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Titre de la review

L'immunologie de l'épidémie d'allergie et l'hypothèse d'hygiène.

Résumé de la review

La sensibilité allergique ou atopie est marquée par la présence d'anticorps spécifiques anti-immunoglobulines E (IgE) à l'allergène. Chez les personnes sensibles, l'exposition à des allergènes peut provoquer des maladies telles que l'asthme, le rhume des foins, etc. La prévalence de la sensibilisation allergique et des maladies associées est maintenant beaucoup plus élevée qu’elle ne l’était, et était déjà observée en 1976 par Gerrard, qui suggère déjà que "les allergies sont le prix payé par des individus pour l'absence de maladies dues aux virus, bactéries et helminthes". Le terme "hypothèse de l'hygiène" émerge en 1989 quand Strachan proposa que "les allergies étaient entravées lors de l'enfance par les infections transmises par contact avec les frères et soeur, ou infections prénatales acquise par la mère en contact avec ses enfants". Cette théorie fut supportée par une étude allemande, et confirmée par des études sur les souris : les infections virales, bactériales et helminthiques ou même l'exposition à des pathogènes morts peut profondément affecter la sensibilité aux maladies ; mais toutes les infections ne protègent pas des allergies.

Dans les pays occidentaux les allergies sont 20 fois plus nombreuses que dans les pays pauvres. Les changements associés au mode de vie occidental (peu d'activité physique et régime pauvre en fibres et riche en sucres/graisses menant à l'obésité, l'exposition à des allergènes par les acariens et cafards) influencent la composition et la diversité du micro biome intestinal, nasal et épithélial et, bien souvent, le degré global de diversité du micro biome est réduit. Par conséquent, les hypothèses alternatives des "vieux amis" et de la "biodiversité" ont été proposées, et suggèrent que l'augmentation des allergies est due à une perte de relation symbiotique avec des parasites et bactéries qui ont été bénéfiques à notre évolution. Les mécanismes liant mode de vie occidental et réduction du microbiome sont encore mal compris, mais il apparaît que le mode d'alimentation du nourrisson, le mode d'accouchement, la proportion de fibres dans le régime alimentaire de la mère et de l'enfant, la famille et la présence d'animaux domestiques ont d'importants effets.

Les auteurs proposent un concept de tissus barrières tels que l'épithélium des poumons, et probablement celui de la peau et de l'intestin, qui seraient fortement influencés par l'environnement et la diversité du microbiome lors du jeune âge, et agiraient comme d'importants rhéostats pour la réponse immunologique aux allergènes.

Rigueur de la review

La review s'appuie sur de nombreuses études, dont des modèles sur les souris. Les auteurs ne déclarent aucun conflit d'intérêt ni financiers.

Ce que cette review apporte au débat

Cette review synthétise l'histoire de l'augmentation de la prévalence des allergies, l'histoire de la théorie de l'hygiène, les hypothèses sur les facteurs de protection et de risque lors de l'enfance pour le développement d'allergies. Même si l'immunologie des épidémies d'allergies est complexe, les auteurs proposent un concept de tissus barrière pour expliquer la réponse aux allergènes.

Publiée il y a plus de 7 ans par E. Bourgeat.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Review : The immunology of the allergy epidemic and the hygiene hypothesis