Cet article utilise la méthode des analyses de cycles de vie, c'est à dire qu'il étudie les impacts environnementaux de différentes technologies en prenant en compte non seulement leur utilisation, mais aussi leur fabrication et leur démantèlement.
L'auteur a deux approches successives : une analyse des cycles de vie statique (classique) et dynamique.
Dans l'analyse statique, il inclut la production des infrastructures et matériaux, la période opératoire, la maintenance et le démantèlement / recyclage. Sont exclus les consommations de carburants liés aux transports par camions nécessaires pour toute la durée de vie des infrastructures.
Dans l'analyse dynamique, les progrès techniques futurs prévus sont pris en compte (par exemple il est prévu que les panneaux solaires produisent plus d’électricité sans utiliser plus de ressources).
Les impacts environnementaux pris en compte sont très variés et incluent les émissions de gaz à effet de serre (GES, qui nous intéressent dans cette controverse) et sont comparés au impacts provoqués par le mix énergétique allemand de 2010 (on observe donc le potentiel de réduction des GES par rapport au scénario de référence "business as usual").
Les résultats de l'analyse statique montre clairement que les GES induits par les énergies renouvelables sont largement inférieurs à ceux du scénario de référence.
L'analyse statique montre une réduction de 20 % en plus des émissions de GES par rapport au scénario de référence.
Cet article se place dans le cas particulier de l'Allemagne, puisque toutes les mesures sont faites en comparaison avec le scénario de référence allemand. Il n'est pas facilement transférable à la France en raison de la particularité du mix énergétique français très nucléarisé (et donc très différent du mix allemand).
De plus, les analyses se basent sur les meilleures technologies existantes, qui ne sont pas forcément celles utilisées en réalité partout.
Enfin, l'auteur reconnait de très forte hétérogénéité selon les contextes (géographiques notamment).
Ces analyses de cycles de vie montrent que les énergies renouvelables sont, dans l'ensemble, largement moins émettrices de GES (fabrication et démantèlement compris).
L'étude montre aussi que les autres critères environnementaux (acidification, déplétion des ressources, etc.) sont en général mieux respectés avec les énergies renouvelables, ou autant, qu'avec le scénario de référence (des exceptions existent cependant, par exemple la forte acidification dû à l'utilisation de paille pour le chauffage).
Les énergies renouvelables sont-elles moins émettrices de gaz à effet de serre que les énergies fossiles ?
L'objectif affiché pour justifier le développement des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, biomasse, géothermie, etc.) est qu'elles seraient moins émettrices de gaz à effet de serre que les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz, nucléaire, etc.). Pourtant certains remettent en cause ce postulat et évoquent des émissions cachées lors de la fabrication et/ou le recyclage des panneaux solaires, éoliennes ... qui réduiraient l’intérêt environnemental de ces énergies.
Les analyses de cycles de vie (ACV, ou LCA en anglais) permettent de prendre en compte toutes les émissions liées à la production d'un bien, de l'extraction des matières premières jusqu'à son traitement en fin de vie. Que disent ces analyses pour le cas particulier des énergies renouvelables ?
Il existe deux effets distincts à prendre en compte : la quantité de gaz émise et l'impact de ces gaz sur l'effet de serre.
Publiée il y a plus de 10 ans par P. Guille Escuret.Dernière modification il y a plus de 10 ans.