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Cette synthèse appartient à la controverse Quel est l'impact de la production nucléaire sur la biodiversité ?

1) Minimisation des émissions de gaz à effet de serre
L’une des menaces majeures pesant aujourd’hui sur la biodiversité planétaire est celle du réchauffement climatique d’origine anthropogénique. Celui-ci est principalement causé par les émissions de gaz à effet de serre. Parmi celles-ci, le principal agent du réchauffement climatique, le CO2, est produit en grande majorité par le secteur de l’énergie (Fig 1)

A contrario des énergies fossiles, l’énergie nucléaire produit à priori peu de gaz à effet de serre; la différence entre les deux serait d’un ou deux ordres de grandeur (Adamantiades & Kessides, 2009). Toutefois, la véracité de cette affirmation est à vérifier, car les activités minières liées à l’énergie nucléaire, ainsi que la construction et l’entretien des centrales, etc… peuvent générer une quantité de gaz à effet de serre non négligeable.
L’étude de Rashad et Hammad (2009) apporte une vision favorable des émissions du secteur nucléaire par rapport à celles engendrées par les énergies fossiles. Cet écart devrait également se creuser encore davantage dans le futur, les avancées en matière d’énergie nucléaire semblant prometteuses là ou peu de progrès dans l’exploitation des énergies fossiles est à prévoir. Les énergies renouvelables (hydro-électriques, éoliennes, solaires), ont certes un bilan en émission carboné nul (ou quasi-nul), mais elles sont de grandes consommatrices de surface, là où une centrale nucléaire ne requiert qu’une surface assez réduite.

Brook et Bradshaw (2014) vont également dans ce sens en comparant trois scénarios énergétiques pour le futur : un scénario sans changement par rapport à la situation actuelle, un scénario où la part de la production nucléaire d’énergie a considérablement augmenté, et un scénario de transition aux énergies renouvelables. Les deux scénarios « nucléaires » et « renouvelables » permettraient tout deux de largement réduire les émissions de gaz à effet de serre ; cependant, le scénario « nucléaire » est representé comme étant largement plus réaliste, au vu de la situation technologique actuelle. Les énergies renouvelables autres qu’hydroélectriques sont intermittentes et doivent souvent être complétées avec des énergies fossiles (Brook et al. 2019) ; et l’énergie hydroélectrique est très dépendante du réseau hydrographique, ne pouvant être implémentée partout. Toutefois, dans l’absolu, une solution entièrement basée sur les énergies renouvelables serait encore moins émettrice de gaz à effets de serre (Jacobson 2019).

En conclusion, même en prenant en compte les coûts d’extraction de l’uranium et de construction/maintenance des infrastructures, l’énergie nucléaire reste une alternative largement meilleure aux énergies fossiles en terme d’émission de gaz à effet de serre. Une transition vers l’énergie nucléaire représenterait sans doute une amélioration de la situation climatique globale, considérée comme l’une des principales menaces actuelles pour la biodiversité. Toutefois, il est également important de considérer d’autres facteurs pouvant représenter de forts inconvénients pour la biodiversité : les évènements catastrophiques, et les impacts sur l’environnement autres que l’émission de gaz à effets de serre.

Publiée il y a plus de 6 ans par J. Legeay.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.