Three major discoveries have recently profoundly modified our perception of the viral world: molecular ecologists have shown that viral particles are more abundant than cells in natural environments; structural biologists have shown that some viruses from the three domains of life, Bacteria, Eukarya and Archaea, are evolutionarily related, and microbiologists have discovered giant viruses that rival with cells in terms of size and gene content. I discuss here the scientific and philosophical impact of these discoveries on the debates over the definition, nature (living or not), and origin of viruses. I suggest that viruses have often been considered non-living, because they are traditionally assimilated to their virions. However, the term virus describes a biological process and should integrate all aspects of the viral reproduction cycle. It is especially important to focus on the intracellular part of this cycle, the virocell, when viral information is actively expressed and reproduced, allowing the emergence of new viral genes. The virocell concept theoretically removes roadblocks that prevent defining viruses as living organisms. However, defining a “living organism” remains challenging, as indicated by the case of organelles that evolved from intracellular bacteria. To bypass this problem, I suggest considering that all biological entities that actively participate in the process of life are living.
Titre de la review
Etre ou ne pas être vivant : comment les découvertes récentes mettent au défi les définitions traditionnelles des virus et du vivant.
Etre ou ne pas être vivant : comment les découvertes récentes mettent au défi les définitions traditionnelles des virus et du vivant.
Résumé de la review
La vie a été définie par l'Homme en fonction de son environnement. Or, les virus sont tellement différents qu'il n'est pas possible de leur appliquer le vocabulaire usuel, menant à des débats. L'auteur propose dans cet article, un état de l'art sur le débat, à la lumière des découvertes suivantes :
Pour l'auteur, les virus ont principalement été considérés comme non vivant à cause d'un problème de perception. En effet, pour certains chercheurs, seule la partie encapsidée (le virion) est reconnue comme étant le virus. Or, le virion est visible uniquement lors de la phase extracellulaire. Il est dépourvu de métabolisme et de capacité reproductrices, deux prérequis à une définition traditionnelle du vivant. Dans la phase intracellulaire en revanche, le virus n'est plus reconnaissable. C'est pourtant à ce moment là qu'il détourne la machinerie cellulaire pour sa reproduction.
D'autres auteurs en revanche, ne considèrent que la phase intracellulaire comme étant le virus. Il est alors perçus comme un réplicateur, c'est à dire uniquement de l'information génétique égoïste (selon le sens de Dawkins).
Ces deux perceptions ont pour conséquence de les exclure du vivant et de minimiser leur rôle évolutif. Ils ont surtout été perçu comme des véhicules pour des gènes cellulaires grâce aux transferts horizontaux, et comme des agents de sélection. Mais ils sont également à l'origine de nouveaux gènes. Si ces derniers sont intégrés dans un génome cellulaire, il peut y avoir apparition d'innovations. Ici l'auteur pointe leur surnombre dans les environnements, comme pouvant être à l'origine d'intégrations multiples, et donc, non anecdotiques.
Un autre argument contre est l'impossibilité de retracer l'histoire évolutive des virus. Ce sont donc des entités différentes du vivant, car elles n'ont pas d'ancêtre commun unique, et seraient polyphylétiques. Cet argument a été remis en question avec la découverte de protéines communes à différent types infectieux. Il serait également possible de retracer une lignée évolutive, légitimant par conséquent leur place dans le vivant.
Dans cet article, l'auteur propose de redéfinir les virus sur la base d'un précédent travail (Raoult et Forterre, 2008). Ce serait un organisme vivant, possédant un cycle de vie propre. Ce cycle comprend un génome viral, dont au moins un gène code pour une capside. Vient ensuite le virion infectant une cellule, et la cellule virale. Lors de l'infection, l'information génétique virale détourne celle de la cellule pour son propre fonctionnement. Selon l'auteur, cette cellule est d'un nouveau type, effectuant un autre métabolisme pour produire des virions. C'est dans cette partie du cycle que le virus peut être nommé "organisme", car il possède une cellule.
Pour marquer la distinction, Forterre définit les cellules ribosomiques comme appartenant à des archées, bactéries ou eucaryotes. Elles peuvent être infectées par des virus.
Enfin, il est nécessaire de revoir la signification de "vivant". La frontière entre ce qui est vivant et ce qui ne l'est pas est difficile à tracer, et les interrogations sur les virus touchent également les organites et les parasites. Une manière de résoudre ce problème, est selon l'auteur de définir des "entitées vivantes". Sont appelés ainsi tout ce qui remplit une fonction au sein d'un organisme comme les gènes ou les plasmides. Isolées, ces entités sont inertes. Un organisme est alors le regroupement de ces entités biologiques.
Ainsi, au vu de ce qui a été développé la vie est définie comme "le mode d'existence des individus biologiques vivants".
La vie a été définie par l'Homme en fonction de son environnement. Or, les virus sont tellement différents qu'il n'est pas possible de leur appliquer le vocabulaire usuel, menant à des débats. L'auteur propose dans cet article, un état de l'art sur le débat, à la lumière des découvertes suivantes :
Pour l'auteur, les virus ont principalement été considérés comme non vivant à cause d'un problème de perception. En effet, pour certains chercheurs, seule la partie encapsidée (le virion) est reconnue comme étant le virus. Or, le virion est visible uniquement lors de la phase extracellulaire. Il est dépourvu de métabolisme et de capacité reproductrices, deux prérequis à une définition traditionnelle du vivant. Dans la phase intracellulaire en revanche, le virus n'est plus reconnaissable. C'est pourtant à ce moment là qu'il détourne la machinerie cellulaire pour sa reproduction.
D'autres auteurs en revanche, ne considèrent que la phase intracellulaire comme étant le virus. Il est alors perçus comme un réplicateur, c'est à dire uniquement de l'information génétique égoïste (selon le sens de Dawkins).
Ces deux perceptions ont pour conséquence de les exclure du vivant et de minimiser leur rôle évolutif. Ils ont surtout été perçu comme des véhicules pour des gènes cellulaires grâce aux transferts horizontaux, et comme des agents de sélection. Mais ils sont également à l'origine de nouveaux gènes. Si ces derniers sont intégrés dans un génome cellulaire, il peut y avoir apparition d'innovations. Ici l'auteur pointe leur surnombre dans les environnements, comme pouvant être à l'origine d'intégrations multiples, et donc, non anecdotiques.
Un autre argument contre est l'impossibilité de retracer l'histoire évolutive des virus. Ce sont donc des entités différentes du vivant, car elles n'ont pas d'ancêtre commun unique, et seraient polyphylétiques. Cet argument a été remis en question avec la découverte de protéines communes à différent types infectieux. Il serait également possible de retracer une lignée évolutive, légitimant par conséquent leur place dans le vivant.
Dans cet article, l'auteur propose de redéfinir les virus sur la base d'un précédent travail (Raoult et Forterre, 2008). Ce serait un organisme vivant, possédant un cycle de vie propre. Ce cycle comprend un génome viral, dont au moins un gène code pour une capside. Vient ensuite le virion infectant une cellule, et la cellule virale. Lors de l'infection, l'information génétique virale détourne celle de la cellule pour son propre fonctionnement. Selon l'auteur, cette cellule est d'un nouveau type, effectuant un autre métabolisme pour produire des virions. C'est dans cette partie du cycle que le virus peut être nommé "organisme", car il possède une cellule.
Pour marquer la distinction, Forterre définit les cellules ribosomiques comme appartenant à des archées, bactéries ou eucaryotes. Elles peuvent être infectées par des virus.
Enfin, il est nécessaire de revoir la signification de "vivant". La frontière entre ce qui est vivant et ce qui ne l'est pas est difficile à tracer, et les interrogations sur les virus touchent également les organites et les parasites. Une manière de résoudre ce problème, est selon l'auteur de définir des "entitées vivantes". Sont appelés ainsi tout ce qui remplit une fonction au sein d'un organisme comme les gènes ou les plasmides. Isolées, ces entités sont inertes. Un organisme est alors le regroupement de ces entités biologiques.
Ainsi, au vu de ce qui a été développé la vie est définie comme "le mode d'existence des individus biologiques vivants".
Rigueur de la review
Cet article présente de manière claire ses arguments. Les contre-arguments sont également introduit et déconstruit, permettant au lecteur d'avoir une vision d'ensemble du débat.
Patrick Forterre est un grand partisant au débat, convaincu que les virus sont des êtres vivants. Il semble être présent sur la majorité des articles évoquant le sujet, créant une redondance dans ses arguments (avec mise à jour cependant). L'opposition semble également être composée des mêmes auteurs. A la lumière de cette observation, il faut alors se demander si la controverse affecte toute la communauté scientifique, ou si seul un conflit d'intérêt concerne une poignée de chercheurs...
Cet article présente de manière claire ses arguments. Les contre-arguments sont également introduit et déconstruit, permettant au lecteur d'avoir une vision d'ensemble du débat.
Patrick Forterre est un grand partisant au débat, convaincu que les virus sont des êtres vivants. Il semble être présent sur la majorité des articles évoquant le sujet, créant une redondance dans ses arguments (avec mise à jour cependant). L'opposition semble également être composée des mêmes auteurs. A la lumière de cette observation, il faut alors se demander si la controverse affecte toute la communauté scientifique, ou si seul un conflit d'intérêt concerne une poignée de chercheurs...
Ce que cette review apporte au débat
Elle apporte tout d'abord une mise à jour des arguments en faveur de la controverse. Ceux-ci ont été corrigés en prenant en compte les critiques émises par l'opposition, et en incluant l'actualité scientifique.
L'argument clef en faveur du débat est pour l'auteur le concept de la cellule ribosomique, pleinement explicité dans cet article. Cette hypothèse a premièrement été présentée dans Raoult et Forterre, 2008. 8 ans plus tard, ce concept est toujours cité, avec quelques modifications suites aux critiques reçues entre temps. L'hypothèse, toujours d'actualité, et suivant le processus de réfutation en sciences, est un bon argument en faveur de la vie pour les virus.
Elle apporte tout d'abord une mise à jour des arguments en faveur de la controverse. Ceux-ci ont été corrigés en prenant en compte les critiques émises par l'opposition, et en incluant l'actualité scientifique.
L'argument clef en faveur du débat est pour l'auteur le concept de la cellule ribosomique, pleinement explicité dans cet article. Cette hypothèse a premièrement été présentée dans Raoult et Forterre, 2008. 8 ans plus tard, ce concept est toujours cité, avec quelques modifications suites aux critiques reçues entre temps. L'hypothèse, toujours d'actualité, et suivant le processus de réfutation en sciences, est un bon argument en faveur de la vie pour les virus.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.