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Introduction

*Tabspace*Durant les 150 dernières années, l'effectif de la population humaine a explosé, conduisant à une demande en ressources toujours plus grande et à une exploitation de la biodiversité toujours plus intensive. Cette sur-exploitation engendre l'extinction en masse de nombreuses espèces. Pour essayer de contrer ces menaces, ou du moins de réduire les impacts anthropiques sur la biodiversité, une nouvelle discipline a émergé au cours des 40 dernières années : la biologie de la conservation. Ce champ de recherches multidisciplinaires s'appuie sur trois méthodes principales :
• documenter la gamme complète de la diversité biologique ;
• étudier les impacts des activités humaines sur les espèces, les communautés et les écosystèmes ;
• développer des approches pratiques pour prévenir l’extinction des espèces, maintenir la diversité génétique au sein des espèces, protéger et restaurer les communautés et les fonctions écosystémiques associées.
Deux approches se détachent quand il s'agit de mettre en place un plan d'action, en particulier en ce qui concerne les espèces prioritaires. Faut-il conserver l'ensemble des espèces, donc maintenir la richesse spécifique ? Ou faut-il conserver les espèces clés jouant un rôle dans le fonctionnement des écosystèmes, donc maintenir la richesse fonctionnelle ?

Cœur de la synthèse

La richesse spécifique est un outil qui a été très utilisé pendant les 40 dernières années, comme on peut le constater dans l'étude de Bulot, Provost et Dutoit. En effet, préserver la quantité d'espèces présentes dans un eécosystème en danger critique semblait être le meilleur moyen de sauvegarder toutes les fonctions apportées à cet écosystème.
Cependant, la richesse spécifique est une mesure échelle-dépendante, comme montré dans l'article de Hurlbert et Jetz. Si elle est modélisée par des cartes de localisation, elle est plus ou moins pertinente selon l'échelle observée : à résolution grossière, elle prédira correctement la localisation des points chauds de biodiversité, qui sont considérés comme des zones de conservation prioritaires ; à résolution fine, en revanche, elle sera surestimée, et des frais inutiles seront engagés. En règle générale, la richesse spécifique utilisée comme outil de prédiction des zones prioritaires est un moins bon indicateur que les espèces individuelles, ce qu'ont démontré Veach, Di Minin, Pouzols et Moilanen.
Des expériences menées sur des prairies expérimentales par Crawley, Brown, Heard et Edwards ont mis en évidence la pertinence de la richesse spécifique face à la richesse fonctionnelle : cette mesure est obsolète face à de nouveaux outils mettant la fonction au coeur des projets de conservation.
Même si nous n'avons pas encore les moyens de prédire quelles seront toutes les fonctions apportées par une espèce, ni de prévoir les interactions fonctionnelles, nous pouvons déjà conclure que la richesse spécifique est un outil à la fois coûteux et peu adapté.

Conclusion et ouverture

Il semble que la richesse spécifique ait été un outil efficace par le passé, mais que la progression effectuée en écologie et en biologie de la conservation a permis de mettre en place des indicateurs plus pertinents et moins coûteux, comme la richesse fonctionnelle. Cependant, elle est encore employée aujourd'hui, bien que de nombreuses études aient montré l'efficacité supérieure de la richesse fonctionnelle.

Publiée il y a plus de 8 ans par A. Orsoni et L. Clavareau.
Dernière modification il y a plus de 6 ans.

Cette synthèse se base sur 4 références.