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Titre de l'article

Les archives fossiles des mammifères Nord-Américains: les preuves d'une radiation évolutive au Paléocène

Introduction à l'article

Pendant longtemps les études sur la radiation des mammifères se sont basées sur des données paléontologiques (identification morphologique des lignées et leur extension stratigraphique) mettant en évidence la radiation des mammifères suite à la crise Crétacé-Tertiaire. Cependant, ces scenarios furent défiés par les études de phylogénies moléculaires. D’une part, ces études proposent de nouveaux ordres phylogénétiques. D’autre part, le concept « d’horloge moléculaire » montre une diversification des euthériens bien avant le Tertiaire, durant le début de Crétacé.

Cet article se consacre à démontrer que les archives fossiles fournissent des preuves aux deux modèles biologiques suivants :

  • Les changements dans le temps du nombre total d'espèces
  • Les changements dans le temps de la distribution des morphologies (ou d'autres attributs) entre ces espèces
Expériences de l'article

La présente étude a consisté à analyser deux ensembles de données afin de décrire les différences entre la faune de mammifères en Amérique du Nord au Crétacé et au Cénozoïque. Le premier jeu de données traite le problème de la diversification taxonomique tandis que le deuxième discute de l'évolution morphologique en termes de distributions de masse corporelle.

Diversité Taxonomique
Les données fauniques utilisées ici sont une compilation de 4015 localités fossilifères mammifères nord-américaines dont l'âge varie entre le Campanien et le Pléistocène tardif. L'ensemble de données comprend 186 sections stratigraphiques, 1196 genres, 3181 espèces et 152 points d'étalonnage géochronologiques.

Disparité Morphologique
Les données comprennent des estimations de la masse corporelle pour 1 543 espèces de mammifères fossiles d'Amérique du Nord fondées sur une compilation les mesures de 15 035 molaires inférieures individuelles

Résultats de l'article

Diversité Taxonomique

  1. La diversité des peuplements régionaux était beaucoup plus faible durant le Crétacé qu'au Cénozoïque
  2. Il y a eu une transition abrupte : La diversité a bondi immédiatement après la limite K-Pg, a atteint un plateau à 55 Ma, puis a fluctué dans des limites relativement étroites.
  3. Les taux d’apparition et d'extinction ont augmenté de façon spectaculaire autour de la limite K-Pg :
  • 0,85 extinctions /espèces/2,5 Ma juste avant 65 Ma
  • 2,19 apparition/espèces/2,5 Ma juste après.

Disparité Morphologique

  1. Les mammifères du Crétacé étaient petits et occupaient une gamme très étroite du spectre de taille
  2. Il y a eu peu de changements dans la faune du Crétacé pendant une période > 10 Ma
  3. Il y a eu un changement brusque de la moyenne, à la limite du K-Pg, qui résultait de l'extinction soudaine de nombreux petits mammifères et du développement de nombreux mammifères de taille moyenne
Ce que cet article apporte au débat

La diversification n'est donc pas un processus lent et régulier: le Paléocène le plus ancien a été témoin d'un immense rayonnement évolutif qui n'a jamais été égalé dans l'histoire des mammifères

En conclusion, à la fois en termes de diversité taxonomique et de distribution de la masse corporelle, le plus important rayonnement évolutif de mammifères ne s'est pas produit au Crétacé mais dans le premier Cénozoïque

Remarques sur l'article

Cette étude ne prend en compte que le registre Nord-Américain. Cependant ce dernier est relativement complet et bien étudié tant pour le Crétacé tardif que par tout le Cénozoïque

Publiée il y a plus de 8 ans par J. Elsan et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 8 ans.
Article : The Fossil Record of North American Mammals: Evidence for a Paleocene Evolutionary Radiation
  • 2 1
  • Auteurs
    John Alroy, P. Waddell
  • Année de publication
    1999
  • Journal
    Systematic Biology
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Paleontologists long have argued that the most important evolutionary radiation of mammals occurred during the early Cenozoic, if not that all eutherians originated from a single common post-Cretaceous ancestor. Nonetheless, several recent molecular analyses claim to show that because several interordinal splits occurred during the Cretaceous, a major therian radiation was then underway. This claim conflicts with statistical evidence from the well-sampled latest Cretaceous and Cenozoic North American fossil record. Paleofaunal data confirm that there were fewer mammalian species during the latest Cretaceous than during any interval of the Cenozoic, and that a massive diversification took place during the early Paleocene, immediately after a mass extinction. Measurement data show that Cretaceous mammals were on average small and occupied a narrow range of body sizes; after the Cretaceous-Tertiary mass extinction, there was a rapid and permanent shift in the mean. The fact that there was an early Cenozoic mammalian radiation is entirely compatible with the existence of a few Cretaceous splits among modern mammal lineages.

  • Identifiant unique
    10.1080/106351599260472
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Origine et diversification des mammifères placentaires : avant ou après la crise Crétacé-Paléogène  ?
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