L'IRMf (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle) est une technique très utilisée à l'heure actuelle et depuis plusieurs années pour comprendre le fonctionnement du cerveau humain. Cette technique sert autant à des buts cliniques (comprendre les pathologies) qu'à des buts de recherche fondamentale (comprendre le fonctionnement du cerveau en général). Néanmoins, comme beaucoup d'autres méthodes, elle a ses limites. Les chercheurs ici ont voulu, à travers un exemple anecdotique, souligner que des bonnes statistiques sont importantes avant de conclure à quoi que ce soit.
Les chercheurs ont placé un saumon mort dans l'IRM pendant que des images d'humains dans différentes situations sociales (individu inclus dans un groupe social ou exclu) étaient représentées. Les chercheurs, pour combler le tout et respecter le design habituel de cette tâche, ont demandé à chaque fois au saumon mort d'identifier les émotions ressenties par l'individu représenté sur chaque photo.
Les chercheurs montrent que, malgré le fait que le saumon soit mort, avec le test statistique appliqué, ils arrivent à montrer une "activité" dans le cerveau du saumon mort. Comme ils le disent eux-mêmes avec humour dans l'article, cela veut soit dire qu'ils ont prouvé un fait invraisemblable que les saumons morts réagissent à des photos d'humains, soit plus probablement qu'ils sont face à un faux-positif (un résultat ressort avec les tests statistiques appliqués, et pourtant il est faux).
Cet article, plus que de discréditer l'IRM, sert à rappeler à la communauté scientifique qu'il faut être très prudent lorsque l'on analyse des données car on peut très vite se retrouver avec des faux positifs et donc affirmer qu'on a trouvé une activité dans une aire cérébrale alors qu'il ne s'agit pas d'un résultat fiable. Il souligne aussi qu'à l'heure où beaucoup, en particulier chez les transhumanistes, rêvent de pouvoir lire dans les pensées comme dans un livre, nous avons encore des progrès à faire pour pouvoir être assurés à 100% des résultats que nous fournissent les études de neuroimagerie et des neurosciences en général et ce n'est qu'à travers la reproduction des résultats, des bons tests statistiques, un échantillon assez grand et la convergence issue de plusieurs études à travers le monde que l'on peut être assurés qu'un résultat scientifique est totalement fiable et valable.
Y a-t-il une technique en neurosciences qui permet de lire dans les pensées?
Beaucoup, notamment en justice, fantasment sur la possibilité de lire dans les pensées pour voir par exemple quand un accusé ou un témoin ment. D'autres craignent plus que tout ce type d'intrusion dans ce qui constitue nos pensées intimes.
- Est-il possible de "lire les pensées" aujourd'hui?
- Quelles sont les techniques actuelles en neurosciences qui permettent de voir l'activité du cerveau? Quelle est leur précision? Y a-t-il des techniques qui permettraient réellement de "lire" l'activité du cerveau et d'en déduire les pensées des sujets?
Publiée il y a plus de 10 ans par N. Clairis.Dernière modification il y a plus de 10 ans.