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Comprendre l'hypothèse hygiéniste chez les helminthes et l'autoimmunité : Origine, pathophysiologie, et applications cliniques
Comprendre l'hypothèse hygiéniste chez les helminthes et l'autoimmunité : Origine, pathophysiologie, et applications cliniques
Résumé de la review
Les auteurs commencent par rappeler les chiffres de l’augmentation des allergies dans les sociétés occidentales. Aux Etats-Unis, par exemple, la prévalence de l’asthme a augmenté de 38% de 1980 à 2003. Les bases génétiques de l’apparition des allergies n’ayant pas pu changer fondamentalement en si peu de temps, ce sont surtout les facteurs environnementaux qui sont étudiés, comme la déficience en vitamine D, la pollution, les adjuvents contenus dans les vaccins, l’obésité, ou encore l’exposition aux microorganismes et parasites.
Les auteurs introduisent ensuite les concepts centraux de l’hypothèse hygiéniste, et exposent les preuves épidémiologiques qui ont été accumulées ces dernières années. Ces études mettent en évidence :
L’association entre le nombre de frères et soeurs et le risque de développer de l’eczema ou un rhumes des foins
L’effet favorable des animaux de compagnie sur le risque de posséder des symptômes allergiques
Le lien entre standards d’hygiène et prévalence des maladies atopiques.
L’association entre baisse de présence de parasites, dont les helminthes, et l’augmentation de la prévalence des maladies atopiques
L’effet de tous ces facteurs s’étend à d’autres maladies immunitaires, comme la sclérose en plaque, ou bien le diabète de type I.
Les enfants d’immigrés venus de régions à faible prévalence des allergies et à standards hygiéniques plus faibles acquièrent la même incidence de maladies atopiques que ceux d’individus ayant vécu dans la région depuis de nombreuses générations.
Les auteurs font ensuite le tour des acteurs de l’hypothèse hygiéniste. Ils reprennent notamment les résultats de Rook (2012) et soulignent le rôle des microorganismes du microbiote intestinal. La meilleure exposition qu’ont les individus vivant avec beaucoup d’animaux et possédant beaucoup de frères et soeurs pourrait mener à un microbiote plus diversifié et complexe, qui éviterait une ultra-sensibilité du système immunitaire à l’origine des maladies atopiques.
L’urbanisation et les migrations mondiales globalisées, ainsi que les politiques de santé publique ont réduit voire même éradiqué certaines maladies des sociétés occidentales, et notamment les infections helminthiques, la malaria, les infections mycobactériennes, ou encore l’hépatite A.
Les helminthes sont d’ailleurs une bonne piste quant à la variation de prévalence des maladies atopiques. 37% de la population mondiale en serait infectée, alors même qu’ils sont assez rares dans les pays industrialisés. Les helminthes ont la capacité de moduler le système immunitaire de leur porteur, afin d’éviter d’être éliminés avant d’avoir pu se reproduire, sans pour autant rendre leur hôte complètement sans défense face aux pathogènes. Notamment, ce contrôle passe par une inhibition des voies immunitaires associées aux réactions allergiques, par exemple en favorisant la différenciation des cellules-T naïves en Th2 plutôt qu’en Th1 (qui sont associées à des réactions inflammatoires plus fortes, et à des actions auto-immunes). Des mécanismes cellulaires similaires ont lieu pour les cellules dendritiques, ou pour les cellules de l’immunité innée. De plus, le microbiote, dont les perturbations sont associées à des maladies atopiques et auto-immunes, va être stabilisé par la présence d’helminthes. Tous ces effets ont mené à l’avènement de thérapies aux helminthes pour lutter contre les maladies inflammatoires, ou liées à l’immunité, avec un relatif succès.
En conclusion, les auteurs soulignent les progrès faits dans la compréhension de l’interaction entre immunité, allergies, et “Vieux Amis”, et notamment l’intérêt grandissant des helminthes dans le développement du système immunitaire. En revanche, les molécules mises à l’oeuvre par les helminthes dans le contrôle du système immunitaire restent pour l’instant peu connues. Il serait intéressant d’en savoir plus, afin de pouvoir agir directement sur les patients atteints de maladies auto-immunes et atopiques sans avoir recours aux helminthes eux-mêmes.
Les auteurs commencent par rappeler les chiffres de l’augmentation des allergies dans les sociétés occidentales. Aux Etats-Unis, par exemple, la prévalence de l’asthme a augmenté de 38% de 1980 à 2003. Les bases génétiques de l’apparition des allergies n’ayant pas pu changer fondamentalement en si peu de temps, ce sont surtout les facteurs environnementaux qui sont étudiés, comme la déficience en vitamine D, la pollution, les adjuvents contenus dans les vaccins, l’obésité, ou encore l’exposition aux microorganismes et parasites.
Les auteurs introduisent ensuite les concepts centraux de l’hypothèse hygiéniste, et exposent les preuves épidémiologiques qui ont été accumulées ces dernières années. Ces études mettent en évidence :
L’association entre le nombre de frères et soeurs et le risque de développer de l’eczema ou un rhumes des foins
L’effet favorable des animaux de compagnie sur le risque de posséder des symptômes allergiques
Le lien entre standards d’hygiène et prévalence des maladies atopiques.
L’association entre baisse de présence de parasites, dont les helminthes, et l’augmentation de la prévalence des maladies atopiques
L’effet de tous ces facteurs s’étend à d’autres maladies immunitaires, comme la sclérose en plaque, ou bien le diabète de type I.
Les enfants d’immigrés venus de régions à faible prévalence des allergies et à standards hygiéniques plus faibles acquièrent la même incidence de maladies atopiques que ceux d’individus ayant vécu dans la région depuis de nombreuses générations.
Les auteurs font ensuite le tour des acteurs de l’hypothèse hygiéniste. Ils reprennent notamment les résultats de Rook (2012) et soulignent le rôle des microorganismes du microbiote intestinal. La meilleure exposition qu’ont les individus vivant avec beaucoup d’animaux et possédant beaucoup de frères et soeurs pourrait mener à un microbiote plus diversifié et complexe, qui éviterait une ultra-sensibilité du système immunitaire à l’origine des maladies atopiques.
L’urbanisation et les migrations mondiales globalisées, ainsi que les politiques de santé publique ont réduit voire même éradiqué certaines maladies des sociétés occidentales, et notamment les infections helminthiques, la malaria, les infections mycobactériennes, ou encore l’hépatite A.
Les helminthes sont d’ailleurs une bonne piste quant à la variation de prévalence des maladies atopiques. 37% de la population mondiale en serait infectée, alors même qu’ils sont assez rares dans les pays industrialisés. Les helminthes ont la capacité de moduler le système immunitaire de leur porteur, afin d’éviter d’être éliminés avant d’avoir pu se reproduire, sans pour autant rendre leur hôte complètement sans défense face aux pathogènes. Notamment, ce contrôle passe par une inhibition des voies immunitaires associées aux réactions allergiques, par exemple en favorisant la différenciation des cellules-T naïves en Th2 plutôt qu’en Th1 (qui sont associées à des réactions inflammatoires plus fortes, et à des actions auto-immunes). Des mécanismes cellulaires similaires ont lieu pour les cellules dendritiques, ou pour les cellules de l’immunité innée. De plus, le microbiote, dont les perturbations sont associées à des maladies atopiques et auto-immunes, va être stabilisé par la présence d’helminthes. Tous ces effets ont mené à l’avènement de thérapies aux helminthes pour lutter contre les maladies inflammatoires, ou liées à l’immunité, avec un relatif succès.
En conclusion, les auteurs soulignent les progrès faits dans la compréhension de l’interaction entre immunité, allergies, et “Vieux Amis”, et notamment l’intérêt grandissant des helminthes dans le développement du système immunitaire. En revanche, les molécules mises à l’oeuvre par les helminthes dans le contrôle du système immunitaire restent pour l’instant peu connues. Il serait intéressant d’en savoir plus, afin de pouvoir agir directement sur les patients atteints de maladies auto-immunes et atopiques sans avoir recours aux helminthes eux-mêmes.
Publiée il y a plus de 7 ans
par
A. Aublin.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.
Review : Unraveling the Hygiene Hypothesis of helminthes and autoimmunity: origins, pathophysiology, and clinical applications
Titre de la review
Comprendre l'hypothèse hygiéniste chez les helminthes et l'autoimmunité : Origine, pathophysiologie, et applications cliniques
Comprendre l'hypothèse hygiéniste chez les helminthes et l'autoimmunité : Origine, pathophysiologie, et applications cliniques
Résumé de la review
Les auteurs commencent par rappeler les chiffres de l’augmentation des allergies dans les sociétés occidentales. Aux Etats-Unis, par exemple, la prévalence de l’asthme a augmenté de 38% de 1980 à 2003. Les bases génétiques de l’apparition des allergies n’ayant pas pu changer fondamentalement en si peu de temps, ce sont surtout les facteurs environnementaux qui sont étudiés, comme la déficience en vitamine D, la pollution, les adjuvents contenus dans les vaccins, l’obésité, ou encore l’exposition aux microorganismes et parasites.
Les auteurs introduisent ensuite les concepts centraux de l’hypothèse hygiéniste, et exposent les preuves épidémiologiques qui ont été accumulées ces dernières années. Ces études mettent en évidence :
L’association entre le nombre de frères et soeurs et le risque de développer de l’eczema ou un rhumes des foins
L’effet favorable des animaux de compagnie sur le risque de posséder des symptômes allergiques
Le lien entre standards d’hygiène et prévalence des maladies atopiques.
L’association entre baisse de présence de parasites, dont les helminthes, et l’augmentation de la prévalence des maladies atopiques
L’effet de tous ces facteurs s’étend à d’autres maladies immunitaires, comme la sclérose en plaque, ou bien le diabète de type I.
Les enfants d’immigrés venus de régions à faible prévalence des allergies et à standards hygiéniques plus faibles acquièrent la même incidence de maladies atopiques que ceux d’individus ayant vécu dans la région depuis de nombreuses générations.
Les auteurs font ensuite le tour des acteurs de l’hypothèse hygiéniste. Ils reprennent notamment les résultats de Rook (2012) et soulignent le rôle des microorganismes du microbiote intestinal. La meilleure exposition qu’ont les individus vivant avec beaucoup d’animaux et possédant beaucoup de frères et soeurs pourrait mener à un microbiote plus diversifié et complexe, qui éviterait une ultra-sensibilité du système immunitaire à l’origine des maladies atopiques.
L’urbanisation et les migrations mondiales globalisées, ainsi que les politiques de santé publique ont réduit voire même éradiqué certaines maladies des sociétés occidentales, et notamment les infections helminthiques, la malaria, les infections mycobactériennes, ou encore l’hépatite A.
Les helminthes sont d’ailleurs une bonne piste quant à la variation de prévalence des maladies atopiques. 37% de la population mondiale en serait infectée, alors même qu’ils sont assez rares dans les pays industrialisés. Les helminthes ont la capacité de moduler le système immunitaire de leur porteur, afin d’éviter d’être éliminés avant d’avoir pu se reproduire, sans pour autant rendre leur hôte complètement sans défense face aux pathogènes. Notamment, ce contrôle passe par une inhibition des voies immunitaires associées aux réactions allergiques, par exemple en favorisant la différenciation des cellules-T naïves en Th2 plutôt qu’en Th1 (qui sont associées à des réactions inflammatoires plus fortes, et à des actions auto-immunes). Des mécanismes cellulaires similaires ont lieu pour les cellules dendritiques, ou pour les cellules de l’immunité innée. De plus, le microbiote, dont les perturbations sont associées à des maladies atopiques et auto-immunes, va être stabilisé par la présence d’helminthes. Tous ces effets ont mené à l’avènement de thérapies aux helminthes pour lutter contre les maladies inflammatoires, ou liées à l’immunité, avec un relatif succès.
En conclusion, les auteurs soulignent les progrès faits dans la compréhension de l’interaction entre immunité, allergies, et “Vieux Amis”, et notamment l’intérêt grandissant des helminthes dans le développement du système immunitaire. En revanche, les molécules mises à l’oeuvre par les helminthes dans le contrôle du système immunitaire restent pour l’instant peu connues. Il serait intéressant d’en savoir plus, afin de pouvoir agir directement sur les patients atteints de maladies auto-immunes et atopiques sans avoir recours aux helminthes eux-mêmes.
Les auteurs commencent par rappeler les chiffres de l’augmentation des allergies dans les sociétés occidentales. Aux Etats-Unis, par exemple, la prévalence de l’asthme a augmenté de 38% de 1980 à 2003. Les bases génétiques de l’apparition des allergies n’ayant pas pu changer fondamentalement en si peu de temps, ce sont surtout les facteurs environnementaux qui sont étudiés, comme la déficience en vitamine D, la pollution, les adjuvents contenus dans les vaccins, l’obésité, ou encore l’exposition aux microorganismes et parasites.
Les auteurs introduisent ensuite les concepts centraux de l’hypothèse hygiéniste, et exposent les preuves épidémiologiques qui ont été accumulées ces dernières années. Ces études mettent en évidence :
L’association entre le nombre de frères et soeurs et le risque de développer de l’eczema ou un rhumes des foins
L’effet favorable des animaux de compagnie sur le risque de posséder des symptômes allergiques
Le lien entre standards d’hygiène et prévalence des maladies atopiques.
L’association entre baisse de présence de parasites, dont les helminthes, et l’augmentation de la prévalence des maladies atopiques
L’effet de tous ces facteurs s’étend à d’autres maladies immunitaires, comme la sclérose en plaque, ou bien le diabète de type I.
Les enfants d’immigrés venus de régions à faible prévalence des allergies et à standards hygiéniques plus faibles acquièrent la même incidence de maladies atopiques que ceux d’individus ayant vécu dans la région depuis de nombreuses générations.
Les auteurs font ensuite le tour des acteurs de l’hypothèse hygiéniste. Ils reprennent notamment les résultats de Rook (2012) et soulignent le rôle des microorganismes du microbiote intestinal. La meilleure exposition qu’ont les individus vivant avec beaucoup d’animaux et possédant beaucoup de frères et soeurs pourrait mener à un microbiote plus diversifié et complexe, qui éviterait une ultra-sensibilité du système immunitaire à l’origine des maladies atopiques.
L’urbanisation et les migrations mondiales globalisées, ainsi que les politiques de santé publique ont réduit voire même éradiqué certaines maladies des sociétés occidentales, et notamment les infections helminthiques, la malaria, les infections mycobactériennes, ou encore l’hépatite A.
Les helminthes sont d’ailleurs une bonne piste quant à la variation de prévalence des maladies atopiques. 37% de la population mondiale en serait infectée, alors même qu’ils sont assez rares dans les pays industrialisés. Les helminthes ont la capacité de moduler le système immunitaire de leur porteur, afin d’éviter d’être éliminés avant d’avoir pu se reproduire, sans pour autant rendre leur hôte complètement sans défense face aux pathogènes. Notamment, ce contrôle passe par une inhibition des voies immunitaires associées aux réactions allergiques, par exemple en favorisant la différenciation des cellules-T naïves en Th2 plutôt qu’en Th1 (qui sont associées à des réactions inflammatoires plus fortes, et à des actions auto-immunes). Des mécanismes cellulaires similaires ont lieu pour les cellules dendritiques, ou pour les cellules de l’immunité innée. De plus, le microbiote, dont les perturbations sont associées à des maladies atopiques et auto-immunes, va être stabilisé par la présence d’helminthes. Tous ces effets ont mené à l’avènement de thérapies aux helminthes pour lutter contre les maladies inflammatoires, ou liées à l’immunité, avec un relatif succès.
En conclusion, les auteurs soulignent les progrès faits dans la compréhension de l’interaction entre immunité, allergies, et “Vieux Amis”, et notamment l’intérêt grandissant des helminthes dans le développement du système immunitaire. En revanche, les molécules mises à l’oeuvre par les helminthes dans le contrôle du système immunitaire restent pour l’instant peu connues. Il serait intéressant d’en savoir plus, afin de pouvoir agir directement sur les patients atteints de maladies auto-immunes et atopiques sans avoir recours aux helminthes eux-mêmes.
Dernière modification il y a plus de 7 ans.