Various authors have identified ‘precursors’ of the new concept of the Anthropocene, with most frequent reference made to Antonio Stoppani, Vladimir Vernadsky and Pierre Teilhard de Chardin. The effect, intended or otherwise, of finding forerunners is to deflate the significance of the proposed new geological epoch. We argue there were no precursors to the notion of the Anthropocene, and that there could not have been because the concept (put forward in the year 2000) is an outgrowth of the recent interdisciplinary understanding of the Earth as an evolving planet inaugurated in the 1980s by the International Geosphere-Biosphere Programme and Earth system science. Earlier scientists who commented on ‘the age of man’ did so in terms of human impact on the environment or ‘the face of the Earth’, not the Earth system. Moreover, earlier Western conceptions relied on a progressive and linear evolutionary understanding of the spread of humankind’s geographical and ecological influence, whereas the Anthropocene represents a radical rupture with all evolutionary ideas in human and Earth
history, including the breakdown of any idea of advance to a higher stage (such as Teilhard’s ‘noösphere’).
Titre de l'article
L’Anthropocène a-t-il été anticipé ?
L’Anthropocène a-t-il été anticipé ?
Introduction à l'article
Le concept de l’Anthropocène se manifeste dans la littérature scientifique depuis plus d’un siècle sous différentes formes. Bien que le terme "Anthropocène" soit apparu récemment, il a des précurseurs avec la plupart de références à Antonio Stoppani, Vladimir Vernadsky et Pierre Teilhard de Chardin. Le géologue italien Antonio Stoppani qui a reconnu les effets que les humains ont sur le système terrestre, fut le premier à proposer le terme "anthropozoique". Parmi les autres termes apparus figurent le "Psychozoique" proposé par Joseph Le Compte en 1879, le "Noösphere" en 1926 par Vladimir Vernadsky et Pierre Teilhard Chardin. En faisant référence aux auteurs du 19e et de la première moitié du 20e siècle, afin de renforcer la crédibilité du nouveau concept, les partisans de l’Anthropocène situent son origine et sa nature dans l’impact que l’humanité sur le "visage de la Terre" par transformation des paysages plutôt que sur la planète Terre en tant que système complexe en évolution.
Le concept de l’Anthropocène se manifeste dans la littérature scientifique depuis plus d’un siècle sous différentes formes. Bien que le terme "Anthropocène" soit apparu récemment, il a des précurseurs avec la plupart de références à Antonio Stoppani, Vladimir Vernadsky et Pierre Teilhard de Chardin. Le géologue italien Antonio Stoppani qui a reconnu les effets que les humains ont sur le système terrestre, fut le premier à proposer le terme "anthropozoique". Parmi les autres termes apparus figurent le "Psychozoique" proposé par Joseph Le Compte en 1879, le "Noösphere" en 1926 par Vladimir Vernadsky et Pierre Teilhard Chardin. En faisant référence aux auteurs du 19e et de la première moitié du 20e siècle, afin de renforcer la crédibilité du nouveau concept, les partisans de l’Anthropocène situent son origine et sa nature dans l’impact que l’humanité sur le "visage de la Terre" par transformation des paysages plutôt que sur la planète Terre en tant que système complexe en évolution.
Expériences de l'article
Les auteurs de cette review s’intéressent aux précédents historiques de la notion ‘d’Anthropocène’. Pour cela ils ont retracé chronologiquement les termes faisant référence à « l’Homme comme nouvelle force géologique » et ont analysé les visions des pionniers du concept d’Anthropocène.
Les auteurs de cette review s’intéressent aux précédents historiques de la notion ‘d’Anthropocène’. Pour cela ils ont retracé chronologiquement les termes faisant référence à « l’Homme comme nouvelle force géologique » et ont analysé les visions des pionniers du concept d’Anthropocène.
Résultats de l'article
Les auteurs soutiennent que ni les idées de Verdansky, ni celles de Teilhard de Chardin, ni celles d’aucun autre penseur historique n’étaient un ‘précurseur’ de la notion d’Anthropocène en raison des nouveautés des connaissances qui fondent ce concept. Toutes ces idées appartiendraient à la période du Quaternaire, et non à la discontinuité Holocène-Anthropocène proposée. De plus en comparant les visions pionnières d’une ‘ère humaine’ avec celle de l’Anthropocène, plusieurs différences ressortent. Si pour Teilhard de Chardin la Noösphère représentait la puissance de la conscience de l’humanité tout en entière élevée au-dessus de la Terre, l’Anthropocène dans l’approche des scientifiques du système terrestre, est une rupture radicale avec toutes les idées évolutives de l’histoire de l’humanité et de la Terre, y compris la rupture de toute idée d’avancement à un niveau supérieur. Enfin, les auteurs placent le début de l’Anthropocène aux essais nucléaires de 1945.
Les auteurs soutiennent que ni les idées de Verdansky, ni celles de Teilhard de Chardin, ni celles d’aucun autre penseur historique n’étaient un ‘précurseur’ de la notion d’Anthropocène en raison des nouveautés des connaissances qui fondent ce concept. Toutes ces idées appartiendraient à la période du Quaternaire, et non à la discontinuité Holocène-Anthropocène proposée. De plus en comparant les visions pionnières d’une ‘ère humaine’ avec celle de l’Anthropocène, plusieurs différences ressortent. Si pour Teilhard de Chardin la Noösphère représentait la puissance de la conscience de l’humanité tout en entière élevée au-dessus de la Terre, l’Anthropocène dans l’approche des scientifiques du système terrestre, est une rupture radicale avec toutes les idées évolutives de l’histoire de l’humanité et de la Terre, y compris la rupture de toute idée d’avancement à un niveau supérieur. Enfin, les auteurs placent le début de l’Anthropocène aux essais nucléaires de 1945.
Rigueur de l'article
Publié dans un journal spécialisé (The Anthropocene Review) cet article propose une approche historique et philosophique du concept. Bien que la notion d’Anthropocène soit acceptée par la majorité de la communauté scientifique, les auteurs reviennent sur le terme ‘Anthropocène’, aujourd’hui largement démocratisé, et questionnent sur sa pertinence avec des arguments solidement référencés.
Publié dans un journal spécialisé (The Anthropocene Review) cet article propose une approche historique et philosophique du concept. Bien que la notion d’Anthropocène soit acceptée par la majorité de la communauté scientifique, les auteurs reviennent sur le terme ‘Anthropocène’, aujourd’hui largement démocratisé, et questionnent sur sa pertinence avec des arguments solidement référencés.
Ce que cet article apporte au débat
Alors que beaucoup d’ouvrages débâtent sur « à quand remonte le début de l’Anthropocène ?» ou encore « est-ce de la responsabilité de l’ensemble de l’humanité ?», cet article apporte, à travers la sémantique historique du terme Anthropocène, une réflexion sur la signification même du terme. En plus de réfléchir sur les précurseurs historiques de l’Anthropocène, les auteurs Clive Hamilton (un philosophe australien) et Jacque Grinevald (un philosophes et historien français, membre de la Commission Internationale de Stratigraphie) s’intéressent à la vision des penseurs mais aussi à leurs influences. On apprend entre autre que Stoppani, à qui le chimiste Paul Crutzen se réfère fréquemment, était un ardent défenseur de la concordance entre la science et la vision chrétienne de l’Homme et de la Nature. Dans cet article ils questionnent la crédibilité du concept d’Anthropocène se référençant aux auteurs du 19e et 20e siècle.
Alors que beaucoup d’ouvrages débâtent sur « à quand remonte le début de l’Anthropocène ?» ou encore « est-ce de la responsabilité de l’ensemble de l’humanité ?», cet article apporte, à travers la sémantique historique du terme Anthropocène, une réflexion sur la signification même du terme. En plus de réfléchir sur les précurseurs historiques de l’Anthropocène, les auteurs Clive Hamilton (un philosophe australien) et Jacque Grinevald (un philosophes et historien français, membre de la Commission Internationale de Stratigraphie) s’intéressent à la vision des penseurs mais aussi à leurs influences. On apprend entre autre que Stoppani, à qui le chimiste Paul Crutzen se réfère fréquemment, était un ardent défenseur de la concordance entre la science et la vision chrétienne de l’Homme et de la Nature. Dans cet article ils questionnent la crédibilité du concept d’Anthropocène se référençant aux auteurs du 19e et 20e siècle.
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