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Titre de la review

Le cycle géologique des plastiques et leur utilisation comme indicateur stratigraphique de l'Anthropocène

Résumé de la review

L’Anthropocène est un concept selon lequel la période actuelle est dominée par l’être humain et les produits industriels artificiels, dont le plastique. Le plastique est une substance composé de polymères organiques lourds fabriquée depuis plus d’un siècle. Bien que le plastique puisse être à base de cellulose, la majorité provient de l’industrie pétrochimique. Semblant être incontournable, la production du plastique est aujourd’hui de l’ordre de 300 millions de tonnes par an, sachant que la majorité du plastique produit jusqu’à présent est toujours dans les environnements, aussi bien terrestres que marins. Si le plastique s’est si facilement et largement répandu c’est parce qu’il s’agit d’un matériaux léger, dur et résistant à la décomposition et à la plupart des attaques chimiques. Qui plus est, outre les macroplastiques, visibles à l’œil nu, il y a également de nombreux microplastiques invisibles un peu partout. Sur terre, outre les cultures qui en font une utilisation croissante, le plastique se retrouve surtout concentrés autour des décharges, où ils sont massivement enfouis plutôt que recyclés. Les plastiques se retrouvent aussi autour des routes, sous forme de microplastiques puisque fractionnés par leur exposition aux éléments, et enfouis au niveau des lignes de télécommunications. Les plastiques atteignent également les lacs et les rivières, de par le vent, les fortes pluies ou les eaux de ruissellement. En plus d’être présents dans l’eau, les plastiques se déposent également dans le fonds, se mêlant aux sédiments. Par l’intermédiaire des cours d’eau, mais également via le tourisme et les navires, les plastiques atteignent le domaine marin. Sur les côtes, bien qu’étant un matériel inerte, les plastiques ont un fort impact environnemental, puisque pouvant contenir des toxines. Ils peuvent donc faire des ravages parmi les populations animales côtière lorsqu’ils sont ingérés, sachant que certaines côtes contiennent >2000 objets en plastique par km. Concernant l’océan à proprement parler, le phénomène le plus connu et le plus interpellant est la « grande zone de d’ordures du Pacifique », aussi connue sous le nom de « continent » de plastique. Une étude a reporter que ceci représente plus de 5000 milliards de pièces de plastique pour une poids avoisinant les 250 000 tonnes. Ces débris sont principalement constitué de polypropylène et polyéthylène, qui sont le plus souvent à usage unique. Ce « continent » a une ampleur telle qu’il abrite une faune micorbienne complexe appelée « plastisphère », qui est complètement différente des autres faunes retrouvées au large. Ces plastiques forment donc une nouvelle niche écologiques pour ces organismes particuliers. Les fonds marins ne sont pas épargnés non plus. Dans des plaines abyssales situées à plus de 5000m de profondeur, près de 2000 à 4000 particules de microplastiques par m² sont retrouvées. Ces particules sont disséminées partout, même loin des côtes. Elles sont transportées de par leur faible masse, mais aussi par l’intermédiaire du plancton et du reste de la chaine trophique. Tubeau et al. (2015) ont également démontré que le fond NW de la Méditerranée est composé à 72 % de macroplastiques. Cette étude a aussi démontré que certains canyon à plus de 1000m de profondeur comportent entre 8000 et 15 000 objets/km², avec un maximum de 167 540 objets/km². La longévité de tous ces objets plastiques est encore assez mal connue à l’heure actuelle, bien que leur durée de vie soit assez importante à l’échelle humaine. Cependant, il apparaît que ces objets pourrait être dégradés chimiquement ou biologiquement, notamment via des bactéries qui dépolymérisent le plastique. Cependant, les basses températures et la faible quantité d’UV arrivant au fond de l’océan serait de bonnes conditions de conservation pour le plastique. Tous ces objets pourraient également constituer plus tard des « techno-fossiles » mais leur distribution inégale en ferait de mauvais outils chronostratigraphiques.

Rigueur de la review

La qualité de cette review ne semble pas faire de doutes, étant donné le nombre d'auteurs, leurs origines et compétences diverses, ainsi que le nombre et la variété de références bibliographiques. Cependant, à remarquer tout de même que la revue dans laquelle elle est parue s'appelle "Anthropocène". Ceci laisse supposer que les papiers qui y figures sont tout de même assez orientés dans le sens où l'être humain a un impact plus important sur l'environnement que ce qu'on pense. De même, l'un des financement de ce travail a été fourni par le Natural Environment Research Council. Il est donc peut être envisageable que ceci ai légèrement influencer les résultats de cette review.

Ce que cette review apporte au débat

Cette review permet de faire le point sur la quantité d'objets plastiques présents dans l'environnement. Elle permet de mieux se rendre compte de l'ampleur de ce phénomène et d'avoir une idée un peu plus concrète de ce que cela représente. Les résultats trouvés dans la littératures et mis en avant par ce papier confirment bien que la situation actuelle est interpellante et, semble-t-il, sur la mauvaise pente. Cependant, elle permet aussi d'ouvrir les yeux sur d'autres réalités un peu plus "optimistes": nouvelle niche écologique pour la "plastisphère", futurs fossiles potentiels...

Remarques sur la review

Bien que les auteurs et les résultats présentés soit d'origines diverses, la majorité des auteurs, de même que la quasi exclusivité de leurs financements, proviennent du Royaume-Uni.

Publiée il y a plus de 7 ans par gdevillet.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Review : The geological cycle of plastics and their use as a stratigraphic indicator of the Anthropocene
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  • Auteurs
    Jan Zalasiewicz, Colin N. Waters, Juliana A. Ivar do Sul, Patricia L. Corcoran, Anthony D. Barnosky, Alejandro Cearreta, Matt Edgeworth, Agnieszka Gałuszka, Catherine Jeandel, Reinhold Leinfelder, J.R. McNeill, Will Steffen, Colin Summerhayes, Michael Wagreich, Mark Williams, Alexander P. Wolfe, Yasmin Yonan
  • Année de publication
    2016
  • Journal
    Anthropocene
  • Identifiant unique
    10.1016/j.ancene.2016.01.002
  • Accès libre
    Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Le plastique est-il une des principales menaces environnementales actuelles?
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