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Titre de l'article

Les insuffisances généralisées en ressources des aires protégées sapent les efforts de conservation de la biodiversité

Introduction à l'article

Les aires protégées sont soumises à des objectifs d'efficacité pour la protection des espèces qu'elles sont censées abriter. Pour qu'une aire protégée soit efficace, elle a besoin de ressources budgétaires mais aussi humaines suffisantes pour garantir une protection efficace. En effet, la tendance actuelle pousse vers une extension des aires protégées et la qualité de ces dernières peut passer au second plan.

Cette article va donc chercher à calculer la proportion d'aires protégées possédant des ressources adéquates mais va aussi s'intéresser à la proportion d'espèces animales représentées dans les aires dites "adéquates" afin de voir si elles répondent aux objectifs fixés.

Expériences de l'article

L'article va donc calculer les ressources attribuées aux réserves sélectionnées via les évaluations PAME (mesure de l’efficacité des aires protégées) réalisées généralement par le personnel des aires protégées dont le but est l'évaluation de la bonne gestion d'une aire protégée. Cela évalue la mesure dans laquelle la gestion permet la conservation de la biodiversité, les services écosystémiques ou la réalisation des buts et objectifs déclarés. Diverses méthodes sont utilisées pour calculer ces données. Cette étude se base sur l'analyse de 2167 aires protégées représentant 23% de la surface d'aire mondiale.

Pour évaluer la proportion d'espèces terrestres protégées sur les aires protégés dotées de ressources suffisantes, l'étude sélectionne 11 919 espèces individuelles d'amphibiens, d'oiseaux et de mammifères dont les aires géographiques chevauchaient les limites des aires protégés de l'échantillon choisit. Ainsi divers calculs ont été réalisés suite a l'analyse de ces données.

Résultats de l'article

Sur l'ensemble des aires protégées étudiées, 46,8% des aires protégées ont des ressources inadéquates (ce qui représenterait presque 50% de la surface d'aire protégée mondiale) et 22, 6% ont donc des ressources adéquates, le reste ayant soit un manque de budget soit un manque de personnel. Les aires protégées d’Amérique Centrale et du Sud sont les aires où les ressources sont les plus inadéquates.

Autre point important de l'étude : seulement 4% des espèces d'amphibiens, 8% des espèces d'oiseaux et 9% des espèces de mammifères utilisées dans l'étude sont suffisamment représentées dans le domaine mondial d'aires protégées par rapport aux objectifs fixés par ces dernières, alors que seules les aires protégées disposant de ressources dites suffisantes ont été prises en considération pour ce calcul. Cela montre que même les aires protégées ayant des moyens adéquats ont des difficultés à accomplir leur mission.

Rigueur de l'article

L'échantillon d'aires protégées ne couvre pas l'Amérique du Nord, l'Australie et l'Europe occidentale, régions avec des pays qui ont des PIB plus élevés en moyenne et des niveaux plus conséquents de financement de la conservation. Dans les pays évalués, les aires protégées étaient plus grandes et plus anciennes. Ainsi il se pourrait que la proportion d'aires protégées ayant des ressources insuffisantes soit en réalité bien plus faible que l'article le présente.

L'article ne se base que sur des données pré-enregistrées qui ont elles aussi un risque d'imprécision pouvant fausser les résultats de cet article. Ces évaluations sont menées par le personnel de l'aire protégée et d'autres parties prenantes, et couvrent différents éléments de gestion.

Ce que cet article apporte au débat

L'article souligne donc l'importance du manque de moyen sur une grande partie des aires protégées ce qui réduit fortement l'impact de ces dernières. Ce manque de ressource va avoir un impact négatif sur la gestion de la biodiversité et de l'environnement, par exemple le manque de moyen humain réduit l’efficacité de la lutte contre le braconnage. De plus même les aires protégées ayant des ressources suffisantes n'arrivent pas à atteindre leurs objectifs de représentativité en terme d'espèces présentent dans les aires pourtant adaptées. Ainsi se concentrer sur la qualité des aires plutôt que sur leur extension paraît être prioritaire.

Autre point évoqué, l’efficacité des aires protégées est souvent évaluée en fonction des espèces dites "charismatiques" c'est à dire des espèces connues ou symboliques pour le grand public ce qui n'est pas représentatif de la réalité. Le fait de se concentrer sur ses espèces pour entrainer une évaluation trop positive de l’efficacité des aires protégées.

Publiée il y a plus de 5 ans par V. L ecointe et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.
Article : Widespread shortfalls in protected area resourcing undermine efforts to conserve biodiversity
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  • Auteurs
    Lauren Coad, James EM Watson, Jonas Geldmann, Neil D Burgess, Fiona Leverington, Marc Hockings, Kathryn Knights, Moreno Di Marco
  • Année de publication
    2019
  • Journal
    Frontiers in Ecology and the Environment
  • Identifiant unique
    10.1002/fee.2042
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  • Apparait dans la controverse
    Les aires protégées permettent-elles la conservation de la biodiversité ?
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