#Introduction
Bref rappel du contexte et des enjeux.
Si nécessaire, décomposition de la question principale en sous questions et mise en évidence de l'articulation de ces sous questions.
Depuis plus d'un siècle, l'homme exerce une forte pression sur les écosystèmes et l'environnement. En effet, pour subvenir à ses besoins, il modifie la nature aussi bien au niveau abiotique avec une augmentation de la température, des polluants, de la chasse ou encore du braconnage qu'au niveau biotique avec la déforestation et donc la destruction d'habitats. Cela va donc avoir des conséquences sur les espèces vivantes dans ces écosystèmes. Effectivement, depuis quelques années, de nombreuses espèces se sont éteintes, et un très grand nombre sont en voie d'extinction. Tous les ans, ce n'est pas moins de 26000 espèces qui s'éteignent, un taux d'extinction record depuis l'extinction des dinosaures. De plus, des scientifiques estiment qu'à ce rythme, la moitié des espèces actuelles aura disparu d'ici 2100, et 75% d'entre elles auront disparu en 2200. Il faut donc réagir afin de conserver ces espèces ainsi que leur habitat, non seulement dans un esprit de conservation pure, mais également car quelques unes de ces espèces sont importantes pour la vie de l'Homme sur terre, comme par exemple les abeilles. Il convient pour cela de déterminer quelle stratégie serait la plus efficace, tout en prenant en compte des paramètres économiques. En effet, si l'on fait des efforts pour conserver toutes les espèces, toutes les fonctions seront préservées et l'écosystème gardera son fonctionnement initial. Cependant, il n'est pas possible économiquement de tout préserver, et il faut faire des choix. Pour cela, il est important de définir deux notions : la richesse spécifique, qui représente le nombre d'espèces différentes au sein de l'écosystème, cela d'un point de vue taxonomique, et la richesse fonctionnelle, qui se base elle sur le nombre de fonctions présentes, peu importe le nombre d'espèces. Il convient donc de se demander si le bon fonctionnement d'un écosystème repose plutôt sur sa richesse spécifique ou sur sa richesse fonctionnelle, et de définir ainsi laquelle de ces deux richesses il est important de conserver afin de préserver l'écosystème dans la mesure du possible, aussi bien au niveau économique qu'au niveau méthodologique.
Cœur de la synthèse
Il était auparavant reconnu que les organismes vivant dans un écosystème donné vont le modifier, que ce soit volontairement pour leur besoins, ou de manière indirecte de par leur activité. Cependant, l'origine de l'intensité de ces modifications n'étaient pas connue : résultent-elles de la diversité de fonctions ou du nombres d'espèces différentes ? Les articles analysés montrent que ce serait plutôt la diversité fonctionnelle qui a un fort impact sur les caractéristiques et le fonctionnement d'un écosystème.
En effet, il est souvent montré qu'un petit nombre d'espèces, voire même une seule espèce, est capable d'assurer diverses fonctions bénéfiques à l'écosystème. En effet, elles peuvent attirer un grand nombre d'espèces, que ce soit en formant un habitat ou en représentant une source de nutriments, comme c'est le cas pour les Ficus qui sont capables d'attirer un grand nombre d'oiseaux frugivores. Ils permettent la pollinisation et la dispersion des plantes et donc le bon fonctionnement de leur écosystème : ici il est intéressant de préserver le Ficus car sa fonction permet la préservation d'autres espèces qui vont contribuer à la marche de l'écosystème (Are Protected Areas Required to Maintain Functional Diversity in Human-Modified Landscapes?)
De même, il est montré que quelques arbres épars modifient leur environnement de manière bénéfique : les feuilles de l'arbre interceptent les rayons lumineux, ainsi il fait plus frais et humide sous ses branches, cela peut donc permettre à diverses espèces de s'y abriter, en cas de forte chaleur par exemple. De plus, le flux d'eau créé par l'arbre (absorption racinaire, appel foliaire) augmente l'infiltration d'eau, et donc sa disponibilité dans les sols alentours. On observe également, autour de ces arbres, une augmentation de la quantité de nutriments grâce à la dégradation des litières, des excréments animaux, et de l'accumulation de nutriments par les racines et l'arbre. De plus, ces arbres vivent souvent en symbiose avec des bactéries fixatrices d'azote, du genre Rhizobium. Elles fixent l'azote atmosphérique et augmentent donc la quantité d'azote disponible dans les sols (Scattered trees are keystone structures – Implications for conservation). Au même titre que les Ficus, la préservation ou la plantation d'arbres épars va permettre d'attirer diverses espèces qui vont à leur tour exercer de multiples fonctions au sein de l'écosystème.
Il faut ajouter à cela que les comparaisons de l'impact de la richesse fonctionnelle ou de la richesse spécifique sur l'écosystème (The Influence of Functional Diversity and Composition on Ecosystem Processes) montrent que le nombre de fonctions est plus important. Ici, lorsque la diversité fonctionnelle augmente, la productivité des plantes ainsi que leur teneur en azote augmentent, tandis que la teneur en azote du sol diminue (NO3- et NH4+), alors que ces effets ne sont pas observés lorsque c'est la diversité spécifique qui augmente.
Conclusion et ouverture
Par ces aspects, la richesse fonctionnelle paraît avoir une forte action sur les processus d'un écosystème alors que la diversité spécifique ne semble pas jouer un rôle très important. La controverse est d'un autre ordre : il est bien entendu préférable de préserver toutes les espèces, ce qui conservera les fonctions, mais il est difficile de le faire et cela aurait un fort coût économique. Il vaut donc mieux se concentrer sur quelques espèces, afin de conserver un écosystème actif comme il l'était dans son état initial, plutôt que de se concentrer sur toutes les espèces et risquer d'échouer.