Introduction
Les changements climatiques globaux sont de nos jours un des paramètres les plus mis en avant concernant la répartition spatiale des espèces. Entre autres, car le climat est une composante majeure de la niche écologique des organismes. Malgré tout, le climat n’est pas le seul facteur structurant, on remarque aussi le rôle des paramètres biotiques et abiotiques comme primordial. C’est ici que la problématique se pose, à savoir le changement climatique est-il la composante la plus importante dans l’évolution de l’expansion géographique de certaines espèces ?
Cœur de la synthèse
L’analyse des articles référencés montre que le changement climatique impacte l’évolution de l’expansion géographique de certaines espèces. Parmi les facteurs climatiques étudiés, les effets d’une élévation de la température sont largement analysés, ils sont régulièrement corrélés à la dynamique des populations, à la définition de l’aire de répartition des espèces et/ou aux expansions observées (4, 5, 8,10). Les précipitations, l’humidité (5) et les flux atmosphériques (11) sont également cités comme des modérateurs de la répartition des espèces. Néanmoins même si le climat impacte cette répartition, d’autres facteurs semblent jouer un rôle plus important à des échelles plus locales concernant l’évolution de l’expansion géographique de certaines espèces.
Parmi les facteurs environnementaux étudiés par les auteurs, on citera :
Le changement climatique est-il la composante majeure ?
On constate que si des facteurs climatiques tels que les températures, les précipitations et l’ensoleillement sont d’importance, ils ne suffisent pas à expliquer la totalité du phénomène. Le changement climatique n’est donc pas systématiquement un facteur majeur. Cependant, parmi les autres facteurs cités ci-dessus, l’occurrence de certains d’entre eux comme facteurs d’évolution de l’expansion des espèces peut être liée au changement climatique. Il y a un « effet domino » : modification du climat, modification des variables biotiques ou abiotiques puis impact sur une espèce (extension ou effondrement des populations) et fatalement, modification de son aire de répartition. L’analyse est donc complexe. Ainsi l’exemple du Bombyx montre qu’un changement de l’aire de répartition de la chenille processionnaire (dû au réchauffement global), engendre de nouvelles conditions écologiques ayant à leur tour des répercussions majeures sur la survie et la dynamique du Bombyx. En ce sens, le changement climatique prend indirectement un rôle majeur à nouveau. Il est aussi important de noter que l’ensemble de nos données a permis de démontrer que l’activité anthropique joue un rôle non négligeable dans la répartition des espèces. Le climat imposant les limites physiologiques donc géographiques des espèces, a l’inverse les déplacements importants introduits par l’espèce humaine brisent les frontières géographiques séparant les environnements.
Conclusion et ouverture
Pour conclure, il semblerait qu’à l’heure actuelle, définir l’impact du changement climatique soit un réel défi, même au sein des rédacteurs de cette controverse. Est-ce un facteur majeur, mais nuancé par d’autres (comme l’anthropisation ou des phénomènes éthologiques), régissant aussi la répartition géographique de certaines espèces ? Ou simplement un facteur supplémentant l’activité anthropique ?
Beaucoup d’études montrent que les changements climatiques ont un impact global sur la dynamique spatiale de certaines espèces. Cependant, à échelle plus locale on se rend compte que les phénomènes sont plus complexes, le climat n’est plus le seul facteur explicatif. Des facteurs biotiques et abiotiques notamment en rapport avec l’activité humaine (transports et exploitations des terres), jouent un rôle plus important et structurent la répartition de certaines espèces. Comme ces éléments agissent à une échelle plus locale, ils sont très variables en fonction des environnements et écosystèmes, mais aussi en fonction des activités humaines s’articulant autour. Des modélisations statistiques basées sur différents paramètres tentent de prendre en compte ces différentes variables environnementales (biotiques et abiotiques). Mais la superposition et l’intégration de tous les paramètres écologiques sont délicates. La précision de prédiction de dispersion est donc imparfaite. Des biais expérimentaux ou d’échantillonnage sont également à prendre en compte dans les résultats des expériences. Une étude au cas par cas, espèce par espèce, est donc requise pour comprendre les interactions écologiques en jeu, directes et indirectes.
Par ailleurs, la question de l’importance de l’impact anthropique vis à vis de celle d’un changement climatique sur l’expansion géographique des espèces actuelles et futures, restent en suspens.
Le changement climatique est-il la composante la plus importante dans l’évolution de l’expansion géographique de certaines espèces ?
Introduction
L’étude des changements globaux devient un domaine important de la recherche du XXIe siècle, notamment pour comprendre les changements qui s’opèrent sur la biosphère à l’échelle mondiale, changements pouvant avoir un impact important en santé humaine, ou dans le domaine de l’économie. Les causes de ces changements sont nombreuses et variées en fonction des milieux, cependant ce sont souvent les changements climatiques qui sont décrits comme la cause majeure des changements globaux. Malgré tout, des études plus spécifiques tendent à démontrer le contraire.
Cadre
L’analyse de cette controverse s’effectuera à travers 3 exemples de changements de répartition d’espèce qui peuvent être expliqués par les changements climatiques, mais aussi par d’autres paramètres :
Tout d’abord la colonisation de nouveaux milieux par l’espèce Ambrosia artemisiifolia, qui d’après certains travaux semblent expliquée par des changements climatiques spécifiques, mais aussi par des caractéristiques intrinsèques à l’espèce couplées à des changements induits par l’anthropisation des milieux.
Puis par l’exemple de l’invasion de nouveaux habitats par plusieurs espèces de chenilles processionnaires, expliqué d’une part par les changements climatiques, et par un changement de milieu induit par l’exploitation forestière d’autre part.
Enfin, l’expansion de l’aire d’habitat de l’espèce Aedes albopictus, régulièrement expliquée par les changements climatiques, mais aussi explicables par l’amélioration des modes de transports longue distance de marchandise telle que les pneus.
Question
Publiée il y a plus de 9 ans par A. Valente.Les changements climatiques sont-ils les principaux responsables de l’évolution de l’aire de répartition de ces espèces ?
Dernière modification il y a plus de 9 ans.