Une littérature bourgeonnante décrit le rôle du sexe sur l'anatomie, la chimie et le fonctionnement du cerveau. Cet article met l'accent sur les découvertes les plus intriguantes et leurs implications. Prendre en considération les effets liés aux différences sexuelles peut aider à expliquer des résultats apparemment contradictoires. La recherche sur l'influence du sexe est nécessaire pour pleinement comprendre tout un tas de maladies cérébrales avec des différences sexuelles dans leur incidence et/ou leur nature. La quantité et la diversité impressionantes d'influences liées au sexe dans le fonctionnement du cerveau indiquent que l'hypothèse toujours très répandue que l'influence du sexe est négligeable ne peut plus être justifiée et retarde probablement le progrès dans notre domaine (les neurosciences).
(traduction approximative du résumé original)
L'auteur rappelle que, bien que beaucoup considèrent l'influence du sexe comme négligeables, peu d'études ont réellement vérifié cette hypothèse.
Il ajoute que beaucoup pensent que seules les hormones circulantes à l'âge adulte entrent en jeu dans ces différences, or les hormones ont un fort rôle durant le développement et altèrent ainsi la structure et les réseaux cérébraux pendant la vie adulte.
Il critique ceux qui prétendent que, parce qu'il y a de fortes différences entre personnes du même sexe, les différences entre les sexes seraient négligeables, ce qui n'a aucune valeur scientifique alors qu'il existe des outils statistiques fiables qui permettent justement de comparer les différences dans un même groupe (même sexe) par rapport aux différences entre groupe (entre sexes). A titre d'exemple, une pomme rouge sera très différente en apparence d'une pomme verte, par la couleur, elle n'en restera pas moins une pomme, alors qu'une fraise rouge et une poire verte ne seront pas considérées comme des pommes, alors même que leur couleur est plus proche de celle de la pomme. Pourquoi? Tout simplement parce que le critère de la couleur n'est pas celui qui définit d'être ou non une pomme. De même, certains exploitent certaines différences dans un même sexe afin de dire que toutes les différences entre sexes sont négligeables, mais il s'agit là d'un abus et non d'un véritable raisonnement scientifique.
L'auteur rappelle aussi que des systèmes cérébraux différents dans leur structure ou leur fonctionnement peuvent donner le même comportement (phénotype).
L'auteur précise aussi que dans plusieurs pathologies (maladie d'Alzheimer, stress post-traumatique, anxiété, schizophrénie, sclérose en plaques, autisme, addiction, fibromyalgie, déficit de l'attention, syndrome de l'intestin irritable, maladie de Gilles de la Tourette, troubles de l'alimentation), le sexe semble jouer un rôle et que des différences biologiques pourraient être la raison de ces différences.
Cette review date de 2006 et, ne peut donc pas prendre en compte tous les travaux ultérieurs.
Cette review veut faire un focus sur les différences biologiques (structurales, chimiques) entre les sexes pour les rappeller et les souligner afin de lutter contre l'hypothèse communément admise par la communauté scientifique que le sexe est un caractère souvent négligeable sans vérification préalable. De ce fait, elle ne parle pas du tout de tous les cas où les différences entre les sexes sont purement ou principalement culturelles. Elle n'évoque pas non plus les cas où les différences entre les sexes sont effectivement négligeables, car ce n'est pas son but.
Cette review, très accessible et facile à lire, permet d'avoir une vue globale sur les différences biologiques entre les sexes (en l'état des connaissances en 2006 quand elle fût écrite). Elle rappelle aussi que:
1) les hormones ont un fort rôle durant l'adolescence ce qui participe à créer des différences structurales, chimiques et fonctionnelles entre les cerveaux des hommes et des femmes à l'âge adulte
2) le cycle menstruel et le niveau d'hormones associé peut jouer un rôle dans des tâches verbales, spatiales et dans des tâches de mémorisation (avec des différences de performance selon le moment du cycle chez les femmes alors que chez les hommes où, a priori, il n'y a pas vraiment de cycle menstruel (mais plus un cycle quotidien) les performances sont plus homogènes au cours d'un mois)
3) les hommes et les femmes peuvent avoir des comportements similaires, mais basés sur des systèmes nerveux différents.
Y-a-t-il de réelles différences innées entre les cerveaux masculins et féminins ?
Les cerveaux des hommes et des femmes présenteraient certaines différences, il est donc intéressant de comprendre si ces différences sont d'ordre biologique (innées) ou principalement le résultat de facteurs sociaux (acquises).
Publiée il y a plus de 10 ans par P. Duret.La principale différence est évidente : le volume moyen des cerveaux féminins est inférieur à celui des cerveaux masculins, ce qui découle directement du fait que les femmes sont en moyenne plus petites que les hommes. Ceci est incontestable. Mais ce fait continue de poser problème en Neurosciences : en effet, quand on étudie des différences plus fines, on peut choisir de prendre en compte la différence de groupe en volume, ou de ne pas le faire.
Ceci implique aussi que, pour réaliser une même tâche cognitive, les hommes et les femmes pourraient utiliser des réseaux cérébraux un peu différents. Dans ce cas précis, les différences existent mais ne sont pas informatives sur les capacités d'un groupe comparé à l'autre.
Une autre manière d'aborder les choses est d'étudier une fonction cérébrale ou une tâche pour laquelle des différences sont bien connues et de rechercher les bases cérébrales de cette différence. Seulement dans ce cas, rien n'indique que les divergences ne sont pas dues à l'éducation ou à d'autres facteurs sociaux...
Il est donc extrêmement difficile dans les études comparant les sexes, de différencier le fait que de réelles différences cérébrales existent (de structure, de connexion des réseaux, d'activations cérébrales, ...) et le fait qu'elles soient vraiment informatives sur des différences de fonctionnement cérébral et de capacités. De plus, comment savoir à quel point les facteurs sociaux ont joué sur les différences sexuelles maintenant "imprimées" dans le cerveau adulte ? L'étude de très jeunes enfants pourrait en partie répondre à ces questions même si elle pose d'évidents problèmes éthiques et techniques.
Pour finir, il convient de se poser la question de l'utilité de ces études démontrant des différences cérébrales entre les hommes et les femmes. Veut-on prouver qu'il y a des domaines ou les un(e)s sont supérieur(e)s aux autres ? Cela ne sera pas très informatif dans un contexte de tous les jours car des moyennes de groupes ne permettent en aucun cas d'étendre les conclusions à une personne particulière. En revanche, dans les cas de pathologies et dans un contexte de traitement personnalisé, il convient de connaître et de prendre en compte ces différences afin de s'adapter au mieux aux besoins du patient.
Dernière modification il y a plus de 10 ans.