Partie 2
Depuis sa survenue, l’accident nucléaire de Tchernobyl a fait l’objet de centaines de publications scientifiques pour évaluer son impact sur la faune et la flore. Elles ne sont toutefois pas suffisantes pour caractériser et quantifier les conséquences systématiques des accidents nucléaires sur la biodiversité. En général, les espèces ne sont pas toute impactées de façon similaire, il faut prendre en compte que ces dernières n’ont pas les mêmes sensibilités face aux radionucléides. Néanmoins, l'étude réalisée par Wehdren et al.(2012)montre qu’ il y a des effets négatifs d’un point de vue physiologique chez des divers organismes étudiés (la réduction des taux de leucocytes, une réduction des taux de reproduction et puis un affaiblissement du système immunitaire), l’effet de la bioaccumulation via le réseau trophique qui augmente les chances de voir apparaître des altérations morphologiques ou physiologiques et puis une contamination des ressources à cause de l’iodine 131 et du caesium 137.
Puis est arrivé l’accident de Fukushima et la probabilité que ce type d’accident aura lieu tous les 60 à 150 ans (Wheatley et al., 2016). La zone contaminée de Fukushima est un site réplique de Tchernobyl en termes de radiations émies dans l’environnement et la biodiversité locale. Cela a permis une étude comparative des deux sites. Les différences et similarités génétiques, physiologiques, morphologiques, comportementales et du développement à l’issue de l’exposition à des contaminants radioactifs parmi les deux sites ont été soulevées. Par exemple, ila été remarqué la fréquence de manifestation des tumeurs, l’apparition de la cataracte, la taille réduite du cerveau, la déformation des plumes, et la croissance anormale des pieds et becs chez les oiseaux sur les deux sites. Dans l’étude de Møller et al. (2015), il a été souligné que l’abondance et la diversité des oiseaux à Tchernobyl décroissent avec l'augmentation du niveau d'exposition à la radiation. Cette relation négative est plus forte à Fukushima et la différence peut découler des variables temporelles et chroniques de l’exposition à la radiation. La relation négative sur le site de Fukushima et confirmée par une étude plus complète (Garnier-Laplace et al., 2015).
Selon les auteurs ayant publié sur les grands mammifères des réserves de Biélorussie, le dépeuplement humain est le facteur principal de retour de la faune dans les zones contaminées. En ce qui concerne les zones à Fukushima, une étude faite par IRSN (2016) démontre que l’effet de l'exposition à la radiation (dose absorbée) est similaire entre les zones évacuées et non évacuées et donc la diminution du nombre total d'oiseaux doit être pris plus sérieusement.