A system of natural reserves, each surrounded by altered habitat, resembles a system of islands from the point of view of species restricted to natural habitats. Recent advances in island biogeography may provide a detailed basis for understanding what to expect of such a system of reserves. The main conclusions are as follows:
The number of species that a reserve can hold at equilibrium is a function of its area and its isolation. Larger reserves, and reserves located close to other reserves, can hold more species.
If most of the area of a habitat is destroyed, and a fraction of the area is saved as a reserve, the reserve will initially contain more species than it can hold at equilibrium. The excess will gradually go extinct. The smaller the reserve, the higher will be the extinction rates. Estimates of these extinction rates for bird and mammal species have recently become available in a few cases.
Different species require different minimum areas to have a reasonable chance of survival.
Some geometric design principles are suggested in order to optimise the function of reserves in saving species.
Titre de l'article
Le dilemme des îles : leçon des études biogéographiques modernes pour le design de réserves naturelles
Le dilemme des îles : leçon des études biogéographiques modernes pour le design de réserves naturelles
Introduction à l'article
La théorie de la biogéographie insulaire (MacArthur et Wilson, 1963, 1967) propose un modèle d’équilibre des espèces sur une île résultant des dynamiques d’immigration et d’extinction. Dans ce modèle, la richesse d’espèces est d’autant plus importante que l’île est grande et non loin du continent. Dans cet article, Diamond transpose cette théorie au cas d’un habitat fragmenté. Les activités anthropiques sont la cause de la séparation et de la contraction d’espaces continus, créant une série d’archipels composés de parcelles (analogue à des îles) plus ou moins grandes, plus ou moins isolées les unes par rapport aux autres, et occupées par des espèces « intolérantes » à l’homme. Le but de ce travail est d’explorer différentes implications de cette théorie pour les politiques de conservations.
La théorie de la biogéographie insulaire (MacArthur et Wilson, 1963, 1967) propose un modèle d’équilibre des espèces sur une île résultant des dynamiques d’immigration et d’extinction. Dans ce modèle, la richesse d’espèces est d’autant plus importante que l’île est grande et non loin du continent. Dans cet article, Diamond transpose cette théorie au cas d’un habitat fragmenté. Les activités anthropiques sont la cause de la séparation et de la contraction d’espaces continus, créant une série d’archipels composés de parcelles (analogue à des îles) plus ou moins grandes, plus ou moins isolées les unes par rapport aux autres, et occupées par des espèces « intolérantes » à l’homme. Le but de ce travail est d’explorer différentes implications de cette théorie pour les politiques de conservations.
Expériences de l'article
L’auteur s’intéresse à deux relations :
1) Entre l’aire de l’île et le nombre d’espèce que cette île peut maintenir à l’équilibre.
2) Entre des îles de même taille mais à des distances différentes du continent ou d’une plus grosse île source de colonisation
Il étudie ces relations en considérant plusieurs modèles provenant d’études de distribution de plantes et/ou d’animaux sur des archipels dans le monde.
L’auteur s’intéresse ensuite au taux d’extinction : à quel rythme les espèces vont-elles s’éteindre, et quelles espèces vont survivre ? Il utilise encore une fois des modèles linéaires et différents exemples de la littérature pour répondre à ces questions.
L’auteur s’intéresse à deux relations :
1) Entre l’aire de l’île et le nombre d’espèce que cette île peut maintenir à l’équilibre.
2) Entre des îles de même taille mais à des distances différentes du continent ou d’une plus grosse île source de colonisation
Il étudie ces relations en considérant plusieurs modèles provenant d’études de distribution de plantes et/ou d’animaux sur des archipels dans le monde.
L’auteur s’intéresse ensuite au taux d’extinction : à quel rythme les espèces vont-elles s’éteindre, et quelles espèces vont survivre ? Il utilise encore une fois des modèles linéaires et différents exemples de la littérature pour répondre à ces questions.
Résultats de l'article
1) Relation aire/ nombre d’espèces
Le nombre d’espèce augmente avec l’aire de la parcelle : si l’aire de l’île est multipliée par 10, le nombre d’espèces sera multiplié par 2.
2) Relation îles / distance au continent
Le nombre d’espèces décroit avec une distance au continent qui s’accroit. Des résultats similaires sont observés pour des habitats fragmentés.
Plus l’île est éloignée, plus le taux d’immigration est bas. De plus, plus cette île est petite, plus la population est petite, et plus le taux d’extinction sera important. Le nombre d’espèce est donc directement lié à la taille de l’île et à sa distance au continent.
Enfin, si l’île décroît en taille, les espèces vont s’éteindre jusqu’à atteindre un nouvel équilibre. La capacité de recolonisation d’une espèce va dépendre de sa capacité à se disperser.
Diamond propose alors plusieurs conformations de l’espace qui seraient idéales pour la conservation, la plus idéale étant un espace continu non fragmenté (Figure 1)
1) Relation aire/ nombre d’espèces
Le nombre d’espèce augmente avec l’aire de la parcelle : si l’aire de l’île est multipliée par 10, le nombre d’espèces sera multiplié par 2.
2) Relation îles / distance au continent
Le nombre d’espèces décroit avec une distance au continent qui s’accroit. Des résultats similaires sont observés pour des habitats fragmentés.
Plus l’île est éloignée, plus le taux d’immigration est bas. De plus, plus cette île est petite, plus la population est petite, et plus le taux d’extinction sera important. Le nombre d’espèce est donc directement lié à la taille de l’île et à sa distance au continent.
Enfin, si l’île décroît en taille, les espèces vont s’éteindre jusqu’à atteindre un nouvel équilibre. La capacité de recolonisation d’une espèce va dépendre de sa capacité à se disperser.
Diamond propose alors plusieurs conformations de l’espace qui seraient idéales pour la conservation, la plus idéale étant un espace continu non fragmenté (Figure 1)
Rigueur de l'article
Diamond évoque à plusieurs reprises des modèles de dispersions sans en donner la source, ce qui rend impossible la vérification des conclusions qu’il en tire.
Les modèles sont très simples. Par exemple, pour la réponse du nombre d’espèces, un seul facteur est considéré (l’aire de l’île). De plus, la corrélation entre aire / nombre d’espèce est présentée, mais la de causalité n’est pas testée/ Le nombre d’espèces pourrait être affecté par d’autres facteurs, et l’effet de l’aire pourrait être minoritaire. La même remarque s’applique à la relation île / distance au continent.
Diamond évoque à plusieurs reprises des modèles de dispersions sans en donner la source, ce qui rend impossible la vérification des conclusions qu’il en tire.
Les modèles sont très simples. Par exemple, pour la réponse du nombre d’espèces, un seul facteur est considéré (l’aire de l’île). De plus, la corrélation entre aire / nombre d’espèce est présentée, mais la de causalité n’est pas testée/ Le nombre d’espèces pourrait être affecté par d’autres facteurs, et l’effet de l’aire pourrait être minoritaire. La même remarque s’applique à la relation île / distance au continent.
Ce que cet article apporte au débat
Cet article propose une nouvelle manière d’étude de la fragmentation, en considérant que les effets de la fragmentation sont fonction de l’aire d’une parcelle et de la distance entre les différentes parcelles. La mesure des effets de la fragmentation serait alors possible en considérant uniquement une parcelle, ce qui marque un changement dans la manière de percevoir le processus de fragmentation en passant d’une échelle globale (paysage) à une échelle plus réduite (parcelle).
Cet article propose une nouvelle manière d’étude de la fragmentation, en considérant que les effets de la fragmentation sont fonction de l’aire d’une parcelle et de la distance entre les différentes parcelles. La mesure des effets de la fragmentation serait alors possible en considérant uniquement une parcelle, ce qui marque un changement dans la manière de percevoir le processus de fragmentation en passant d’une échelle globale (paysage) à une échelle plus réduite (parcelle).
Figure
Figure 1 - tirée de Diamond (1975)
principes géométriques suggérés pour la conception de réserves naturelles. Le taux d'extinction sera plus bas dans les géométrie de gauche que celles de droite.
Figure 1 - tirée de Diamond (1975)
principes géométriques suggérés pour la conception de réserves naturelles. Le taux d'extinction sera plus bas dans les géométrie de gauche que celles de droite.
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