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Titre de l'article

L'influence de l'origine génétique, et son interaction avec les effets environnementaux, sur la survie des colonies d'Apis mellifera L. en Europe

Introduction à l'article

Cet article se situe dans le cadre d'une expérience du projet COLOSS à l'échelle européenne sur 20 ruchers et 597 colonies d'abeilles s'étant déroulée entre 2009 et 2012 pour tester l'importance des interactions génotype-environnement (GEI) sur la survie et la vitalité des colonies d'abeilles. Le but de cette expérience était de mieux comprendre l'importance de la diversité génétique d'Apis mellifera et leur adaptation à des facteurs environnementaux régionaux.
La présence de GEI se traduit par le fait que l'expression phénotypique d'un génotype pourra être supérieure dans un environnement donné mais inférieure dans un autre environnement. On peut alors supposer que l'adaptation à un environnement abiotique et des GEI pourraient aussi maintenir de la variation génétique dans la résistance aux infections.

Expériences de l'article

L'expérience a été effectuée sur 597 colonies réparties dans 20 ruchers en Europe entre 2009 et 2012. Dans chaque lieu des génotypes locaux ont été testés ainsi qu'au moins deux génotypes "non-locaux" avec au moins 10 colonies par génotype. Les colonies ont été traitées contre Varroa destructor au début de l'expérience pour un point de départ uniforme puis par la suite aucun traitement n'a été appliqué. La survie de la colonie et de la reine ont été suivies. La colonie est considérée comme morte lorsqu'il y a moins de 5000 adultes, lorsque plus de 10% des adultes sont infestés par Varroa destructor, ou lorsque la reine meurt et n'est pas remplacée. La cause présumée du déclin de la ruche est notée avec comme différentes classes : varroa, nosema, problèmes de reine, autres. L'analyse des résultats est faite à partir de modèle de survie pour comparer les résultats entre les différentes colonies.

Résultats de l'article

Sur les 597 colonies de départ 94 ont survécu, soit 15,7 %, jusqu'à la fin de l'expérience. L'analyse de survie montre que les effets localisation de l'expérience, génotype et origine de la reine (local vs. non-local) sont significatifs sur la longévité de la colonie. Une grande partie de la variabilité est expliquée par la localisation du test ce qui représente des différences de climat, de végétation, de pression d'infection, et de gestion de la colonie. Les colonies avec des reines d'origine locale ont survécu en moyenne 83 jours (p<0,001) de plus que celles qui avaient des reines "non-locales". Ce résultat démontre une forte interaction génotype environnement. Les causes principales de déclin des colonies étaient : le varroa (38,4%), les problèmes de reine (16,9%) et des infections de nosema (7,3%).

Rigueur de l'article

Les auteurs font part du fait que les génotypes "non-locaux" peuvent être biaisés dû au fait qu'ils se soient retrouvés dans des environnements non-favorables et qu'ils n'aient pas tous eu les mêmes conditions d'élevage.

Ce que cet article apporte au débat

Les IGE sont un indicateur de l'adaptation locale et de la valeur sélective. On voit alors bien qu'il n'y a pas un seul génotype qui soit meilleur que les autres mais plutôt des génotypes adaptés à des environnements donnés. L'adaptation locale devrait résulter en une meilleure valeur sélective pour chaque population dans son propre habitat. Les auteurs soulignent donc que la conservation de la diversité génétique est une mesure essentielle pour préserver une adaptabilité génétique élevée des populations européennes d'Apis mellifera. L'utilisation de populations locales apporte une meilleure chance de survie et il faut donc encourager les élevages d'espèces locales sur l'aire de répartition d'Apis mellifera.
La sélection n'est pas citée mais en privilégiant les populations locales les auteurs se positionnent du coté d'une apiculture à petite échelle, avec une sélection par l'apiculteur, en opposition à l'idée de création de souches résistantes commercialisées à grande échelle.

Figure
Légende :

Trajectoire de survie pendant l'expérience des colonies ayant des reines d'origine locale ou non-locale (Büchler et al., 2014)

Publiée il y a plus de 9 ans par solinemb et M. Combes.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Article : The influence of genetic origin and its interaction with environmental effects on the survival ofApis mellifera L.colonies in Europe
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  • Auteurs
    Ralph Büchler, Cecilia Costa, Fani Hatjina, Sreten Andonov, Marina D Meixner, Yves Le Conte, Aleksandar Uzunov, Stefan Berg, Malgorzata Bienkowska, Maria Bouga, Maja Drazic, Winfried Dyrba, Per Kryger, Beata Panasiuk, Hermann Pechhacker, Plamen Petrov, Nikola Kezić, Seppo Korpela, Jerzy Wilde
  • Année de publication
    2014
  • Journal
    Journal of Apicultural Research
  • Abstract (dans sa langue originale)

    The survival and performance of 597 honey bee colonies, representing five subspecies and 16 different genotypes, were comparatively studied in 20 apiaries across Europe. Started in October 2009, 15.7% of the colonies survived without any therapeutic treatment against diseases until spring 2012. The survival duration was strongly affected by environmental factors (apiary effects) and, to a lesser degree, by the genotypes and origin of queens. Varroa was identified as a main cause of losses (38.4%), followed by queen problems (16.9%) and Nosema infection (7.3%). On average, colonies with queens from local origin survived 83 days longer compared to non-local origins (p < 0.001). This result demonstrates strong genotype by environment interactions. Consequently, the conservation of bee diversity and the support of local breeding activities must be prioritised in order to prevent colony losses, to optimize a sustainable productivity and to enable a continuous adaptation to environmental changes.

  • Identifiant unique
    10.3896/ibra.1.53.2.03
  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Abeilles en danger : la sélection sur caractère va-t-elle sauver Apis mellifera ?
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