The history of uranium mining in Portugal during almost one century has followed international demand peaks of both radium and uranium, which in turn were driven by medical, military, and civil applications. Nowadays, following price drop in the 1980s, mining activities decreased and ceased in 2001. The current challenge is to deal with environmental legacies left by old uranium mines, mainly located in Viseu and Guarda districts. In 2001, based on several radiological surveys carried out, the Portuguese government assumed the remediation costs of abandoned mine areas for environmental safety and public health
protection. Detailed environmental and public health risk assessments were performed under the scope of studies both requested by the government and by funded research projects. It was found that the existing risks, due to radiological and chemical exposures to metals and radionuclide’s, were particularly high at the old milling facilities and mines where in situ and heap leaching of low-grade ore occurred. The different studies, involving both humans and non-human species from different trophic levels, demonstrated the existence of effects at different levels of biological organization (molecular, cellular, tissues, individuals, and populations) and on ecosystem services. To mitigate the risks, the environmental rehabilitation works at the Urgeiric¸a mine complex are almost complete, while at Cunha Baixa mine, they are presently in progress. These works and environmental improvements achieved and expected are described herein.
Titre de la review
Exploitation d'uranium au Portugal : une analyse des legs environnementaux des principales mines et des impacts sur l'environnement et sur la santé humaine
Exploitation d'uranium au Portugal : une analyse des legs environnementaux des principales mines et des impacts sur l'environnement et sur la santé humaine
Résumé de la review
L’exploitation minière d’uranium a été particulièrement forte au Portugal au 20e siècle, répondant aux fortes demandes militaires et civiles d’uranium et la demande élevée de radium médical. Elle prend fin en 2001. Depuis, de multiples études sur les risques sanitaires et environnementaux ont été menées. Ces risques sont très élevés dans les anciennes installations de broyage et les mines où la lixiviation en tas (technique d'extraction) de minerai à faible teneur se faisait in situ.
Le complexe minier d’Urgeiriça, le plus grand du Portugal, et la mine d’uranium de Cunha Baixa sont au cœur des études écotoxicologiques, prioritaires dans les plans de remédiation. Dans ces mines, la lixiviation en tas utilisait l’acide sulfurique comme solvant. La résine extraite était acheminée à une centrale de traitement chimique pour en récupérer l’uranium. Le reste était stocké dans un barrage, la phase liquide transférée à un bassin de neutralisation de pH. L’eau était ensuite libérée dans les cours d’eau locaux rejoignant la rivière Mondego, une des principales au Portugal, tandis que la boue était stockée dans des bassins d’évaporation voire répandue dans la nature. A la fois dans les résidus miniers du complexe d’Urgeiriça et dans les sédiments du cours d’eau recevant les effluents ont été enregistrées des concentrations élevées de 238U. A la fin de l’exploitation, ce sont environ 80 000 m3 de résidus déversés près du puits principal de la mine, sur 1,5 ha.
La synthèse résume les observations de diverses études sur les organismes occupant les zones contaminées :
Plusieurs études ont également porté sur la diversité et les fonctions écosystémiques :
La recherche en écotoxicologie avant et durant les travaux de remédiation a permis d'identifier des critères d'évaluation pour estimer les effets de l'exposition aux métaux et déchets radioactifs sur les biotes.
L’exploitation minière d’uranium a été particulièrement forte au Portugal au 20e siècle, répondant aux fortes demandes militaires et civiles d’uranium et la demande élevée de radium médical. Elle prend fin en 2001. Depuis, de multiples études sur les risques sanitaires et environnementaux ont été menées. Ces risques sont très élevés dans les anciennes installations de broyage et les mines où la lixiviation en tas (technique d'extraction) de minerai à faible teneur se faisait in situ.
Le complexe minier d’Urgeiriça, le plus grand du Portugal, et la mine d’uranium de Cunha Baixa sont au cœur des études écotoxicologiques, prioritaires dans les plans de remédiation. Dans ces mines, la lixiviation en tas utilisait l’acide sulfurique comme solvant. La résine extraite était acheminée à une centrale de traitement chimique pour en récupérer l’uranium. Le reste était stocké dans un barrage, la phase liquide transférée à un bassin de neutralisation de pH. L’eau était ensuite libérée dans les cours d’eau locaux rejoignant la rivière Mondego, une des principales au Portugal, tandis que la boue était stockée dans des bassins d’évaporation voire répandue dans la nature. A la fois dans les résidus miniers du complexe d’Urgeiriça et dans les sédiments du cours d’eau recevant les effluents ont été enregistrées des concentrations élevées de 238U. A la fin de l’exploitation, ce sont environ 80 000 m3 de résidus déversés près du puits principal de la mine, sur 1,5 ha.
La synthèse résume les observations de diverses études sur les organismes occupant les zones contaminées :
Plusieurs études ont également porté sur la diversité et les fonctions écosystémiques :
La recherche en écotoxicologie avant et durant les travaux de remédiation a permis d'identifier des critères d'évaluation pour estimer les effets de l'exposition aux métaux et déchets radioactifs sur les biotes.
Rigueur de la review
Il s'agit d'une review exhaustive des travaux menés dans les principales mines d'uranium portugaises. Tous les résultats sont exposés et discutés, y compris lorsqu'ils ne suggèrent pas d'effet négatif sur les biotes. La majorité des résultats indique tout de même une dégradation des écosystèmes et des capacités des organismes (notamment reproductives).
Il s'agit d'une review exhaustive des travaux menés dans les principales mines d'uranium portugaises. Tous les résultats sont exposés et discutés, y compris lorsqu'ils ne suggèrent pas d'effet négatif sur les biotes. La majorité des résultats indique tout de même une dégradation des écosystèmes et des capacités des organismes (notamment reproductives).
Ce que cette review apporte au débat
Cette publication aborde un aspect rarement traité de la production nucléaire d'énergie : la pollution associée à l'extraction et le traitement de la matière première (c'est le cas aussi pour les énergies renouvelables). Il s'agirait de la principale source d'impact du nucléaire sur la biodiversité.
La connaissance précise des impacts sur l'environnement au cours des différentes étapes du processus de production de combustible nucléaire est importante à la fois pour restaurer les écosystèmes dans les anciens sites d'exploitation et pour diminuer ces impacts dans les exploitations futures.
Dans un contexte où la production nucléaire semble se présenter comme la solution énergétique la moins polluante, les auteurs soulignent des questions importantes : les ressources en uranium seront -elles suffisantes pour soutenir le besoin des centrales ? et l'extraction et le traitement de minerais à faible teneur ne vont-ils pas augmenter sensiblement les émissions de CO2 ?
Cette publication aborde un aspect rarement traité de la production nucléaire d'énergie : la pollution associée à l'extraction et le traitement de la matière première (c'est le cas aussi pour les énergies renouvelables). Il s'agirait de la principale source d'impact du nucléaire sur la biodiversité.
La connaissance précise des impacts sur l'environnement au cours des différentes étapes du processus de production de combustible nucléaire est importante à la fois pour restaurer les écosystèmes dans les anciens sites d'exploitation et pour diminuer ces impacts dans les exploitations futures.
Dans un contexte où la production nucléaire semble se présenter comme la solution énergétique la moins polluante, les auteurs soulignent des questions importantes : les ressources en uranium seront -elles suffisantes pour soutenir le besoin des centrales ? et l'extraction et le traitement de minerais à faible teneur ne vont-ils pas augmenter sensiblement les émissions de CO2 ?
Dernière modification il y a plus de 6 ans.