Organisms can greatly affect their environments, and the feedback coupling between
organisms and their environments can shape the evolution of both. Beyond these generally accepted
facts, the Gaia hypothesis advances three central propositions: (1) that biologically mediated feedbacks
contribute to environmental homeostasis, (2) that they make the environment more suitable for
life, and (3) that such feedbacks should arise by Darwinian natural selection. These three propositions
do not fare well under close scrutiny. (1) Biologically mediated feedbacks are not intrinsically
homeostatic. Many of the biological mechanisms that affect global climate are destabilizing, and it
is likely that the net effect of biological feedbacks will be to amplify, not dampen, global warming.
(2) Nor do biologically mediated feedbacks necessarily enhance the environment, although it will
often appear as if this were the case, simply because natural selection will favor organisms that do
well in their environments – which means doing well under the conditions that they and their cooccurring
species have created. (3) Finally, Gaian feedbacks can evolve by natural selection, but so
can anti-Gaian feedbacks. Daisyworld models evolve Gaian feedback because they assume that any
trait that improves the environment will also give a reproductive advantage to its carriers (over other
organisms that share the same environment). In the real world, by contrast, natural selection favors
any trait that gives its carriers a reproductive advantage over its non-carriers, whether it improves or
degrades the environment (and thereby benefits or hinders its carriers and non-carriers alike). Thus
Gaian and anti-Gaian feedbacks are both likely to evolve.
Titre de la review
L'Hypothèse Gaïa : fait, théorie, et vœu pieux.
L'Hypothèse Gaïa : fait, théorie, et vœu pieux.
Résumé de la review
J. W. Kirchner commence par reprendre les différentes formes de l’Hypothèse Gaïa (HG) et remet en cause la pertinence scientifique de certaines d’entre elles pour préciser le cadre de la controverse. Il critique également le concept d’homéostasie tel que décrit dans l’HG, l’idée d’amélioration des conditions de l’environnement par et « pour » les êtres vivants (EV) et les tentatives d’intégration de la sélection naturelle (notamment à l’aide du modèle Daisyworld). L’auteur affirme vouloir ouvrir un dialogue sur cette théorie controversée (les détracteurs ne prenant généralement pas la peine de répondre à l’HG) qu’il estime néanmoins intéressante (idée que la « bienfaisance » de la Nature est le résultat inévitable des interactions des organismes avec l’environnement). En amont de sa critique, Kirchner rappelle que les EV doivent s’adapter à leur environnement pour survivre. Sous cette contrainte, on peut s’attendre à ce que l’environnement nous apparaisse favorable à la vie, indépendamment de la validité de l’HG. Pour lui, à travers ses différentes formes, l’HG va de théories scientifiques admises jusqu’à des notions métaphoriques voire téléologiques. Les formes « faibles » de l’HG ne font que reprendre des mécanismes précédemment connus (influence des E.V. sur l’environnement, forme de « co-évolution » entre les deux) notamment via la biogéochimie et les « fortes » (superorganisme, optimisation du milieu par et pour les EV) correspondent à des métaphores hors du champ du scientifique, non réfutables. Kirchner cadre la controverse autour d’une forme intermédiaire qu’il appelle « Gaïa Homéostatique » : les interactions biosphère – atmosphère sont dominées par des rétroactions négatives stabilisant l’environnement global. Cette hypothèse est testable bien que des exemples montrent que les EV peuvent déstabiliser l’environnement e.g. boucles de rétroactions positives favorisant le réchauffement climatique, données paléoclimatiques suggérant des amplifications vers un état plus chaud ou plus froid via des rétroactions positives impliquant les EV. Concernant l’ « amélioration » des conditions environnementales, Kirchner souligne une confusion des promoteurs de l’HG : le fait que les écosystèmes fournissent des services environnementaux aux EV ne veut pas dire que l’environnement soit adapté à leurs besoins. En effet, les EV peuvent être sélectionnés dans des conditions qu’ils ont eux-mêmes créés. Ex. les arbres en forêt tropicale humide via leur transpiration créaient un microclimat chaud et humide favorables aux organismes adaptés à ce type de climat particulier. La forêt n’a donc pas créé des conditions qui lui sont favorables mais elle s’est simplement adaptée aux conditions qu’elle a elle-même généré. Enfin, Kirchner reconnaît que l’HG soulève une question importante : comment expliquer la persistance des conditions favorables aux formes de vie complexes au cours des temps géologiques ? Le modèle Daisyworld initialement proposé par J. Lovelock montre que la sélection naturelle peut conduire au maintien de conditions stables et favorables aux EV à l’échelle globale via des mécanismes de rétroaction. Dans ce modèle la température peut être stabilisée via la sélection de fleurs noires ou blanches faisant varier l’albédo. Pour Kirchner, Daisyworld ne fait que mettre en évidence une possibilité théorique (la sélection naturelle mène à un système auto-régulé près de l’optimum biologique des espèces) loin des conditions de la réalité. De plus, la couleur des fleurs n’est pas sélectionnée en fonction du bénéfice global (température stable) mais parce que ce bénéfice coïncide avec un avantage reproductif des individus. Des traits qui améliorent ou dégradent l’environnement sont sélectionnés dans la mesure où ils confèrent avantage reproductif. Kirchner conclue en disant que l’HG montre l’importance décisive d’appréhender la complexité du système Terre face au changement climatique.
J. W. Kirchner commence par reprendre les différentes formes de l’Hypothèse Gaïa (HG) et remet en cause la pertinence scientifique de certaines d’entre elles pour préciser le cadre de la controverse. Il critique également le concept d’homéostasie tel que décrit dans l’HG, l’idée d’amélioration des conditions de l’environnement par et « pour » les êtres vivants (EV) et les tentatives d’intégration de la sélection naturelle (notamment à l’aide du modèle Daisyworld). L’auteur affirme vouloir ouvrir un dialogue sur cette théorie controversée (les détracteurs ne prenant généralement pas la peine de répondre à l’HG) qu’il estime néanmoins intéressante (idée que la « bienfaisance » de la Nature est le résultat inévitable des interactions des organismes avec l’environnement). En amont de sa critique, Kirchner rappelle que les EV doivent s’adapter à leur environnement pour survivre. Sous cette contrainte, on peut s’attendre à ce que l’environnement nous apparaisse favorable à la vie, indépendamment de la validité de l’HG. Pour lui, à travers ses différentes formes, l’HG va de théories scientifiques admises jusqu’à des notions métaphoriques voire téléologiques. Les formes « faibles » de l’HG ne font que reprendre des mécanismes précédemment connus (influence des E.V. sur l’environnement, forme de « co-évolution » entre les deux) notamment via la biogéochimie et les « fortes » (superorganisme, optimisation du milieu par et pour les EV) correspondent à des métaphores hors du champ du scientifique, non réfutables. Kirchner cadre la controverse autour d’une forme intermédiaire qu’il appelle « Gaïa Homéostatique » : les interactions biosphère – atmosphère sont dominées par des rétroactions négatives stabilisant l’environnement global. Cette hypothèse est testable bien que des exemples montrent que les EV peuvent déstabiliser l’environnement e.g. boucles de rétroactions positives favorisant le réchauffement climatique, données paléoclimatiques suggérant des amplifications vers un état plus chaud ou plus froid via des rétroactions positives impliquant les EV. Concernant l’ « amélioration » des conditions environnementales, Kirchner souligne une confusion des promoteurs de l’HG : le fait que les écosystèmes fournissent des services environnementaux aux EV ne veut pas dire que l’environnement soit adapté à leurs besoins. En effet, les EV peuvent être sélectionnés dans des conditions qu’ils ont eux-mêmes créés. Ex. les arbres en forêt tropicale humide via leur transpiration créaient un microclimat chaud et humide favorables aux organismes adaptés à ce type de climat particulier. La forêt n’a donc pas créé des conditions qui lui sont favorables mais elle s’est simplement adaptée aux conditions qu’elle a elle-même généré. Enfin, Kirchner reconnaît que l’HG soulève une question importante : comment expliquer la persistance des conditions favorables aux formes de vie complexes au cours des temps géologiques ? Le modèle Daisyworld initialement proposé par J. Lovelock montre que la sélection naturelle peut conduire au maintien de conditions stables et favorables aux EV à l’échelle globale via des mécanismes de rétroaction. Dans ce modèle la température peut être stabilisée via la sélection de fleurs noires ou blanches faisant varier l’albédo. Pour Kirchner, Daisyworld ne fait que mettre en évidence une possibilité théorique (la sélection naturelle mène à un système auto-régulé près de l’optimum biologique des espèces) loin des conditions de la réalité. De plus, la couleur des fleurs n’est pas sélectionnée en fonction du bénéfice global (température stable) mais parce que ce bénéfice coïncide avec un avantage reproductif des individus. Des traits qui améliorent ou dégradent l’environnement sont sélectionnés dans la mesure où ils confèrent avantage reproductif. Kirchner conclue en disant que l’HG montre l’importance décisive d’appréhender la complexité du système Terre face au changement climatique.
Rigueur de la review
Bien que la review ait été bien construite (arguments et références pertinents) l'auteur se pose d’emblée en opposition à l'Hypothèse Gaïa. Son objectivité (comme celles des promoteurs de Gaïa) peut être remise en cause. Kirchner par de là la discussion scientifique pourrait être tenté de critiquer les croyances de J. Lovelock qui lui paraissent sous-jacentes et passer outre un réel apport scientifique de l'HG.
Bien que la review ait été bien construite (arguments et références pertinents) l'auteur se pose d’emblée en opposition à l'Hypothèse Gaïa. Son objectivité (comme celles des promoteurs de Gaïa) peut être remise en cause. Kirchner par de là la discussion scientifique pourrait être tenté de critiquer les croyances de J. Lovelock qui lui paraissent sous-jacentes et passer outre un réel apport scientifique de l'HG.
Ce que cette review apporte au débat
Cette review apporte d'abord un cadre précis à la controverse et incite les promoteurs de l'HG à repréciser leurs théories pouvant apparaître confuses.
Kirchner détaille les différents points de l'HG qui pour lui posent problème en expliquant pourquoi :
1) Les EV peuvent être à l'origine d'une déstabilisation globale de l'environnement via des rétroactions positives et pas seulement d'une stabilisation. 2) Le fait que les écosystèmes fournissent des services environnementaux aux EV ne veut pas dire que l’environnement soit adapté à leurs besoins. 3) Le modèle Daisyworld utilisé pour justifier l'HG au regard de la sélection naturelle ne fait que montrer une possibilité théorique éloignée de la réalité. Des traits qui améliorent ou dégradent l’environnement sont sélectionnés seulement dans la mesure où ils confèrent avantage reproductif à l'individu et non parce qu'ils provoquent un bénéfice général pour les EV.
Cette review apporte d'abord un cadre précis à la controverse et incite les promoteurs de l'HG à repréciser leurs théories pouvant apparaître confuses.
Kirchner détaille les différents points de l'HG qui pour lui posent problème en expliquant pourquoi :
1) Les EV peuvent être à l'origine d'une déstabilisation globale de l'environnement via des rétroactions positives et pas seulement d'une stabilisation. 2) Le fait que les écosystèmes fournissent des services environnementaux aux EV ne veut pas dire que l’environnement soit adapté à leurs besoins. 3) Le modèle Daisyworld utilisé pour justifier l'HG au regard de la sélection naturelle ne fait que montrer une possibilité théorique éloignée de la réalité. Des traits qui améliorent ou dégradent l’environnement sont sélectionnés seulement dans la mesure où ils confèrent avantage reproductif à l'individu et non parce qu'ils provoquent un bénéfice général pour les EV.
Remarques sur la review
Kirchner a lui-même participé à l'élaboration de l'HG avant de s'en détacher.
Kirchner a lui-même participé à l'élaboration de l'HG avant de s'en détacher.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.