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Introduction
L’urbanisation est un phénomène qui survient dans le monde entier. Elle est causée principalement par une croissance démographique continue. En effet, depuis les années 50, la population mondiale a fortement augmenté. Cette population doit être nourrie et avoir un toit. Pour pallier à ce problème l’Homme a donc entrepris d’empiéter sur les espaces naturels pour y faire de l’agriculture ou pour y construire des villes. Cette modification de l’espace n’est pas sans conséquence sur les écosystèmes et sur les êtres vivants en général. La biodiversité sera donc étudiée, c’est-à-dire tout ce qui englobe toutes les espèces vivantes sur la Terre, leur relation entre elles ainsi que les différents gènes, écosystèmes et espèces. Il s'agit là de savoir et comprendre le comportement des espèces vivantes vis à vis de l'urbanisation. Vont-elles avoir tendance à disparaitre ? ou à s'adapter et résister ? L’urbanisation est-elle un générateur ou un destructeur de la biodiversité ?

Cœur de la synthèse
Les références sélectionnées sont majoritairement d’avis que l’urbanisation aurait un impact plutôt négatif sur les écosystèmes et la biodiversité. En effet, l’abondance et de la richesse spécifique a été souvent mis en avant comme étant globalement plus faible dans les zones urbanisées. Korasaki et al met en avant le fait que les zones les moins urbanisées présentant une plus forte richesse spécifique, alors que les zones les plus urbanisées, une meilleure dominance des espèces. Comme nous l’explique Towroe et al , dans les milieux urbains la richesse spécifique des moustiques est réduite au profit d'une plus grande densité de larve. Les milieux ruraux ont plus d'habitat naturel qui supportent une plus grande richesse spécifique.
Certaines espèces sont dans l'incapacité de coloniser ou de survivre dans les milieux urbains. Ainsi les espèces présentes dans les milieux urbains ont une plus grande dominance, souvent dues à la flexibilité de leur physiologie. De plus, la température peut affecter les activités de vol, la digestion et le développement des larves ou des œufs. La forte température des zones urbaines accélèrera le développement des larves, donc le taux de reproduction, et cela va augmenter l'interaction entre hôte.

L'urbanisation pourrait avoir un fort impact sur le fonctionnement des écosystèmes et des services, car elle affecte négativement les groupes qui jouent un rôle central dans une variété de processus écologiques, comme le cycle des nutriments, la pollinisation, la prédation. Cependant l’urbanisation aura un impact différent selon le groupe étudié. En effet, Piano Piano et al met en avant le fait de faire très attention aux résultats obtenues lors des études d'abondance ou de richesse spécifique. Il faut prendre en compte également plusieurs autres facteurs pour pouvoir en tirer des conclusions pertinentes quant à l'impact de l'urbanisation sur la biodiversité. Son étude suggère que les réponses à l'urbanisation dépendent fortement du groupe examiné, l'échelle de l'urbanisation et l'échelle à laquelle la diversité est évalué.

L'urbanisation restreint la survit aux seules espèces ayant une large tolérance environnementale. Les différences de condition physique pourraient être à l'origine des capacités contrastées des espèces à prospérer dans les zones urbaines (c'est-à-dire à exploiter les villes). Mais ces différences de conditions physiques ne seraient pas dû à l'urbanisation mais à l'espèce elle-même d’après Salmon.
Souvent ces espèces ne sont pas celles qui étaient présente naturellement, mais ce sont les espèces qui ont été introduite par l’homme. L’étude de Taylor prouve bien que les espèces introduites ont plus de facilité à vivre dans les milieux urbanisés que les espèces indigènes, car elles sont le mieux représentées dans la zone urbaine étudiée. Cette perte d’abondance en espèce indigène entraine un appauvrissement de la biodiversité en zones urbaines. Cela apporte donc une nuance à la controverse. En effet d’après Concepcion, les plantes profitent de l'urbanisation, mais il s'agit en majorité de plantes non-native et mobile. Cependant, pour les groupes des papillons et des oiseaux, les auteurs observent un impact négatif, avec une homogénéisation des espèces d'oiseaux urbains. De plus, les espèces mobiles sont plus sensibles à la fragmentation d'habitat que les espèces pas ou peu mobiles.
Cet auteur explique cependant que l'effet de l'urbanisation peut être considéré comme indirect, impactant plutôt le changement d'habitat, comme la perte de végétation nécessaire à certaines espèces. Olivier et al la rejoint donc sur cette idée avec l’étude de la stabilité des écosystèmes et l’impact sur la faune. Il y est démontré que les communautés à faible diversité ou situées dans les paysages anthropiques présentent une stabilité temporelle plus faible que des communautés plus diversifiées ou entourées de plus de des paysages semi-naturels. En outre, en augmentant les risques de l'extinction par la déstabilisation des populations et de l'habitat, la dégradation peut également renforcer l'effet négatif de la perte de diversité. D’après Ditchkoff et al, l'urbanisation peut engendrer des modifications de comportement et des adaptations (micro évolution) de certaines espèces pouvant avoir des conséquences sur leur survie, leur reproduction, leur état de santé, leur régime alimentaire. Ces conséquences varient selon les espèces et les localisations géographiques.
Concepción précise que les résultats sont à nuancer, ils varient en fonction du niveau d'urbanisation, par exemple les oiseaux à petite échelle, sont impactés positivement en termes de mobilité. Korasaki et al souligne quant à lui l’importance de zones intermédiaires comme des petites forêt en zone urbaine, où le nombre d’espèce peut être riche tout en étant en zone urbaine.
Cependant d’autres auteurs mettent en avant le bienfait de l’urbanisation sur la biodiversité. Il a été démontré par McKinney McKinney qu’il y a un effet positif de l’urbanisation, tant que celle-ci n’est pas excessive. En effet, il y a une augmentation de la richesse spécifique dans les zones où l’urbanisation est modérée ou faible. Il est important de noter également que cette augmentation est surtout valable pour les espèces de plantes et les invertébrés. Il a été a suggéré que de telles augmentations de la richesse en espèces à des niveaux modérés d'urbanisation sont liées à l'hypothèse de perturbation intermédiaire qui est de promouvoir la coexistence de nombreux types d'espèces, y compris les espèces indigènes en début de succession ainsi que les espèces introduites. A ce sujet, Menke et al approuve que l’urbanisation entraînerait une homogénéisation de la faune (la perte d'espèces indigènes remplacées par des espèces généralistes ou envahissantes). Il rajoute également que certaines espèces indigènes peuvent être pré-adaptée à l’urbanisation. Pour Kondratyeva et al, il faut étudier la diversité des traits fonctionnels pour voir réellement cet impact positif sur la diversité de part l’urbanisation. En effet, les espèces végétales favorisées dans les zones urbaines sont souvent les espèces photophiles tolérantes à la sécheresse et à la chaleur, ce qui leur donne le pouvoir de résister à l’urbanisation et à maintenir la biodiversité.

Conclusion et ouverture
Pour conclure, la biodiversité est impactée par l’urbanisation de manière bien différente en fonction du degré d’urbanisation. En effet, lorsque l’urbanisation est modérée, de nombreuses espèces peuvent encore prospérer dans les écosystèmes. Si cette modification de paysage est cependant trop excessive, seules les espèces qui ont un fort potentiel de résistance pourront être conservées. L’urbanisation a donc un effet diffèrent en fonction de l’espèce étudiée. Souvent les taxons qui vont survivre sont ceux qui ont été introduit par l’homme et qui remplacent donc les espèces indigènes. Cependant beaucoup d’articles appuient le fait de faire très attention aux espèces étudiées et à l’échelle d’étude (géographique est temporelles). En fonction de la durée et l’étendue de l’étude, les résultats vont changer et ne seront pas exploitable de la même manière.

Publiée il y a plus de 5 ans par R. Hoarau et collaborateurs..
Dernière modification il y a plus de 5 ans.

Cette synthèse se base sur 11 références.