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Titre du Livre

LA LOGIQUE DE LA SIGNALISATION ANALOGIQUE ET LA THÉORIE DE SÉLECTION DU SIGNAL

Introduction au livre

Dans ce papier Amotz ZAHAVI et Avishag ZAHAVI reprennent les bases de leur théorie du handicap. En redéfinissant ce qu'est un signal : c'est un caractère qui évolue chez un signaleur car il fournit des informations fiables à d’autres individus (récepteurs). Ils posent aussi plusieurs hypothèses :
(1) Dans un système de signalisation c'est le récepteur qui évolue un premier.
(2) Un caractère devient un signal quand le signaleur investi dans des informations plus fiables et claires, ce trait ainsi modifié devient un handicap.
(3) Les ornementations (comme la couleur du plumage, du pelage...)qui fournissent des informations sur la taille de l'individu sont aussi un handicap.
(4) Un handicap est coûteux en matière de fitness que pour les de basse qualité"/"tricheurs".
(5) Il existe un processus d'inflation du signal : un signal peut ne plus être informatif.
(6) Il existe donc deux mécanismes dans la sélection naturelle : la sélection adaptationnelle et la sélection du signal.

Résumé et résultats du livre

L'ÉVOLUTION DE LA RÉPONSE D'UN OBSERVATEUR À UNE VARIATION DANS CERTAINS CARACTÈRES.
Dans un système de signalisation, le récepteur évolue en premier. Les organismes ont l’habitude de recevoir des informations de leur environnement (milieu, intra-spé, inter-spé). Donc si l’attention d’un individu sur un caractère d’un autre devient bénéfique alors cette attention se répandra dans la population.

L'ÉVOLUTION D'UN SIGNAL DEPUIS UN “TRAIT”
Si la réaction du receveur, au trait, est bénéfique au signaleur alors cet individu aura intérêt à amplifier ce caractère afin de le rendre plus clair. Le trait devient alors un signal quand l’individu investi dans des informations plus claires et fiables. Mais cela modifie le trait et donc il devient moins efficace (en terme d’adaptation) et donc un handicap pour le signaleur.

L'ORNEMENTATION COMME HANDICAPS
Le stress durant le développement peut augmenter l’asymétrie, la symétrie dépend d'une communications cellulaire équilibrés durant le développement. Donc avoir une ornementation symétrique sur le corps nécessite un investissement durant le développement, et puisque cela n’offre aucun avantage adaptationnel c'est un handicap.

L'HANDICAP FOURNIT DES INFORMATIONS EXACTES :
Fournir des informations sur la taille d’un organisme est un handicap. Car cette information fournit une échelle qui améliore la capacité de l’observateur à faire la différence entre les individus de "bonnes" ou de "mauvaises qualités". Donc bien que ces informations semblent de second ordre elles imposent un handicap.

Le gain est différentiel, les individus de "meilleur qualité" ont une meilleure chance d’être récompensés pour leur signal que ceux de faible qualité. Mais les individus "inférieur" peuvent aussi être avantagés par cette signalisation s'ils se trouvent avec des individus de moindre qualité. Donc donner des informations fiables c’est prendre le risque que d’autre individus de "meilleurs qualités" donnent des informations “supérieures”.

LES HANDICAPS SONT-ILS COÛTEUX ?
Le problème avec la notion de handicap : C’est de le considérer coûteux en terme évolutif. Et donc de le définir comme une perte de condition physique. L'investissement dans un signal est coûteux en terme énergétique mais non en terme de réduction de la fitness (réduisant les capacités reproductrices). Il est choisi car il augmente les capacités du signaleur honnêtes. L’handicap impose donc un coup uniquement pour les “tricheurs”.

LE PROCESSUS D'INFLATION
L’importance d’un signal est contrôlé par la sélection naturelle (avantage ou inconvénient d’y investir). Mais il y a une différence entre les signaux et les autres caractères.
Quand l’investissement d’un signal est réduit ce qui se traduit par le fait que ce signal n’est plus informatif sur la qualité de l’individu, alors le signal perd de sa valeur. C’est le processus d'inflation. Mais les caractères qui ne sont pas des signaux ne sont pas affecté par ce processus. Car un signal réduit, réduit l'investissement des tricheurs. Donc il perd de sa valeur sélective.

ORNEMENT LES SIGNAUX SONT-ILS SÉLECTIONNÉS QUAND ILS NE FOURNISSENT PLUS D'INFORMATIONS RELEVANTES À L'OBSERVATEUR?
Un signal cesse de donner des informations fiables, un mutant avec des nouveaux caractères peut bénéficier d’un avantage par rapport aux autres. L'individu mutant qui considère d’autres caractères comme des signaux de qualités aura une meilleur chance d'avoir une descendance et léguera sa mutation. Ce processus d’inflation est un test du principe du handicap. Il y a donc deux mécanismes dans la sélection naturelle : une sélection qui se fait sur les traits adapationnels et l’autre qui sélectionne les signaux fiables mais qui réduit l'efficacité.

L'INTERACTION ENTRE LES DEUX MÉCANISMES DE SÉLECTION.
La sélection du signal permet l'évolution de caractères qui n’auraient jamais étés sélectionnés par la sélection adaptationnelle. Ces caractères pourront être une réserve pour les adaptations futures.

Rigueur du livre

Ce papier expose des hypothèses concernant la théorie du handicap, malheureusement ces hypothèses ne sont étayés que par des observations et non des expériences scientifiques. Ici les auteurs posent les bases pour des recherches futures. Le problème c'est qu'il est très difficile de réaliser des expériences sur la sélection naturelle puisqu'elle ne se réalise pas à l’échelle d'une vie humaine mais sur des centaines de milliers d'années voir des millions d'années.

Certaines notions comme individus de "bonne" et "mauvaise" qualité restent encore à définir. On a l'impression que les individus choisissent le sens de l'évolution de leurs caractères ou dans quelle partie du corps ils vont investir de l'énergie (ce qui n'est pas le cas). La sélection du signal ressemble fortement à de la sélection sexuelle 2.0.

La sélection naturelle n'est pas le seul mécanisme de l'évolution.

Ce que ce livre apporte au débat

Avec ce papier la théorie du handicap évolue puisqu'elle s'inscrit comme un second mécanisme de sélection : la sélection du signal. On a un ajout de la notion d'évolution avec des caractères qui deviennent des signaux ainsi qu'une évolution de la sensibilité des récepteurs à certains traits des signaleurs. Mais aussi avec le processus d'inflation on à aussi des notions d'évolution des signaux, un signal peut ne plus devenir indicatif de la qualité des individus et donc fiable s'il est possédé par tous les individus. Ce papier nous permet aussi un clarification de certains termes comme : signal, handicap...

Remarques sur le livre

Ce papier n'est pas un livre mais un article, mais les notions nouvelles et les clarifications qu'il apporte sur la théorie du handicap sont nombreuses et trop importantes pour être résumées en en 1000 caractères dans la partie résultat. De plus il n'y a pas d'expérience réelle juste des observations, il y aurait donc toute une rubrique non exploité si ce papier avait été classé dans la catégorie article.

Publiée il y a plus de 9 ans par R. Jules.
Dernière modification il y a plus de 9 ans.
Livre : THE LOGIC OF ANALOG SIGNALING AND THE THEORY OF SIGNAL SELECTION
  • 2 1
  • Auteurs
    Amotz Zahavi and Avishag Zahavi
  • Année de publication
    2012
  • Editeur du livre
    Israel Journal of Ecology & Evolution
  • Abstract (dans sa langue originale)

    A biological signal is a character that evolves because it provides information to other individuals. We suggest that most biological signals are analog representations of the information provided by them. Signalers handicap themselves by exaggerating existing traits that are of interest to receivers, improving the ability of receivers to perceive differences among signalers. The investment in the handicap is differential, easier to higher quality signalers. When the investment required for signaling is reduced to the extent that everyone can signal alike, the trait loses its value as a signal. This loss of value is
    unique to biological analog signals. We therefore suggest that analog signals evolve by a selection mechanism that is different from the selection of utilitarian traits. We call this selection mechanism “signal selection.” Accordingly, evolution by natural selection is a consequence of two selection mechanisms: the selection for efficiency on the one hand, and signal selection that reduces efficiency in order to provide reliability on the other hand. We further suggest that the interaction between the selection of signals and the selection of other traits enabled the evolution of new traits that require the accumulation of many mutations that reduce efficiency before they can start contributing to new efficient adaptations, such as, for example, antlers and feathers. Finally, viewing signals as handicaps that also test the information they convey, can explain seemingly harmful traits, such as altruism, or suicidal tendencies, as honest signals.

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