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Titre de l'article

Variations et successions des associations végétales : des clés pour une gestion raisonnée des habitats naturels.

Introduction à l'article

Les successions et les règles d’assemblage des espèces sont deux aspects fondamentaux de l’écologie qu’il est primordial de prendre en compte lors de la gestion d’un milieu. La phytosociologie, qui étudie les communautés végétales et leurs liens avec le milieu, peut s’avérer être un très bon outil pour fournir des informations sur l’écologie et le fonctionnement écosystémique des milieux. L’objectif de cette étude est de présenter des outils permettant de réaliser le diagnostic phytosociologique des habitats en démontrant l'existence d’une relation entre les variations floristiques et les processus écologiques. Cette étude a aussi pour objectif de proposer une démarche pour faciliter le travail des gestionnaires.

Expériences de l'article

Afin de présenter ces outils pour le diagnostic et la gestion des milieux, cette étude s’appuie sur un exemple de végétation prairiale : les prairies pâturées au sein des marais dans l’ouest de la France. Des relevés phytosociologiques ont été effectués sur les trois milieux du marais. Le jeu de données a été comparé à un jeu de données de référence pour ces prairies grâce au calcul d’un indice de similarité.
Afin de démontrer l’existence d’une relation entre les variations floristiques et les processus écologiques, les auteurs ont cherché à savoir si la présence d'espèces résistantes au piétinement ainsi que l’absence d’espèces compétitrices pourraient être liées à la pression de pâturage. Pour cela différents enclos ont été placés sur les mêmes prairies dans le marais avec différentes densités de bovins, équins ou mixte (bovins et équins) et l’organisation de la végétation a été analysée à l’aide de placettes pour étudier la variabilité intra-communauté.

Résultats de l'article

Les variations floristiques des associations végétales sont des très bons indicateurs des processus écologiques à l'œuvre le long du gradient de pâtures notamment pour mesurer l'intensité de compétition par les espèces et l’intensité de la perturbation. Ces dernières se traduisent par des variations dans la densité du couvert végétal permettant ainsi l'installation de nouvelles espèces, notamment des espèces annuelles ou résistantes à la perturbation. Les tableaux résumant les associations végétales présentes dans ces milieux peuvent servir de référence pour les gestionnaires dans l'identification des habitats et leurs stades successionnels. Ils permettent également d’avoir une approche spatialisée en disposant d’indicateurs renseignant sur les processus à l'œuvre pour pouvoir ajuster en conséquence la gestion du milieu. La phytosociologie pourrait donc être un outil de choix pour les gestionnaires et les aider grandement dans leur travail.

Rigueur de l'article

Cette étude, bien que rigoureuse, se retrouve face à de nombreuses limites d’applications. Effectivement les outils proposés peuvent vraiment s’avérer déterminant pour le travail des gestionnaires mais restent pour le moment trop réduit à certains milieux. De plus dans cette étude la réponse des variations floristiques n’a été testée qu’en fonction de la pression de pâturage et bien qu’ils aient ici démontré une relation, cette relation est-elle présente avec d’autres types de pressions ou est-elle restreinte au pâturage ?

Ce que cet article apporte au débat

Cet article permet de mettre en avant un nouvel outil de diagnostic qui à pour avantage de “prédire” les trajectoires successionnelles et qui, dans le contexte des changements globaux, a toute sa place. Effectivement, les changements globaux poussent les milieux à évoluer dans des directions parfois inconnues, ce qui contraint la gestion a être très conservatrice et à bloquer cette évolution. Or, grâce aux indicateurs phytosociologiques, les gestionnaires pourraient avoir une meilleure idée du devenir des milieux qu’ils doivent protéger et leur permettre d’évoluer pour s’adapter aux changements sans toutefois perdre la diversité qu’ils abritent. Cet article vient donc proposer un outil permettant d’ajuster l’équilibre entre gestion conservatoire interventionniste et libre évolution.

Publiée il y a plus de 5 ans par N. Gil.
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Article : Variations et successions des associations végétales : des clés pour une gestion raisonnée des habitats naturels