterious effects are likely to occur. We discuss the remaining uncertainties of genetic rescue in order to promote and direct future research and to hasten progress toward implementing this potentially powerful conservation strategy on a broader scale.

  • Identifiant unique
    https://doi.org/10.1016/j.tree.2019.06.006
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Sauvetage génétique : une solution à long terme pour les populations en déclin ?
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