INTRODUCTION
Les espèces exotiques envahissantes (EEE) sont connues pour leurs effets négatifs sur la santé publique, les activités humaines, les habitats, les fonctionnements des écosystèmes et surtout la biodiversité[1]. D'après l'IUCN, les EEE constitueraient une des principales causes de l'érosion de la biodiversité et des écosystèmes au même titre que la destruction des habitats naturels, la pollution, l'accroissement de la population humaine, ou encore la surexploitation des milieux. Paradoxalement, le principal facteur d'introduction des EEE est l'Homme lui-même avec l'intensification des échanges commerciaux[2][3]. Cette mondialisation marchande effrénée a contribué à l'augmentation de 76% le nombre d'introduction d'EEE sur le sol européen en l'espace de trente-cinq ans. Ceci, couplé à un climat en perpétuel changement, a permis la survie et l'installation de certaines de ces espèces à de nouveaux environnements[4]. Différentes études de cas [5] ont fait prendre conscience aux dirigeants des risques liées à ces espèces [6] et de la nécessité de renforcer la stratégie de détection précoce et d'action rapide qui permettront de lutter efficacement contre ces "fléaux biologiques"[4].
Pourtant, la question des EEE est très controversée : les nuisances énoncées précédemment par les EEE ne sont basées que sur des préjugés et des croyances et non sur des faits scientifiques. De même, il n'est pas plus démontré que les EEE soient une des causes majeures de l'extinction des espèces[7]. En outre, le vocabulaire utilisé pour décrire ces espèces dérive de celui utilisé dans l'armée (invasion biologique, espèces envahissantes, colonisation, etc.), et a une connotation xénophobe (espèces extraterrestres, dichotomie espèce indigène et espèce exotique) voire catastrophique (fléaux biologiques, nuisibles, impacts) alimentant davantage le paradigme de l'effet négatif des EEE.
Suite à ces considérations une controverse émerge : Doit-on lutter contre les espèces exotiques envahissantes ? En d'autres termes, les EEE sont -elles toujours néfastes ? Sont-elles les moteurs ou les passagères du changement de l'écosystème ? La lutte est-elle efficace et sans conséquences ? Pour répondre à ces questions des études allant de 2001 à 2018 ont été analysées. Nous nous concentrerons essentiellement sur les effets sur les la biodiversité et les services écosystémiques.