ControverSciences est archivé. Il reste consultable mais il n'est plus possible de contribuer.
Le code source pour faire tourner le serveur reste disponible sur GitHub.
Titre de la review

L'hypothèse de l'auto-domestication : évolution de la psychologie des bonobos dû à la sélection contre l'agression.

Résumé de la review

Cette review s'intéresse au syndrome de domestication chez les Bonobos, Pan paniscus, qui serait le résultat d'une contre sélection de l'agressivité, en comparant avec les chimpanzés, Pan troglodytes.
Comparaison entre le loup et le chien sauvage, ces derniers présentent moins de conflits intra et intergroupes. La captivité ne semble pas avoir d'effet sur la baisse de l'agressivité (étude sur des Cavia aperea).
On retrouve quatre catégories de traits liés au syndrome de domestication :

  1. Changements physiologique lié à la baisse d'agressivité comme la baisse d'activité de l'axe hypothalamic-pituitary-adrenal, ou encore l'augmentation des cycles de reproduction même si ce dernier est moins clair.
  2. Changements de comportements avec une réduction de l'agressivité et une augmentation de la tolérance et des comportements prosociaux.
  3. Changements anatomiques comme une réduction des canines, de la face, du dimorphisme sexuel, de la capacité crânienne et une dépigmentation de certaines parties du corps.
  4. Changements cognitifs mise en évidence par une manière différente de régler les problèmes entre domestiqué et non-domestiqué. Le syndrome d'auto-domestication serait corrélé avec la sélection de la réduction de l'agressivité comme le montre une étude sur les renards de Sibérie. Au bout de 20 générations de sélection des individus les moins agressifs envers l'Homme on retrouve les mêmes comportements que chez le chien (queue qui remue à l'approche d'un Homme et son aigu comme envers leurs mères). On observe les 4 catégories précédemment développées également. La sélection pour une agressivité réduite ou un haut niveau de tolérance sociale mène à l'apparition de traits dérivés corrélés à cette sélection. Elle tend à favoriser la sélection de gène de régulation qui affectent la maturation neuroendocrine aillant pour résultat une baisse de l'agressivité. Chez les espèces domestiquées on retrouve les patrons d'agressivité des juvéniles qui y sont étendus à l'âge adulte liés à une hétérochronie du développement. Une conservation du comportement pédomorphique mène à une morphologie pédomorphique le processus sous-jacent est peut-être lié à une variété de mécanismes comme la régulation de l'expression des gènes et des interactions épigénétiques. La sélection d'individus moins agressifs peut générer un syndrome de domestication. Les bonobos et les chimpanzés ont été étudié à travers les formes d'agressivité inter et intragroupes. Les chimpanzés montrent beaucoup d'agressivité dans les deux cas, contrairement aux bonobos. Là où l'organisation des chimpanzés tournent autour d'un mâle dominant très agressif, les mâles bonobos créent des liens fort avec leurs mères et les alliances mâle-femelle sont plus fréquente que chez les chimpanzés. Les bonobos présentent en plus d'une agressivité réduite, des traits phénotypique rappelant le syndrome de domestication comme la réduction de la face, de la mâchoire et de la taille des dents. En comparant la forme du crâne des bonobos avec des chimpanzés il est observé que ce dernier est pédomorphique (en excluant la face). Une dépigmentation est aussi observée et se rapproche de la dépigmentation chez les espèces domestiques. L'organisation des groupes de bonobos comprend plus de femelle que chez les chimpanzés, favorisant les alliances entre femelles contre les mâles agressifs les contre-sélectionnant. De plus les femelles bonobos se nourrissent diminuant la compétition pour la nourriture et favorisant l'entraide entre femelles. Pour l'aspect psychologique, les bonobos sont plus tolérants que les chimpanzés et plus réceptifs au comportement des autres mais les deux espèces ont une psychologie similaire dans les domaines où la domestication ne fait pas de forte prédiction. En conclusion la présence du syndrome de domestication chez une large variété d'espèces, incluant potentiellement les bonobos met en lumière la covariation de certains traits chez différentes espèces lorsque l'on touche au comportement et à la psychologie.
Rigueur de la review

Cette review est rigoureuse, les expériences sont bien explicitées et il ne semble pas y avoir de conflit d'intérêts. Le cas des bonobos est le seul cas potentiel d'auto-domestication qui s'est fait par sélection naturelle. De plus amples études doivent être mené pour confirmer ce qui est avancé dans cette review même si cette dernière est malgré tout exhaustive.

Ce que cette review apporte au débat

Cette review apporte un point de vue moins anthropocentré de l'auto-domestication et montre également que le syndrome de domestication peut se produire sans l'intervention de l'Homme. De plus cela a mit en lumière la covariance de traits comportementaux et phénotypiques, ce qui est un axe de recherche à approfondir notamment dans le cadre de l'auto-domestication car cette covariance se retrouve chez différentes espèces à travers la pédomorphie.

Remarques sur la review

Cette review est bien écrite et explique bien les choses et est à mon sens toujours d'actualité même si elle date de 2012. Malheureusement elle n'est pas en libre accès.

Publiée il y a plus de 6 ans par A. Bombe.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.
Review : The self-domestication hypothesis: evolution of bonobo psychology is due to selection against aggression
  • 1
  • Auteurs
    Brian Hare, Victoria Wobber, Richard Wrangham
  • Année de publication
    2012
  • Journal
    Animal Behaviour
  • Abstract (dans sa langue originale)

    Experiments indicate that selection against aggression in mammals can have multiple effects on their morphology, physiology, behaviour and psychology, and that these results resemble a syndrome of changes observed in domestic animals. We hypothesize that selection against aggression in some wild species can operate in a similar way. Here we consider the bonobo, Pan paniscus, as a candidate for having experienced this ‘self-domestication’ process. We first detail the changes typically seen in domesticated species including shifts in development. We then show that bonobos show less severe forms of aggression than chimpanzees, Pan troglodytes, and suggest that this difference evolved because of relaxed feeding competition. We next review evidence that phenotypic differences in morphology and behaviour between bonobos and chimpanzees are analogous to differences between domesticates and their wild ancestors. We then synthesize the first set of a priori experimental tests of the self-domestication hypothesis comparing the psychology of bonobos and chimpanzees. Again, bonobo traits echo those of domesticates, including juvenilized patterns of development. We conclude that the self-domestication hypothesis provides a plausible account of the origin of numerous differences between bonobos and chimpanzees, and note that many of these appear to have arisen as incidental by-products rather than adaptations. These results raise the possibility that self-domestication has been a widespread process in mammalian evolution, and suggest the need for research into the regulatory genes responsible for shifts in developmental trajectories in species that have undergone selection against aggression.

  • Accéder à la référence
  • Apparait dans la controverse
    Syndrome de domestication : l'humain partage t'il des traits phénotypiques avec des espèces qu'il a lui même domestiquées ?
  • Comment les contributeurs jugent la qualité scientifique de cette référence :

    0
    0
    0
    1
    0